La danse thérapie

 

																											
Qu'est-ce que l'art thérapie ?

L’art thérapie se définit comme un processus thérapeutique utilisant les disciplines artistiques comme médiation à la thérapie. Le terme d’art thérapie est souvent remplacé par celui de « atelier artistique à visée thérapeutique » car le nombre de séances ne permet souvent pas de réaliser une thérapie entière. Néanmoins, on peut parler de processus thérapeutique puisque la démarche est construite par un thérapeute et vise à des changements dans le fonctionnement psychique du patient. On dit que l’art thérapie est l’art du détour car tout est travaillé de façon indirecte par le jeu et dans le plaisir de la création.

Le champ de l’art thérapie regroupe quatre grands domaines qui par ordre de naissance sont :

-   l’art thérapie (peinture, sculpture, photographie, vidéo…)
-   la musicothérapie : dite active (création d’une musique par l’utilisation      
    d’instruments) ou réceptive (écoute de la musique)
-   la danse thérapie (expression primitive, biodanza, danses de salon, danses    
    traditionnelles)
-  la drama thérapie (théâtre dit classique, mais clown, comedia dell’ arte, arts du     cirques, marionnettes, mime…)

Un atelier d’art thérapie (quelle que soit la médiation utilisée) se différencie fondamentalement d’un atelier artistique par :

-  le cadre thérapeutique
- l’analyse et/ou la prise en compte des relations transférentielles (avec le       
   thérapeute, entre les membres du groupe, avec l’objet de la création)
- les objectifs thérapeutiques et l’analyse du processus en cours pour chaque   
   personne

Qu'est ce que la danse thérapie ?

La danse-thérapie fait tronc commun avec l’art-thérapie qui se développe aux XIXe et XXe siècles. À cette période, en France comme dans le reste de l’Europe, l’intérêt grandit pour la production artistique des patients hospitalisés.
Réalisation de pièces de théâtre (Hospice de Charenton) ou expositions de peintures (collection répertoriée par Hanz Prinzhorn).

À partir du XXe siècle, l’histoire de la danse-thérapie rejoint celle de la danse moderne, libérée et expressive, qui prône un nouveau rapport au corps et dont Isadora Duncan fut le plus fort symbole. Ce courant, lié à l’humanisme, est repris aux Etats-Unis (Marian Chace, Mary Whitehouse) et en Europe (Trudi Shoop) par quelques danseuses qui utilisent la danse comme outil thérapeutique auprès d’handicapés et de malades mentaux. En Allemagne, les recherches du danseur et chorégraphe Rudolph Laban sur la cinétique humaine et l’ergonomie des gestes mettront en évidence ceci : l’expression de la personnalité et les composantes dynamiques du mouvement s’expriment l’un à travers l’autre et réciproquement.

En France, différentes actions vont préparer le terrain de l’émergence de la danse-thérapie.

Dans la pratique, Rose Gäetner* est la première, en 1950, à faire entrer la danse dans les institutions de soins. Elle crée, en collaboration, l’hôpital de Jour Santos Dumont à Paris en 1963 dans laquelle les séances d’expression artistique, dont la danse qu’elle enseigne, sont le pivot de l’action thérapeutique.
Depuis, de nombreux hôpitaux ou autres lieux de soins ont ouvert leur porte à la danse-thérapie.

Dans les années 1975-1980, des thèses de médecine ont trait à l’action de la danse-thérapie.
C’est à cette époque que paraissent les premières publications sur le sujet.

Parallèlement, une tentative de cursus diplômant est mise en place dans les locaux de la Sorbonne sous l’impulsion de Jean-Claude Serre.

Enfin en 1984, se crée la Société Française de Psycho-Thérapie par la Danse qui deviendra en 2001 Société Française de Danse-Thérapie. (Qui sommes-nous ?)

Les courants actuels  :

Tout style de danse peut être utilisé en danse-thérapie (citons aussi la danse indienne, les danses folkloriques, la danse-contact-improvisation) quand il permet d'axer le travail sur la production-expression de mouvements dansés libres, improvisés et/ou sur leur mise en forme.

Le but thérapeutique commun aux danse-thérapeutes est de déclencher, par le processus de changement et de créativité, des remaniements intérieurs (connexions entre sensations, affects et représentations, accès à la symbolisation, travail sur une Image de Corps fragile ou fragmentée, revalorisation narcissique, restructuration psycho-motrice), et l’émergence de sens à relier à l'histoire personnelle de chacun.

C’est ainsi que le/la danse-thérapeute, corporellement interpellé(e), fournit des réponses directement thérapeutique au patient : gérer des « rencontres » dansées, être « corps-modèle-effecteur » tel un miroir réfléchissant en engageant un dialogue infra-verbal via des phénomènes en “ écho ”, des ajustements en “ va-et-vient ”.

C’est-à-dire être empathique et faciliter les mouvements de transfert/contre-transfert qui enrichissent la séance de matériel émotionnel et idéique. Ces processus transitent silencieusement par ces “ corps-à-corps ”, sans exclure le fonctionnement habituel des thérapies verbales que l’on retrouve quand la séance de danse-thérapie se conclue conclut (très souvent) par un temps de parole.

C’est pourquoi, le/la thérapeute doit avoir une formation solide en psychologie afin de confronter les réactions des patients non pas à ses propres mécanismes de défense mais à une théorie reconnue (freudienne, jungienne, lacanienne…).

Ceci introduit la danse-thérapie parmi les autres thérapies (verbales et médiatisées) avec lesquelles elle peut facilement s’articuler.

Outre le courant à visée thérapeutique, l’autre courant est orienté vers le développement personnel (connaissance de soi, mieux être).

Des évaluations (à but clinique, de recherche) sont possibles grâce à différentes grilles de lecture du mouvement.

Ce qui paraît essentiel à tous thérapeutes est de rester dans la ligne de conduite d’une pratique où le souci du respect et le soin de la personne sont omniprésents.

La difficulté en danse thérapie vient du fait que l’objet de la création (comme en drama thérapie et en musicothérapie active) est invisible et éphémère. De plus le thérapeute doit aussi analyser les multiples transferts : de chaque participant avec lui, des participants entre eux et des participants avec l’objet de la création, du groupe avec le thérapeute sans oublier l’analyse par le thérapeute de son propre contre transfert envers le groupe, chaque participant et l’objet de la création.

Les fondements théoriques :

L’art thérapie est la conjonction de plusieurs domaines de compétences. C’est ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse.

On peut citer trois grands domaines :

1) la psychopathologie et de la médecine
- psychologie
- psychiatrie
- neuro physiologie
- physiologie des émotions
- psychomotricité
- ethnopsychiatrie

2) les sciences humaines
- psycho pédagogie
- sociologie
- histoire
- ethnologie
- anthropologie
- psychanalyse
- psychanalyse du groupe

3) les arts
- histoire de l’art
- théorie artistique (analyse de la pratique, réflexion théorique sur le mouvement artistique…)
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