compte-rendu de serge sur le 67 km

Un stress inhabituel me gagne avant le début de cette course ;
Cela fait 2 semaines que je traîne des ampoules aux orteils…. J’ai fait le nécessaire pour bien les protéger, mais ces protections tiendront-elles la distance ?
 
L’organisation a bien fait les choses : nous avons un gymase à notre disposition à Plouay pour attendre le départ ; Il fait frais, mais au moins, l’attente se passe au chaud.
 
09H50 : Il faut se rapprocher de l’arche de départ pour le briefing.
Le départ est décalé de quelques secondes pour ne pas gêner 1 ou 2 traileurs du 118 Kms qui passent devant nous.
 
A notre tour de s’élancer….
Comme prévu, je décide de partir cool : Je veux finir cette course et retarder le plus longtemps possible le ou les "gros coups de pompe".
 
Les premières sensations sont bonnes ; Cependant, mon esprit demeure occupé par les ampoules : je crains tellement que ces ampoules soient un handicap; Finalement, les protections tiendront toute la course.
 
Je vais faire la moitié du BUT accompagné du même traileur : on a le même rythme, on court sans dépasser les 9 km/h, on marche dans les côtes. Je le vois surveiller sa vitesse à sa montre, tout comme moi d'ailleurs. Les jambes répondent présentes, mais je ne veux pas me griller; Je sais que la course sera longue, aussi j'évite d'y penser.
 
Vers le 12ème km, nous sommes rejoints par un coureur du 118 kms; Nous allons être à ses côtés durant presque 20 kms : tantôt il est devant, tantôt je le distance de 30 ou 40 secondes : Puis, soudain, il change totalement d'allure, accélère, je ne le reverrai plus de la course !?!?
 
Les kms s'enchaînent sur des chemins sans grande difficulté technique : nous longeons une rivière, franchissons un pont pour passer de l'autre côté de la rive; Un panneau indique que nous sommes désormais dans le Finistère.
 
Le 1er tiers de la course se passe plutôt bien; Les sensations sont toujours bonnes, le moral excellent; L'arrivée à Guilligomarc'h nous indique que nous allons bientôt descendre aux roches du diable.... Puis c'est LA belle "patate" qui annonce le 1er ravitaillement, au km 22 : de l'eau, un arrêt technique et c'est reparti.
 
Les 10 kms suivants vont passer assez vite; L'après-midi a débuté et le temps est parfait pour une "sortie longue" à travers la campagne finistérienne.
Les jambes ne me lâchent pas ( ouf ! car c'est loin d'être fini).
 
J'avais regardé quelques vidéos du BUT sur Internet : Je reconnais certains endroits, et surtout une terrible montée à travers un champ;
Je le devine sans regarder mon GPS : j'arrive au km 32; C'est le passage de relais pour les concurrents de cette épreuve et c'est aussi le 2nd ravitaillement; J'en profite pour faire le point : pas de blessure, pas d'ampoule, la motivation reste intacte.
 
Il faut repartir : Direction Quimperlé... Le coureur présent à mes côtés depuis le départ reste plus de temps à ce ravitaillement : Je pars devant, et ne le verrai plus.
 
Vers le 40ème km, les premières sensations de fatigue musculaire apparaissent;
Le ravitaillement à Quimperlé est prévu au km 46; Je gère ces 6 kms difficilement : la partie en forêt est assez technique : ce seront, pour moi, les kms les plus pénibles de la course;
Surtout, il faut faire 1.5 km dans les rues de Quimperlé pour arriver au ravitaillement : Je n'aime pas le bitume, les trottoirs, les ravitos annoncés au kms 45 mais qui sont finalement au km 46..... Je suis agacé mais cela fait partie de la course.
 
Je sais que j'ai fait le plus dur; Le matin, avant le début de la course, j'ai entendu une conversation entre deux coureurs: A priori, après Quimperlé, c'est un parcours moins usant. Je me souviens de cette info, et ça me redonne un coup de fouet. De toute façon, "je décide" que je vais rejoindre l'arrivée : en courant, en marchant mais je terminerai le BUT !
 
J'ai pris un peu plus de salé lors de ce ravitaillement; Je repars de Quimperlé en courant : mon montre indique 8 Km/h sur le plat... Mais il faut quand même se payer une belle bosse sur le bitume avant de retrouver les chemins.
 
A présent, je vais bien souvent être seul; Aussi, les jambes deviennent lourdes; Je gère les côtes en marchant et j'arrive à relancer...
Je suis de nouveau dépasser par un coureur du 118 : il arrive à ma hauteur, on échange quelques mots et il semble heureux d'apprendre qu'il lui reste 10 kms environ. (sa montre était HS).
 
De longues lignes droites rendent ce moment-là de la course assez monotone, mais au moins, cela me permet de conserver du jus pour courir...
 
Une interminable montée d' escaliers ( les 110 marches annoncées sur le roadbook) et j'arrive quelques instants plus tard au dernier ravitaillement; J'apprends alors ( je m'en doutais un peu ) que le BUT cette année, c'est...... 67 kms !
 
Je prends du coca; Je ne m'attarde pas trop quand même car je compte bien voir le début de la finale de la coupe de la Ligue à la télé ! Je commets une erreur : je ne vérifie pas ma réserve d’eau, persuadé que j’en aurai assez : Je terminerai la course en panne sèche….
 
Je connais un peu ce coin du Finistère, et la perspective de voir bientôt la mer me motive pour relancer. Il reste 5 ou 6 kms.
 
Mentalement, ça va très bien; Je peux donc courir : Certes, je ne battrai pas le record du Finistère du 5 kms, mais j'avance...
 
Un appel téléphonique d'amis pour m'encourager me motive encore plus : Je vois la mer, je sais que je suis au port du Pouldu.
 
Je rejoins le sentier côtier.... et l'arrivée. La bénévole lors du dernier ravito ne s'était pas trompée : mon montre indique bien 67 kms, réalisés en 9H19, avec un D+ de 1325 m et autant de D-.
 
Je termine la course fatigué, mais je n'ai pas souffert;
 
Bravo à l'organisation et merci aux nombreux bénévoles : Grâce à eux, le BUT est une belle course.
 
 
 
 

vos commentaires :

Pierrick a dit il y a moins d'une minute
Belle gestion de course !
 
 
 

Webmaster : Ronan

Nous contacter