compte-rendu d'olivier lelu sur le 58 km

Fin du bloc de la 2ème série de trois semaines (qui compte 3 séries de 3 semaines de travail intensif), et pas des moindre…Le graal…Notre championnat du monde de trail de Bretagne à nous…Guerlédan.
 
J’avoue qu’après le Trail de l’ile d’Arz la veille (en mode cool avec les cops), j’avais un peu peur quand même. 2ème petite nuit d’affilée, levé à 5 heures hier pour prendre le bateau à Vannes et 4 heures ce matin direction la Mecque. Arrivée en avance pour la photo avec le BA35, je sors de la voiture, 2 degrés !!!! J’ai dû me tromper de mois, je dois être en avance d’au moins 3 mois….pourtant il y a plein de monde, ils attendent peut-être les remontées mécaniques pour le ski ! Bref, je reprends mes esprits, je vais chercher mon dossard et je croise Sam qui a choisi de faire son échauffement en faisant des allers-retours pour aller chercher le sien (il n’avait pas ses papiers d’identiti !), parfois les journées de m… commencent bien avant le départ ! Je vérifie, ouf, ma carte vitale avec photo, ça passe.
Je vais au rendez-vous pour la photo du club, j’aperçois Olivier devant, je le suis, tiens, il ne prend pas la direction du rendez-vous. Comme d’hab, il va bien trop vite, je n’arrive pas à le suivre, tant pis, je bifurque pour retrouver Merlin, Juju, Sam et Pierrick au stand Endurance Shop pour la photo. Les bonnes ambiances qu’on aime, malheureusement, le barbecue sera pour plus tard, il faut déjà allez sur la ligne.
 
Je retrouve Max, un pote de Pacé en Courant , on papote, la pression monte, Je ne peux pas être plus dans le fond du peloton, derrière moi, il ne reste de la place que pour les fauteuils roulants ou la marche nordique. Pas grave, le but est la prépa de l’Ultra marin, pas de faire un chrono.
Ca y est c’est partiiiiiii… enfin pour certains, les LUCAS, GARNIER, LAPORTE, JAFFRE, THEODIN, GAVALAND (spéciale dédicace !)  sont déjà loin quand je franchi l’arche. Doucement…la route est longue, surtout la première et peut être seule route du circuit. Plus d’1 km de montée pour mettre en jambes, on commencera à réellement courir après. L’inquiétude se lit sur les visages.
Bon la foule ça commence à me plaire, moi qui suit un solitaire, il y a un peu trop de monde pour moi, je décide de mettre les gaz dans les descentes et de la marche rapide dans les patates. Je double des files de traileurs et on peut lire dans leurs pensées « doucement, doucement, gardes-en pour les derniers kilomètres…c’est Guerlédan, c’est pas le trail de Monsieur toutl’monde ».
 
Dans ma tête, j’ai mon plan : les 20 premiers kilomètres : course, les 20 suivants : rando-trail et les 20 derniers….bah on verra ! En fait, je n’ai pas de plan, par contre j’ai les bâtons dans l’sac.
On arrive au chaos de pierre, un peu de géologie, c’est un Chaos granitique, surement datant de millions d’années. L’amas de pierre a dû débouler du haut d’une montagne bien aplatie maintenant. Aujourd’hui c’est plutôt une autoroute de traileurs, ça grouille de partout. Tiens du bleu BA35, et une fille en plus, c’est Delphine qui grogne après les montées !
 
Premier ravito au 20 km, ça m’a paru long pour l’atteindre, On détend les jambes, on enlève les moufles et le surplus vestimentaire de l’hiver, le printemps semble être arrivé (2 heures et demi pour passer 3 mois d’hiver, bonne moyenne en fait !).
La deuxième partie semble un peu plus « roulante », la monotonie s’installe, je relâche l’attention, une première gamelle en butant sur une pierre. Je me relève aussitôt, mais 3 traileurs m’ont déjà demandé si tout allait bien, c’est aussi ça l’esprit trail. Il y aura encore une chute avec le même scénario, sans compter les nombreuses fois où j’ai buté sur des pierres ou des racines sans tomber. La fatigue du travail fait en amont est bien au rendez-vous…insidieuse et sournoise.
 
On retrouve les hauteurs, des singles sympa, l’attention revient, je croise encore un homme en bleu du BA 35, Michaël, je le salut, on était nombreux en fait, je prends une photo d’un bénévole dont l’attitude et la bonhomie nous redonne du baume au cœur.
 
Le 40ème kilomètre arrive, le ravitaillement qui va avec aussi. J’avais prévu de prendre les bâtons de marche à ce moment-là, je sens les crampes aux adducteurs monter. Je me pose sur un banc et lève les papattes pour détendre tout ça, j’entends des accompagnateurs inquiets de ne pas voir arriver leurs protégés, je suppose qu’ils n’ont jamais couru à la Mecque, alors je les rassure car je les avais doublés pas longtemps avant les p’tits gars en orange d’Orgères.
Alors que je flânais tranquillement en sirotant mon lait de riz, que ne fut pas ma surprise de voir s’approcher Sam, à la fois content et déçu de le voir là, j’ai tout de suite compris qu’il n’avait pas encore trouvé la solution à ces soucis gastriques. Nous avons fait le point ensemble, moi sur mes problèmes de crampes et lui sur ses envies de poursuivre ou non.
Nous repartons ensemble, donc pas de marche nordique, les bâtons resteront dans le sac. Mon diesel semble dans un premier temps lui remettre le pied à l’étrier, je suis fier de pouvoir l’aider. Puis il prend les rênes, cool, ça semble l’avoir reboosté. Nous entendons la sono de l’ère d’arrivée, sans grand enthousiasme car nous savons qu’il nous reste un peu plus de quinze bornes et que, si l’on en croit les ragots, c’est une boucherie.
Juste le temps d’entendre « arrivée de Yann THEAUDIN, 17ème…» et nous replongeons dans les bois. Je suis obligé de laisser partir Sam un peu devant  cause d’une crampe.  Malheureusement, je fini par revenir sur lui, je lui dis de prendre le train, mais je sens qu’il n’y est plus. Je finirai donc ma quête seul au monde.
 
Dernier ravito, plus que dix bornes. Ils ont même prévu une « douche ». Enfin, si on peut dire, l’idée est amusante, Une bassine sur une table avec des bouteilles d’eau coupées en deux et une autre bassine par terre en guise de receveur. J’y vais franco, c’est rafraichissant. Je regarde autour de moi, les visages sont marqués, certains hésitent à repartir, toujours les même questions « il reste combien ? ». Je pense en moi-même, « t’as pas de montre GPS ? » on est au bout ! Un gars dit « 10 km, 5 de montée et 5 de descente », ça a le don d’achever ceux qui gambergent. Nous ça nous fait marrer, on sait qu’on l’a fait et que rien ne peut plus nous arrêter. Dix bornes à faire, la sortie dominicale de papi et mamie, je repars, 1 km plus loin, je m’aperçois, en voulant boire, que j’ai oublié de faire le plein ! Aïe, aïe, aïe, est-ce que je peux tenir sans picoler ? Les scénarios s’enchaînent dans ma tête, demander à un traileur, à un accompagnant, sonner à une porte, boire l’eau du canal, creuser un puit, recycler son pipi, what else ! En fait, les kilomètres s’enchaînent et je n’y pense plus, les réserves du corps suffiront, je trouve la dernière partie agréable, yes, des singles dans les landes, je kiff, on se croirait à Trémelin, j’ai toujours des traileurs en ligne de mire, ça motive, certains essayent de suivre, on discute, l’euphorie de la fin est là, tiens des bénévoles de l’Ultra marin et leur banderole, en plein milieu des landes…Est-ce un signe…ou un mirage ? Dernière descente, cette fois la sono est bien le signe d’une arrivée imminente, on tape dans les mains des gosses le sourire jusqu’aux oreilles. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je mettrais le clignotant et ça, c’est bon ! La bonne nouvelle est que je ne me suis jamais senti en difficulté et c’est plutôt rassurant pour la grosse échéance fin juin. Place à une semaine de récup avant le dernier bloc de 3 semaines. J’ai la banane et des souvenirs plein la tête. Milles merci aux organisateurs de cette belle fête.
 
 
 

vos commentaires :

Steph a dit il y a 8 jours
bravo Olivier pour cette grosse sortie. La prépa est bien maitrisée pour aller au bout du super graal !!!
 

compte-rendu de JP MERLIN-58 km

Petit retour sur Guerlédan où j’avais décidé de retourner après 4 ans d’absence sur le 58 km.
Au moment du départ, pas de stress, j’ai maintenant un peu plus d’expérience, tellement zen que je me retrouve à la queue du peloton, mon frère Denis si trouve également mais juste parce qu’il accompagne J. Christian et qu’il ne veut faire qu’une partie du parcours 2 h max qu’il m’a dit, il me fait comprendre que ma place n’est pas là et qu’il faut que je profites de la première bosse pour remonter le peloton afin d’éviter les premiers blocages, vous parlez d’expérience, j’ai failli me faire avoir comme un bleu dès le début.
La remontée du peloton s’effectue rapidement je salue Delphine du BA en passant, je reste sur ce rythme jusqu’au 13e km puis je décide de réduire l’allure en attendant le 1er ravito, bon nombre de traileurs vont me dépasser pendant cette période mais cela n’est pas très grave car maintenant le peloton est bien étiré, au 1er ravito 20e km, je croise Sam, Annie Nédelec, je traine un  peu car il me faut remplir mes 2 gourdes et je m’y prend comme un manche, j’engage cette partie sur le même rythme max 9 à 9,5 km, je rattrape Annie et j’apprends qu’elle et Patrice sont en prépa de la Réunion, bonne chance à eux, 30e km, arrêt éclair, juste du solide, Sam est là lui aussi, je repars devant, yohan et Steph Jannin sont la haut et nous encourage, je suis bien, d’ailleurs depuis quelques km, je commence à reprendre du monde sans accélérer le rythme.

La partie entre le 30e et 42e est très cassante, je conserve une foulée économe pas d’affolo, la course n’est pas finie, je vais faire un bout de route avec un triathlète de St- Jean de Mont qui fait le Défi, les dernières bosses avant le retour sur l’abbaye sont faites en marchant et les descentes très technique en courant, je suis bien et lucide.

Passage au niveau de l’abbaye, direction Gouarec, les jambes commencent à être dures, une petite alerte crampe, m’oblige à baisser un peu de rythme, Pierrick va me dépasser et partir vers un beau chrono, la portion de halage que je n’apprécie pas habituellement va me remettre en selle, je retrouve du rythme et la motivation. Dernier ravito, je zappe le sucré et je ne repars qu’avec de l’eau, erreur qui va me couter cher, direction les ardoisières tout va bien, bien-sûr il y a de la fatigue mais je cours encore en gérant bien les côtes, jusqu’au 52e km environ, là c’est le gros coup de pompe, plus de jus, chaque cailloux devient une montagne et les dernières marches un mur, la fin est interminable, je m‘accroche dans la dernière descente sur la route, la traversée de la rivière ou je salue Thierry Langlois, direction l’abbaye, puis l’arrivée finale, j’informe le traileur qui est 10 m devant moi, que je ne vais pas lui faire le sprint, sur la ligne il m’invite à finir avec lui, je lui fais signe de finir devant.

Et voilà Guerlédan c’est fini 7 h 48 d’effort, je me dirige vers mon frère qui est là parmi les spectateurs, je l’informe de mon éclat au 52e, il me dit hypo, pas assez mangé, pas assez de sucre. OK, expérience, j’avais dit, je n’avais pas encore connu ce genre de désagrément et bien voilà c’est fait. En tout cas, magnifique parcours, une ambiance d’enfer, des encouragements pratiquement partout, franchement une course géniale. Maintenant en route vers de nouveaux objectifs, certainement le Sancy puis Moncontour, j’y suis un peu obligé.
 

vos messages :

Steph a dit il y a moins d'une minute
Bravo Merlin pour ce retour. Un beau chrono malgré le peu de temps que tu as aujourd'hui mais l'expérience est la, bien utile!!!
 
 
 

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