compte-rendu de ronan sur l'aberkley

L’Aberkley a démarré assez tôt pour moi, j’ai répondu tout de suite avec lettre de motivation et références pour espérer faire partie des 15 élus…finalement j’ai appris ma sélection avant le 1er de l’an ce qui m’a laissé le temps de bien me préparer. Le programme était clairement annoncé, une course très engagée, très difficile à terminer avec un horaire de départ inconnu, réveil au son de la corne de brume dans la nuit du samedi au dimanche puis 30 à 40 km d’orientation pour enchaîner ensuite avec les 54 km de l’aber wrac’h.
Après l’endurance trail des corsaires j’ai pas mal bossé du spécifique orientation pour être à l’aise et ne pas trop me perdre, mais avec ce format on n’est jamais sûr de rien !
 
Le jour J…pas trop stressé, j’y vais pour me faire plaisir sur la course orientation et pour voir ensuite. J’arrive assez tôt au Folgoët pour pouvoir me garer le plus proche possible de la salle, je rencontre notre gentil organisateur ( ou futur bourreau ! ) et reçoit le dossard 7. Un peu plus tard aura lieu le briefing de course, premiers échanges entre participants, rencontre avec David Bonnin bien connu par de nombreux membres de BA. On décide de partir manger ensemble à la pasta party avec quelques autres coureurs histoire de discuter un peu.
 
Au retour, tout le monde se prépare dans les voitures, sac de course, tenue de course, au son de la corne il faudra partir impérativement 45 minutes après. Pas facile pour moi car j’hésite toujours beaucoup, au final je m’allonge et…je ne vais pas réussir à dormir…J’entends un peu de mouvement dans la salle autour de 2 h du matin…bon je pense que cela ne saurait tarder, je m’habille donc et prend mon « petit déj ». La corne de brume retentit à 2h15…bon j’ai un peu d’avance sur les autres, je suis prêt assez vite, je vérifie bien tout le matos, porte carte, boussole, vieux téléphone et montre simple…bien entendu GPS interdit ! Je suis impatient et maintenant finalement un peu stressé de ne pas y arriver, il y a différents formats de carte ( ign, open street, photos satellites, des échelles différentes et des pièges !! ) 
 
Encore un petit briefing, une photo souvenir et enfin on en sait plus, la course va démarrer par un premier petit test pour étaler les 15 coureurs et éviter que tout le monde se suive. On tire au sort un papier, avec un numéro, un azimut et une distance…il faut aller récupérer autour de la salle un papier attaché à une pince à linge. Bon je me lance, j’ai le numéro 11, je prends un azimut…ok, définition de poste assez sommaire…je copte mes pas….et boum…trouvé du premier coup ! Je rentre à la salle, on vérifie mon sac et je pars donc en troisième position très proche des premiers. Je prends mes cartes et enfin c’est parti pour de vrai, à l’aventure ! Il y aura trois parties distinctes d’orientation avec des passages obligatoires et des balises à trouver, chaque balise non trouvée provoquera une pénalité de 30 minutes…et rendra donc difficile la partie trail ! Les barrières horaires sont serrées à cause de la marée.
 
J’oriente assez facilement la toute première partie, pas trop vite histoire de ne pas faire d’erreur, ok je trouve les 2 premières assez facilement mais le peloton n’est pas assez étiré, on se retrouve à deux trois coureurs à échanger un peu histoire de nous rassurer. La nuit est très sombre et le terrain déjà un peu compliqué, dans une descente je me vautre royalement une première fois en plein sur le genou, bon sur le coup ça va mais après cela va me faire mal toute la course.
La troisième est plus compliquée, un peu plus sournoise en fait et bien dissimulée, on la cherche à plusieurs en même temps et finalement avec un gars de Brest on finit par y arriver. Bon la 4è va s’avérer galère, on reste tous les deux ce qui me semble maintenant une erreur, mais sur le coup on réfléchit pas trop, on regarde la carte et ce n’est pas très évident, on part en fait complètement à l’opposé, un peu trop vite je pense. On pense être au bon endroit mais pas de balise et finalement on se retrouve hors carte, le drame, on décide de revenir à l’ancienne balise pour se recaler mais on a perdu beaucoup de temps, c’est très chaud on retrouve à ce moment un groupe de quelques coureurs perdus aussi sur cette fichue balise dont David Bonnin, deux autre coureurs et aussi Jérôme Lucas ! Bon la moitié des coureurs est ici avec le favori…et la barrière horaire se rapproche terriblement.
Après cogitation de groupe on arrive à se recaler difficilement en suivant des itinéraires compliqués, on hésite beaucoup sur la marche à suivre mais on y arrive après une perte de temps beaucoup trop importante, on ne sera jamais à la barrière horaire, c’est fini, c’est mort ! Je suis dépité, on espère tous qu’il y aura de l’indulgence. Donc on finit par trouver les balises et on passe le premier point de contrôle bien après la barrière horaire. Finalement on a de la chance, on reste en course et quelques balises seront supprimées sur la seconde partie mais il va falloir faire vite pour espérer arriver du coup au départ du trail. L’organisation nous conseille de rester en groupe, encore une fois ce sera une erreur que je vais payer ensuite.
 
Clairement je n’ai pas vu les km défilés, je suis bien encore sur les cartes, mes intuitions sont assez bonnes. En revanche le rythme est un peu élevé depuis nos erreurs, je n’ai pas pu prendre trop le temps de bien boire et de bien manger, je pense pouvoir encore gérer un peu.
 
Mais la seconde partie va être menée à fond de train, pas le choix, il faut regagner du temps. Là Jérôme Lucas mène le train, oui oui, je suis…Les autres membres du groupe tiennent mieux la cadence, j’essaie de ne pas trop les perdre de vue ( encore une fois erreur !! ) en regardant quand même la carte. Alors franchement ça envoie du très très lourd de partout : montées, descentes techniques : racines, broussailles, gadoue : tout y passe, mon genou me titille, je pense à chaque fois qu’il faut manger mais je ne trouve jamais le moment. On s’arrête quand même pour se recaler sur la carte, on rate quelques balises et on doit rebrousser chemin mais au final le groupe s’avère très efficace, chacun notre tour on arrive à trouver ces fichues balises.
Au final on se retrouve un peu bloqués sur une balise qui semble simple, d’autres coureurs nous rejoignent et disent l’avoir cherchée longtemps, impossible de savoir vraiment où on se trouve, le débat est vif, personne n’est d’accord, certains partent donc. Dans mon idée je veux toutes les trouver donc je décide de partir à sa recherche, je convainc Jérome Lucas, David et deux autres gars de la chercher 10 minutes avant de repartir. Finalement on se retrouve à chercher dans une forêt de broussailles, du houx…et on la trouve !!! On sera quasiment les seuls, donc cela devient très bon pour le classement et pour le moral, on redescend à fond…mais moi je reste bloqué dans les ronces quand Jérôme Lucas vole littéralement…ok on joue pas dans la même cour…bon inutile de préciser que je fais le deuil de mon caleçon et ma veste ( et c’est pas fini !! ).
Petite hésitation mais David nous fait un festival pour aller chercher la balise suivante après un passage épique pour traverser l’Aber…de nuit…avec un courant assez fort…et deux belles gamelles dont une de Vincent qui nous fait un beau plongeon !
 
On arrive au point de contrôle finalement très bien dans les temps, du beau travail collectif. Remise des cartes pour le troisième tiers, le groupe éclate, je sens la fatigue, l’hypo aussi arriver !et le rythme trop élevé depuis un moment. Je ralentis donc fortement. Je reprends donc enfin l’orientation, trouve deux balises très simples puis ma terreur arrive, une photo satellite qui me fait beaucoup hésiter, elle est dure, très peu de repères, beaucoup de forêt…je suis perplexe. Je prends le temps de ne pas me tromper, je passe donc pas trop sur de moi dans quelques chemins et me retrouve dans une forêt bien humide et assez sauvage, il faut trouver une mare…d’où plusieurs ruisseaux convergent…OK les gars mais j’ai l’impression qu’il y a des mares de partout ! Je retrouve le groupe d’avant dont Jérome et David, je suis surpris de les voir, ils s’agacent un peu de ne pas trouver cette satanée balise. D’autres coureurs arrivent à leur tour, je passe du temps dans un véritable marécage, avec des ronces et des broussailles. Je décide de quitter le groupe pour tenter de prendre une autre option, je me retrouve seul avec Jérôme Lucas qui a eu la même idée, il part à droite, je prends à gauche…je cherche encore longtemps mais non, rien, en regardant ma montre la situation devient tendue, je prends la décision difficile d’abandonner cette balise et je repars très entamé.
 
Petit rythme, idée noire, je le sens mal, j’essaie de gérer ce moment de bas à l’expérience, je replonge dans la carte en suivant de loin un petit groupe. On recherche une grande croix, de la route, un petit chemin encore de la route pour trouver l’avant dernière balise…qui nous donnera les indications pour rejoindre l’arrivée. Bon alors c’est parti…on a en plus les indications pour la dernière balise…indications qu’il faudra retenir ( ok j’ai oublié mon stylo !! ) et là clairement trop d’infos, prendre le nord puis l’est, un tourelle, un azimut, une distance. Je relis 5 fois, je comprends rien du tout, ma montre me dit déjà que c’est mort, le trail a commencé j’ai en gros 30 minutes pour éviter la barrière horaire fatidique de 9h30, c’est mort !! Donc pas trop le moral pour lutter, j’alterne marche et course et le chemin pour rejoindre la mer est interminable, je coup des champs, puis des routes, puis encore des routes tout en voyant la mer…pénible ! Je réussis après de nombreux détours à y arriver…Ok un sentier des douaniers…mais il y a un problème…avec tous les coureurs du 54 km qui déboulent en sens inverse !
 
C’est mort, je décide donc de descendre sur la plage…je trottine et je marche un peu, et là je vais avoir des frissons pendant quelques minutes, je suis applaudi par de nombreux coureurs du 54 qui me voient du sentier, ils me portent littéralement, je retrouve quelques forces…et je vois la plage se terminer par des rochers peu franchissables, je dois donc remonter comme je peux en escaladant une falaise, ce qui est très limite en terme de sécurité et pas très malin de ma part…Je fais attention et j’arrive tant bien que mal à me hisser sur un sentier à l’écart…et je tombe nez à nez avec…la dernière balise. Le truc de dingue ! La chance…Une balise que quasiment personne n’a trouvé. Je vois même un groupe de coureur dont David Bonnin qui viennent juste de repartir, je les appelle mais avec le vent ils ne m’entendent pas. Tant pis, ils étaient vraiment tout proches de la trouver. Là c’est dur dur de courir, la plage est interminable, je décide de prendre la route mais fatalement l’heure est dépassée. Pas grave je n’avais plus les jambes, j’arrive en marchant au point de départ du trail 35 minutes après la barrière horaire, il n’y a plus personne. Finalement un bénévole me dit que je peux repartir, car ceux qui sont repartis ont raté deux ou trois balises ( sauf Jérôme ). Mais pour être finisher il me faudra faire plus de 10 km à l’heure pour 54 km et 1100 de d+ ! Impensable, d’autant plus que j’ai froid, mal au genou et je suis très fatigué. Je peste un peu contre moi-même.
 
Résumé :
Le positif : une aventure incroyable rendue possible par une équipe de bénévoles géniaux qui se sont donnés pour 15 coureurs . Je retire beaucoup de positif, j’ai bien géré l’orientation et j’ai adoré ça. J’ai finalement bien tenu la distance et n’oubliant qu’une seule balise. De belles rencontres avec des passionnés.
Le négatif :
-avoir fait quelques erreurs basiques à cause d’un début en fanfare, trop d’assurance à un moment et pas assez de concentration, ce qui m’a fait perdre un temps précieux et obligé à lutter contre les barrières horaires…donc être trop rapide et pas assez économe.
-la mentalité de certains participants qui m’ont induit volontairement en erreur ou qui n’ont pas été très collaboratifs.
-avoir par moment couru trop en groupe, ce qui est rassurant ( et ce qui était obligatoire avec les circonstances de course ).
-que faire maintenant ? Je ne sais pas trop, difficile de se projeter, mais l’idée de faire mon chemin sur ce type de format ou sur des raids va clairement devenir une priorité, c’était trop bon !!
 

vos commentaires :

Jean-hugues a dit il y a moins d'une minute
CR réaliste Ronan, maintenant que tu connais l'esprit tu remets pas ça en 2017???
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