Récit de Gaëtan sur la Diagonale des Fous

Après près de 6 mois de préparation durant lesquels j’ai réussi à suivre la quasi-totalité du programme que Jean-Paul m’avait concocté, l’heure du départ s’approchait en même temps que la nuit tombait à Saint Pierre.

19h00 (17h en Métropole) – Entrée dans le sas d’attente, plus que 3h avant le départ, la pression monte d’un cran …
Après une bonne averse sur l'ère de départ, à 22h le coup d'envoi était donné.
La pluie avait cessé au même moment.
J’ai réussis à me placer pas trop loin de la ligne de départ, car malgré la longue distance qui nous attend, j’ai préféré prendre un départ assez rapide afin d'éviter le goulot d'étranglement qui se créé dès que cela devient plus technique, sur les sentiers en mono trace.
Sur les premières foulées, on se laisse porter par l’ambiance de la foule qui s'était déplacée en masse pour l'un des événements majeurs de l'année à la Réunion. Les bords de routes ressemblent au tour de France sur plusieurs kilomètres, les feux d’artifices retentissent, les réunionnais nous ont réservé un très bel accueil et nous encouragent.
Les 14 premiers km et 600m de D+ se passent assez facilement mais les 10 suivants affichent 900m de D+. Durant cette montée bien raide, je me fais largement dépassé, je suis même un peu perplexe sur l'allure de mes concurrents, je préfère rester prudent et garder mon rythme.
Je continue de me faire doubler jusqu'au Piton Sec (34ème km - 2280 de D+ effectué). Sur la partie suivante je stabilise un peu mon classement, l'ascension vers Piton Textor se passe puis j'arrive sur Mare à Boue en même temps que la levée du jour, un ravito assez conséquent au 50ème km.Pour le moment tout se passe bien, les conditions météo sont idéales. Le sentier qui suit en direction de Cilaos est très technique, racines, cailloux, boue, tout cela sur sol glissant. Je ne suis pas très serein sur cette partie, je préfère rester prudent pour éviter les tendinites aux genoux, mon point faible. Les paysages sont magnifiques, j’en profite pour faire quelques prises de vue.
Régulièrement je me range sur le côté pour laisser passer ceux qui ont une allure plus élevée, surtout dans la descente qui surplombe Cilaos.

Déjà 66km de parcourus avec 3500m de D+, j’arrive à Cilaos. En passant au pointage, je demande mon classement, 455ème sur les 2700 participants qui ont pris le départ, ce n’est pas si mal mais je me dis, peut mieux faire … je pensais être un peu plus haut dans le classement.
Du coup, je ne traine pas trop, je refais le plein au ravitaillement et je repars à un rythme plus soutenu vers le Col du Taïbit. Les km s’enchaines et en montée comme en descente j’ai de bonnes sensations, c’est encourageant surtout que je remonte pas mal de places, beaucoup accusent sans doute un départ trop rapide.
Ma technique en descente s’est améliorée en copiant celle de ceux qui me doublaient en début de course. Au lieu d'éviter les cailloux, il faut au contraire les prendre pour cible au niveau des appuis ce qui améliore pas mal mon allure.

Après en avoir pris plein les yeux (et les jambes :-) toute la journée, la nuit tombe alors que je suis dans le cirque de Mafate. Au ravitaillement de Grand Place école, 98ème km avec 5700 de D+ d’effectué, je suis remonté au classement à la 227ème place ce qui était très encourageant pour moi. Avec la nuit, l’allure se réduit avec pas mal d’appréhension dans les descentes où l’on sent que le vide est à proximité. Je fais un bout de parcours avec un gars qui avait à peu près le même rythme que moi et avec qui j’avais échangé quelques mots. On fait donc une bonne partie de Mafate ensemble jusqu’en haut du Maïdo. Dans cette terrible montée, avec plus de 1000m de D+ sur seulement 6km et cela après 106km déjà dans les jambes, on discute un peu moins …, son allure se réduit sans doute avec la fatigue de cette 2ème nuit sans sommeil. Du coup ce rythme qui n’est pas le mien m’endors aussi un peu, je butte de temps en
temps dans les cailloux, je suis pressé d’en finir et d’arriver en haut.

Au ravitaillement du Maïdo, je suis 196ème, je prends un peu de temps pour refaire le plein, 45mn environ et comme quelques bretons étaient présents, on discute un peu. Véronique L., du Team Gaspar, m’indique qu’Yvan était là, en train de faire une petite pause sommeil dans la tente juste à côté. Je passe lui faire un petit coucou, je ne savais pas du tout où il était. Je prends un bon café et de la route. J’ai quitté mon co-équipier de Mafate et repars seul pour prendre mon propre rythme avec l’objectif de remonter le classement le plus possible.

Le jour se lève alors que je suis aux environ du 140ème km, je suis remonté à la 142ème place, il ne reste plus que 26km, avec tout de même 1300m de D+ ce qui n’est pas rien... Heureusement, le mental est toujours là et pas de bobos à signaler. Je n’ai pas dormi depuis près de 48h maintenant mais seules les jambes commencent à fatiguer
musculairement. C’est de plus en plus compliqué pour grappiller quelques places, les écarts entre les concurrents sont de plus en plus larges et on sent bien que plus personne ne lâche rien.
La dernière montée de Grande Chaloupe à Colorado est assez difficile surtout lié à la chaleur, de même que la dernière descente vers le stade de la Redoute qui est assez chaotique, mais de là on entend déjà les hauts parleurs, la fin est proche.

Je passe sous la mythique arche d’arrivée du Stade de la Redoute à Saint Denis, après 37h37 d’efforts à la 131ème place, super content d’avoir mon T-Shirt jaune « J’ai survécu » ainsi que la médaille, symboles du finisher de la Diagonale des Fous.

Vos messages :

yoann a dit il y a 161 jours
Bravo. Beau CR. Cela semble presque facile
 
 
 
 
 
 
 

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