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Julien Coutant, premier arbitre national élite de la Nièvre, vit les courses cyclistes de l'intérieur

 

 

Le Journal du Centre  Publié le 03/02/2021 à 20h01

Julien Coutant, premier arbitre national élite de la Nièvre, vit les courses cyclistes de l'intérieur



 

 

 











À seulement 26 ans, Julien Coutant vient d’accéder au rang d’arbitre national élite. La dernière étape avant le niveau international et une première pour la Nièvre.

C’est la première fois que la Nièvre compte dans ses rangs un arbitre national élite, le plus haut diplôme national. Julien Coutant, a réussi le concours en octobre dernier et attend la fin de la pandémie pour retrouver une moto ou une voiture sur une course cycliste. En attendant, il se consacre à son métier d’ingénieur méthode au technicentre de Varennes-Vauzelles, après avoir fait une courte infidélité à son département, le temps de finir ses études à Poitiers.

La Nièvre possède dorénavant un référent de premier ordre qui va contribuer à la formation de nouveaux arbitres.

À 26 ans, le Vauzellien est désormais licencié à la JGSN après avoir été formé au CCVV. « Mais j’appartiens aux deux clubs », sourit-il. « La Nièvre possède dorénavant un référent de premier ordre qui va contribuer à la formation de nouveaux arbitres et qui se fera un plaisir d’éclairer tous les arbitres qui le solliciteront », souligne Jean-Paul Girard, président du comité départemental.

Arbitre régional dès 2013

« J’ai fait du vélo de 2004 à 2007, mais j’ai surtout eu la chance de découvrir le Tour Nivernais Morvan dans une voiture neutre, en 2008 et 2009. On m’a tout expliqué d’une course et de l’arbitrage et l’envie est venue de là. À 18 ans je suis donc devenu arbitre régional et, dès 2013, j’ai pu faire le TNM. Ça avait été très compliqué car c’était l’édition qui a été endeuillée par le décès d’un motard. J’ai aussi pu vérifier qu’une course lite, le plus haut niveau amateur, est déjà une organisation semi-professionnelle avec les responsabilités qui vont avec.

Le fait d’être aussi jeune ne m’a pas posé de problème. Les directeurs sportifs testent toujours les nouveaux. Pendant cette période, je n’ai été que sur les motos, pour épauler les arbitres qui sont dans les voitures. Ça demande beaucoup d’anticipation pour être là au bon moment, pour que les fautes ne se fassent pas. Le fait d’avoir couru chez les jeunes ne m’aide pas spécialement car ce n’est pas du tout la même chose. »

Les fautes

« Ce qu’on regarde le plus, c’est si les coureurs ne reviennent pas dans le peloton derrière une voiture ou, encore pire, en étant accroché à la voiture. Ce qu’on voit plus souvent, c’est ce qu’on appelle le bidon collé lors des ravitaillements. Ce qu’il faut, c’est arriver à être juste. La règle, c’est qu’on prévient toujours une fois avant de sanctionner.

Sur les courses, on se connaît souvent tous bien et c’est forcément plus simple pour communiquer. Globalement, il y a du respect, encore plus de la part des coureurs que des directeurs sportifs. Mais c’est comme dans la société, il y a de tout (sourire). »

Arbitre national depuis 2016

« Je suis devenu arbitre national en 2016, ce qui me permettait d’occuper tous les postes d’arbitrage sur les courses élite, sauf être président du jury sur des épreuves de plusieurs jours. J’ai pu être président du jury sur de belles courses en Bourgogne car nous avons l’avantage d’avoir un beau calendrier dans la région.

L’arbitrage est un travail d’équipe mais c’est quand même le président du jury qui va gérer la course avec l’organisateur. Il fait le lien avec les autres arbitres. Chaque président du jury a sa vision de la course. Comme dans tous les sports, certains sanctionnent plus vite que d’autres.

Pour ma part, je dirai surtout qu’il n’y a aucune course identique et qu’on doit s’y adapter. L’étude du parcours est très importante. On va notamment étudier les passages à niveau, les endroits dangereux. »

Arbitre national élite depuis 2020

« Avec ce grade, je peux maintenant être président du jury d’une course élite de plusieurs jours, comme le TNM. Je peux aussi officier sur une moto ou être juge à l’arrivée sur une course professionnelle en France, y compris le Tour de France, même s’il faudra que je fasse mes preuves avant. J’ai eu neuf jours de formation pour avoir ce diplôme, pour la route et pour la piste, avec à chaque fois l’option paracyclisme. C’est un diplôme national mais la formation est uniformisée dans le monde entier car c’est la porte d’entrée pour le dernier niveau, le diplôme de l’Union cycliste internationale.

Cette année, je devrais participer à des manches de la Coupe de France, aux Championnats de France de l’avenir ainsi qu’aux championnats de France masters sur piste. En parallèle, je suis également chronométreur régional. Sur chaque course, on doit faire des prises de temps à la main car on part du principe que l’informatique peut ne pas marcher. »

Vivre la course

« Les premières fois, ce n’est pas facile d’apprécier car il faut arriver à gérer la pression. Après, on prend du plaisir, sauf quand on est sur la moto, qu’il fait cinq degrés et qu’il pleut (rire). Être arbitre me permet de vivre la course de l’intérieur alors que je n’aurai jamais eu le niveau en tant que coureur. Être au Tour Nivernais Morvan, au milieu de la course, juste derrière les échappés, ce sont de bons moments. C’est ça le plus important : arriver à prendre du plaisir. »

Le diplôme UCI

« Avant d’y penser, je veux dans un premier temps découvrir le monde professionnel et y faire mes classes. C’est important de ne pas sauter d’étape. Je vais découvrir de nouvelles courses mais je vais aussi m’impliquer au niveau de la ligue de Bourgogne-Franche-Comté où je viens d’être élu au conseil d’administration. »

Vincent Darbeau

 

 

 

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