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Carnaval d'Albi a une histoire
Du Moyen Age jusqu'au troisième millénaire, quelle belle continuité, malgré les hiatus et le silence relatif des archives ; mais les maillons chronologiques sont assez tenus, pour rappeler une histoire ancrée dans la cité. Carnaval est partie intégrante du patrimoine et la manifestation la plus populaire et la plus vivante de l'hiver Albigeois.


Un carnaval urbain très ancien

Canaliser le débordement médiéval :
La première mention connue est l'interdiction des masques du mardi gras, en 1484, par l'évêque Louis 1er d'Amboise, le même qui commandite le Jugement Dernier de la cathédrale Sainte Cécile. Si l'on s'en tient à cette date, qui suppose une antériorité de la manifestation, Albi est l'un des plus anciens carnavals de France. Se déguiser en Mores, Ethiopiens, Catholiques, est sévèrement puni par le seigneur-évêque, représentant la monarchie centralisatrice et le gallicanisme.

S'exprime une volonté de normalisation et de moralisation. C'est que carnaval a sa place obligée dans le calendrier religieux festif, avant le carême. C'est la fête, monde à l'envers, inversion du réel ou organisation de représentations mythiques de la réalité dont le masque et la danse sont les deux éléments essentiels.

Lorsque Carnaval dérange, les archives en parlent sinon... les gens heureux n'ont pas d'histoire.

En costume de bagnards sous Louis XIII :
En 1652, l'évêque Daillon du Lude est entré en conflit avec les consuls. Depuis la croisade des Albigeois, pouvoir épiscopal (bras local du pouvoir royal) et pouvoir municipal s'opposent. La sentence judiciaire qu'a obtenue l'évêque contre les notables est sévère. Pour s'en moquer, les habitants se déguisent en galériens, pour le carnaval. Se gausser du jugement, c'est s'opposer à l'évêque, mais c'est aussi s'en prendre, comme c'est rituel en carnaval, au pouvoir.

Carnaval peut être subversif, même dans le cadre de la fête institutionnalisée. Il arrive que la contestation s'exprime encore de nos jours dans les défilés et l'association a donné le ton à la fin des années 80, en choisissant comme thème "la satire politique".

Le char à l'effigie du maire, sauf période électorale, est aussi devenu une tradition.