Dyspraxies du développement et Immaturité psychomotrice

" DYSPRAXIE, QUAND LE CERVEAU S'EMMELLE"
Conférence Cyclope du 12/06/2012 par Par Caroline Huron, chercheuse en sciences cognitives au CEA-I2BM (Institut d'imagerie biomédicale)

Nouer ses lacets, frapper des mains en rythme, écrire son nom... Pour certains enfants, ces petits gestes du quotidien peuvent demander un intense effort de concentration. Aucune paralysie, aucun trouble musculaire, aucun retard mental ne vient expliquer ces difficultés de coordination du mouvement.
Et le verdict tombe, sans appel : « Fais un effort ! », « Applique-toi ! » Cette maladresse porte un nom : la dyspraxie. Rarement diagnostiquée, elle toucherait 3 à 6 % des enfants. Quels symptômes peuvent alerter ? Connaît-on l'origine de ce trouble cognitif ? Comment aider l'enfant atteint de dyspraxie ?
         
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http://http://www.youtube.com/watch?v=9kiiKTBzUwA&feature=plcp

C'est pas sorcier sur les troubles DYS

Les troubles DYS
         
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http://c-est-pas-sorcier.france3.fr/?page=emission&id_article=1891

IMMATURITE PSYCHOMOTRICE ET DYSPRAXIES ou Trouble de l'Acquisition de la Coordination

C'est deux expressions sont souvent confondues alors qu'elles ne recouvrent pas le même champ de difficulté et d'intervention.

L'immaturité psychomotrice : 

Elle n'entre pas dans le cadre d'un retard psychomoteur (qui lui se perrénise dans le temps, progresse beaucoup plus lentement et qui s'accompagne souvent d'un syndrome, pathologie dégénérative,...). 

L'immaturité psychomotrice, est le plus souvent le fait d'une variabilité dans le rythme de développement d'un enfant. Cette variabilité est souvent d'origine physiologique (les enfants se développent tous à un rythme qui leur est propre) mais elle peut être aussi le fait d'une perturbation psycho-affective, psychosociale. On la retrouve également de temps en temps chez les anciens prématurés.

L'immaturité psychomotrice n'est pas grave en soi, mais elle peut devenir très handicapante lorsqu'elle commence à avoir des conséquences sur le quotidien de l'enfant (dans son rapport aux autres, son autonomie quotidienne, sa scolarité,...). C'est pourquoi, il ne faut pas négliger son dépistage et sa prise en charge. Le psychomotricien spécialiste du développement psychomoteur est habilité à réaliser les investigations nécessaires pour confirmer ou écarter cette orientation diagnostic et proposer un suivi ci nécessaire.



Quelques signes d'alerte

L'enfant dyspraxique présente de manière persistante :
- une maladresse motrice
- une lenteur d'exécution
- un manque d'organisation
- un manque de fluidité dans sa gestuelle

Ces difficultés apparaissent dans différents contextes :
- vie quotidienne
- école
- loisirs
- relation

Dans la vie quotidienne : 

- L'enfant tombe souvent, se cogne, donne des coups involontairement aux autres. 

- Il met du temps à apprendre à  attraper un ballon, faire du vélo

- Il est peu à l'aise dans les jeux où il doit assembler plusieurs pièces pour faire un montage ou une construction (jeu de cubes, Kapla, Lego,  puzzles) 

- Il est peu à l'aise dans les activités de motricité fine (enfilage perle, manipulation ciseau, règle,...)

- Le graphisme est peu investi, l'écriture est illisible, lente, le dessin évité

- Il ne sait pas s'habiller seul, a du mal à boutonner ses vêtements, fermer sa fermeture éclaire, se laver seul

A l'école :

L'enfant est lent, manque de précision, il est en difficulté pour manipuler les outils scolaires, son écriture est malhabile. 

Il est plus à l'aise à l'oral qu'à l'écrit. 

Il peut avoir des difficultés dans l'imitation d'un geste en sport, pour tenir en équilibre et sauter...

Le magasine de la santé au quotidien

La dyspraxie, la maladie des enfants maladroits
         
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http://www.youtube.com/watch?v=9bjY-KQowOg&feature=related
         
http://http://www.youtube.com/watch?v=EBnk6p2eEKk
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La dyspraxie décrite par un petit garçon de 5 ans
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TAC ou Dyspraxie, quelle différence ?



Vous entendrez parler de l'un ou de l'autre en fonction du professionnel (neuropédiatre, psychologue, psychomotricien, ergothérapeute, orthophoniste).
Les deux termes ne recouvrent pas tout à fais les memes tableaux cliniques et étiologies. On attribue à la dyspraxie des séquelles neurologiques acquises (souvent au cours de la grossesse ou à la naissance) et qui s'accompagnent de difficultés oculomotrices majeures. 
Les processus sous jaçents sont encore mal connus. Des études sont en cours pour essayer de les différentier (ou pas d'ailleurs).
Un consensus international tend à favoriser l'utilisation du trouble de l'acquisition de la coordination comme terme unique.

 

Les dyspraxies du développement ou TAC :
 
Les dyspraxies neuro-développementales, entrent dans le cadre des pathologies d'origine neurologique. Le diagnostic est obligatoirement posé, validé par un médecin spécialiste du trouble.

Pathologie assez fréquente (6% des 5/11ans), à l'origine de grandes difficultés dans les activités quotidiennes, dans les apprentissages scolaires chez des enfants par ailleurs intelligents.

Ces enfants sont souvent mal compris par l'entourage qui les décrit comme "fénéant, brouillon et sale,  intellectuellement limités ou manquant de motivation". 

Les processus responsable de ce dysfonctionnement sont encore mal connus mais de nombreuses recherches sont en cours.


Qu'est ce que c'est ? 

Ce trouble neuro-développemental, affecte la capacité de l'enfant à planifier, organiser et automatiser ses gestes moteurs dans le but de réaliser une action (ex: lancer un ballon, couper de la viande, faire ses lacets).

Le trouble peut concerner : 

- l'ensemble de la motricité (fine et globale) 
- uniquement la motricité fine 
- uniquement la motricité globale
- elle associe ou pas des troubles de l'organisation de la motricité oculaire

Ces enfants sont contraints de prêter une attention quasi constante à chacun de leurs gestes. La situation de double tâche les mets donc en grande difficulté (ex : de mettre à cloche pied et attraper une balle, écouter une leçon et prendre des notes).

Il convient donc de bien repérer la typologie du trouble, afin d'adapter la prise en charge et proposer des aménagements. Le bilan psychomoteur permettra d'affiner le tableau clinique.

On distingue : 

- dyspraxie constructive (difficulté à assembler différents éléments)

- dyspraxie idéatoire (difficulté dans la manipulation d'objets/outils)

- dyspraxie idéomotrice (difficulté à réaliser des gestes 
  symboliques)

- dyspraxie visuospatiale (difficulté de repérage spatial )

- dyspraxie gestuelle (difficulté de coordination motrice)

On peut également retrouver une comorbidités (d'autre troubles associés) comme une précocité intellectuelle, un trouble déficitaire de l'attention, un terrain anxieux. 

La dysgraphie (ou trouble de l'écriture) est quasi constante. C'est la raison pour laquelle il est fortement conseillé de consulter un professionnel paramédical face à ce type de symptôme, afin de ne pas passer à côté d'un diagnostic très important pour aménager l'environnement, organiser la réadaptation et préparer la vie future de l'enfant.



  





 

Qui consulter ?

Vous l'aurez peut être compris, le diagnostic nécessite la mise en en place d'une concertation pluridisciplinaire. Différents examens vont être proposés afin de cerner au mieux les caractéristiques spécifiques du trouble dont souffre l'enfant. 

Pour que cette concertation est lieu, il est essentiel de se rapprocher d'un médecin ou d'un équipe spécialisé dans le dépistage de ce trouble spécifique des apprentissages. Ce médecin vous préscrira les examens nécessaires (psychomoteur, orthoptique, ergothérapeutique). Le médecin vous orientera également vers un psychologue afin qu'une psychométrie et un entretien clinique soit réalisé. 

Ces examens peuvent etre réalisés en institution (CRTSA, CMPP) ou en cabinet libéral auprès des professionnels formés au dépistage et à l'accompagnement de ce type de trouble.


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