"Salle d'Armes MICHEL GUILLEY"
59 avenue du petit bois 08000 Charleville-Mézières
06 62 66 68 85
ESCRIME CHARLEVILLE
CECM crée le 17/11/1927
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
SÉANCE LE SAMEDI MATIN DE 10H30 A 12H00
 
 
L’escrime artistique est une adaptation de l’escrime moderne en intégrant des éléments de l’escrime historique et des arts du spectacle. Elle a pour but de mettre en scène des combats chorégraphiés, présentés en compétition.
L’escrime artistique mise sur le partenariat. Ensemble, les partenaires construisent une phrase d'armes esthétique simulant un combat à la rapière, l'épée médiévale, le fleuret, l'épée de cour etc. L'escrime artistique fait partie des sports artistiques, comme le patinage artistique, la natation synchronisée ou bien la gymnastique artistique. En associant à la technique des armes et des déplacements (cascades) la comédie et l'expression corporelle, elle est souvent confondue avec l'escrime de spectacle. Les phrases d'armes sont alors intégrées dans un jeu de scène, souvent avec de la musique et rarement avec du texte
 

Histoire


 
De Alte Armatur und Ringkunst (Talhoffer 1459)
L'escrime artistique, généralement confondue avec l'escrime de spectacle ou l'escrime ancienne[réf. nécessaire], généralement réservée aux acteurs[réf. souhaitée], a été proposée en France dans les années 1990 à l'initiative de Claude Carliez et des membres de l'Académie d'armes de France[réf. souhaitée].
« Issue de l'escrime ancienne, l'escrime artistique est certainement l'expression la plus visuelle, la plus spectaculaire de l'art des armes. Pratiquée à une ou plusieurs armes, elle offre, pour celui ou celle qui l'exerce, une multitude de combinaisons "d'attaque et défense" et d'évolutions. L'amplitude des gestes, l'élégance des attitudes, la diversité des actions, font de l'escrime artistique une autre discipline ! Elle est à l'escrime traditionnelle ce que le patinage artistique est au patinage sportif de compétition »2.
Le but était d'utiliser le potentiel de popularité de l'escrime de spectacle pour promouvoir l'escrime et d’intéresser un nouveau public à l'escrime sportive.
Au départ confidentiellement enseignée par quelques maîtres d'armes et suivi par quelques comédiens, elle devient plus grand public à partir des années 20003.

La formation


 
Cours d'escrime artistique au Théâtre de Chaillot à Paris/1998
En France, l'enseignement de l'Escrime sportive ne peut se faire qu'une personne ayant le titre de maître d'armes3 ou un BPJEPS « escrime », assistée par des animateurs et des éducateurs fédéraux4,5,6.
L'escrime historique, faisant partie des Arts martiaux historiques européens (AMHE) est depuis 2013 gérée par sa propre fédération, la FFAMHE.
Dans les pays anglophones plusieurs associations, comme la British Academy of Stage and Screen Combat, Fight Directors Canada ou la Society of American Fight Directors proposent des formations professionnelles en escrime de spectacle (stage fight), accessibles aussi pour des amateurs. Ces formations sont internationalement reconnues par l'industrie cinématographique et de spectacle.
Akademie der Fechtkunst Deutschlands (ADFD) propose depuis quelques années une formation avec le titre de maître d'armes d'escrime de spectacle. Elle n'a pas encore obtenu une reconnaissance officielle de la part du ministère des sports et de la fédération allemande d'escrime (Deutscher Fechterbund-DFB) ni certaines d'autres académies d'armes telle que l'Académie d'armes de France (AAF), comme d'ailleurs la formation de maître d'armes à cinq armes proposée par la même organisation depuis plus de 20 ans.

L'escrimeur ou bretteur

Il n'existe pas de terme officiel pour désigner le pratiquant de l'escrime artistique.
Celui qui revient est bretteur, celui qui aime à se battre à l'épée, à ferrailler ; celui qui cherche volontiers querelle7
Un autre terme est celui de joueur d'épée. Ce mot apparaît en 1528 dans le titre d'une traduction d'un traité, La noble science des joueurs d'espee, rédigé par l'auteur viennois Andreas Pauernfeindt.
Dans les pays anglophones on parle généralement d'un actor-combatant.

 

Le combat

Les techniques

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Préparation d'un combat d'escrime artistique (Stage d'escrime à l'US Ivry 2008)
Apparentée techniquement à l'escrime moderne, l'escrime artistique est une simulation de combat. On y retrouve les attaques simples et composées, les parades-ripostes, les parades en opposition, les déplacements linéaires etc., mais aussi des déplacements circulaires, des techniques ambidextres et à main nue.
Certaines actions spectaculaires sont inspirées des traités historiques comme la volte, la flanconade ou des désarmements. Contrairement à l'escrime sportive, la touche est évitée. La phrase d'arme doit faire illusion et doit être crédible pour un spectateur. Et puisque les acteurs ne portent ni masque ni veste d'escrime, des techniques de sécurité doivent être appliquées. C'est pourquoi les phrases d'armes sont retravaillées à la fois pour des motifs de sécurité et de lisibilité par le public. Elles sont fixées dans des chorégraphies et mises en scène. En représentation, comme pour la danse, il n'y a que peu de place pour l'improvisation.

La sécurité

Tournage de "Liberté, libertés" sous la direction de Claude Carliez à Bordeaux en 1988
 
Tournage "Liberté, libertés" à Bordeaux 1988
Il n'existe pas de textes faisant autorité traitant de la sécurité dans l'escrime artistique. C'est une obligation de résultat et non de moyens. Cependant les règlements des compétitions intègrent généralement les obligations suivantes :
  • Port de gants en bon état,
  • distance à respecter entre la scène et le premier rang du public,
  • obligation d'utiliser des armes non coupantes avec les bouts arrondis,
  • interdiction des combats libres (improvisés).

Un spectacle


 
Démonstration d'escrime artistique à Lille, 2014
L'escrime artistique est destinée au spectacle dans les clubs d'escrime et ressemble parfois à l'escrime de spectacle utilisée au théâtre, au cinéma et dans les spectacles vivants.
Les techniques pour monter une séquence pour la scène ou la caméra sont un peu différentes : la caméra permet de multiplier les angles de vue, elle permet les reprises, les scènes de combat sont parfois morcelées et filmées individuellement. Le comédien doit rester concentré pendant des heures pour reproduire avec le même jeu et la même intensité chaque phase du combat. La proximité, de la caméra et de techniciens, nécessite une grande maitrise du jeu et des gestes effectués par les acteurs.
Sur scènes, les reprises et les erreurs sont moins permises. Même si la chorégraphie fait également partie du jeu d'acteur et de la mise en scène, elle n'a pas les contraintes de personnes extérieures à la dramaturgie.
La préparation d'une chorégraphie est longue; une vingtaine d'heures de répétitions peut être nécessaire pour une minute de combat.

 
Rapières et dagues de l'association La Dague Pourpre en Vendée

Les armes

Il est difficile d'énumérer les armes de l'escrime artistique. Généralement, l'arme est choisie en fonction du contexte de la phrase d'armes. Par exemple, si le combat trouve son cadre au xviie siècle, la rapière aura de fortes chances d'être utilisée.
Le choix des armes peut varier : des armes classiques comme l'épée de cour, la rapière, la dague, la canne, le bâton, en passant par des armes issues des univers de fiction (sabre laser), jusqu'aux armes insolites et trouvées comme un tube de canalisation, une tige de fer, un parapluie, un saucisson sec ou une poêle à frire. Il est aussi possible d'intégrer du combat à main nue.
Généralement, malgré leur ressemblance aux originaux historiques, les armes sont des reproductions adaptées à l'utilisation en spectacle. Elles sont souvent allégées et « neutralisées », le fil de la lame n'est plus tranchant et la pointe est arrondie, ce qui ne les rend pas inoffensives. Il faut bien le répéter : la meilleure façon d’éviter des accidents est une bonne maîtrise de l'arme et un travail approfondi des techniques et des notions de sécurité.

L'univers de l'escrime artistique

L'univers de l'escrime artistique se confond naturellement avec celui de l'escrime de spectacle. On tend aujourd'hui à vouloir les différencier par le biais d'un aspect plus technique et sportif en ce qui concerne l'artistique.

Maîtres d'armes célèbres

  • Georges Dubois (1865 - 1934), instructeur de boxe française, maître d'armes et chorégraphe à l'Opéra comique de Paris, chercheur en AMHE, auteur entre autres de L'Escrime au théâtre et ami de Letainturier-Fradin et Egerton Castle. Il était avec Albert Lacaze à l'origine de l'escrime ancienne, une tentative de créer avec la dague - rapière une quatrième arme de compétition. Il a créé la rapière légère, dite de théâtre11.
  • Ralph Faulkner12,13 (1891 -1987) escrimeur et maître d'armes au cinéma américain, qui régla quelques classiques du cinéma de cape et d'épée comme The Three Musketeers (1935), Captain Blood (1935), The Prisoner of Zenda (1937)
  • Patrick Crean (en)(27 juin 1911 – 22 décembre 2003) était un acteur britannique et directeur de combat pour le théâtre. Il était un des personnages les plus influençant dans l'art de combat scénique moderne.
  • André Gardère (1913 - 1977), maître d'armes et escrimeur olympique, ayant mis en scène les combats de films des années 1950 et 1960, notamment Le Bossu, Cyrano de Bergerac, Les Trois Mousquetaires.
  • Pierre Lacaze (1914 - 2006), maître d'armes à l'École Normale Militaire de Gymnastique et d'Escrime de Joinville le Pont et à l'Opéra de Paris, président de Académie d'armes de France jusqu'à 1992, il écrivit l'Histoire de l'escrime , livre qui a longtemps fait référence quant à l'histoire de la discipline.
  • Bob Anderson (1922 - 2012), maître d'armes notamment dans Highlander, Princess Bride, Le Masque de Zorro, Pirates des Caraïbes et la trilogie du Seigneur des anneaux, mais son chef-d’œuvre reste Star Wars et la création des combats au sabre laser.

 
"Bob" au Théâtre de Chaillot (Paris 1995)
  • Robert Heddle-Roboth16 (1927 - 2013), maître d'armes français et chorégraphe de combat, formé par Pierre Lacaze à l’école de maîtres d’armes de Joinville-le-Pont. Il commença sa carrière dans le sport en 1951 à Oran, où il resta 11 années à développer « l’Oranaise ». Il forma quelques figures de l’escrime française (Norbert Pinelli et François Costa). Après un bref passage en Allemagne pour entraîner l'équipe nationale de sabre, d'où il garda son goût pour les grosses voitures allemandes, il rentra en France. Il fut enseignant universitaire, puis intervenant dans les plus grandes écoles de théâtre : La rue Blanche, l’école internationale du Mimodrame de Marcel Marceau, Chaillot, le « Carré » de Sylvia Monfort, le Centre de formation internationale de Venise, l’Académie Internationale des Arts du Spectacle de Montreuil. Pendant des décennies il collabora avec des personnalités du monde du spectacle dont Jean Vilar, Gérard Philipe, Francis Veber, Jérôme Savary, Silvia Monfort ou le mime Marcel Marceau. En tant que directeur des sports de la Cité universitaire de Paris, il créa dans les années 1960 la seule et unique école d'escrime de spectacle de France, qu'il dirigea jusqu'en 1991. Entre 1992 et 2002 il enseigna à la nouvelle école au Théâtre de Chaillot. Ainsi en 50 ans d'enseignement il forma plusieurs générations de comédiens et de maîtres d'armes à l'escrime de spectacle.

     
    Claude Carliez, stage à Paris en 1993
  • Claude Carliez (1925 - 2015), formé à Antibes puis à l'INS où il cotoya Pierre Lacaze . Il commença sa carrière au cinéma avec maître André Gardère, dont il fût l'assistant pendant 5 ans. On le voit notamment dans "le Bossu" comme adversaire-partenaire de Jean Marais. De son actif il était coordinateur de cascades, maître d'armes. Président de l' Académie d'armes de France jusqu'en 2012, Il fût à l'origine du développement de l'escrime artistique française. Il a mis en scène beaucoup de combats de films dans les années 1970 et 1980, notamment avec Jean Marais, dont il fut aussi le réalisateur (Le Paria, 1969). En tant que directeur de cascades il participa à une multitude de films, dont une douzaine avec Jean-Paul Belmondo, et une dizaine avec Alain Delon.

Comédien-escrimeurs célèbres

Les compétitions


 
Stage Warriors 2004 (T. Schmuziger et M. Hewer)
Lors d'une compétition, les participants montrent, sur une scène, des démonstrations d'escrime artistique. Ces démonstrations sont notées et départagées par un jury, comprenant généralement des maîtres d'armes. Une période de filage est généralement ménagée, un peu avant les passages notés, pour permettre aux participants de se faire à la scène.
Il n'y a pas de règlement commun aux épreuves d'escrime artistique ; bien que similaires, chaque championnat défini ses propres règles avec ses propres variantes. On peut néanmoins résumer ici les points habituellement rencontrés :
  • Catégories : la plupart des championnats regroupent les démonstrations dans des catégories :
    • Solos : des chorégraphies exécutées par un seul participant
    • Mouvements d'ensemble : des chorégraphies exécutées par plusieurs participants
    • Duos : des combats entre deux personnes,
    • Troupes : des combats impliquant plus de deux personnes,
    • Combat : des démonstrations orientées sur l'aspect combat et technique d'escrime,
    • Saynète : des démonstrations orientées sur l'aspect dramatique de l'escrime artistique,
    • Clip vidéo : des démonstrations sous formes de clip vidéo,
    • Catégories d'âges : liées à l'âge des participants,
  • Époques et armes : certains championnats définissent des époques pour regrouper les démonstrations (époques antiques, médiévales, grand siècle, atemporelle), suivant les catégories, certaines armes peuvent être interdites,
  • Critères techniques versus critères artistiques : la note attribuée par le jury est divisée en un ensemble de notes sur des critères techniques (passes d'armes, postures, techniques d'escrime utilisées…) et un ensemble de notes sur des critères artistique (prestance, voix, scénario, costumes…),
  • Pondération des notes : lors du calcul de la note finale d'une démonstration, des pondérations sont utilisées entre les critères,
  • Pénalités de temps : certains championnats définissent des durées maximales pour les démonstrations et des pénalités à appliquer en cas de dépassement