Compte-rendu de Fred sur le 64 km individuel

Par un beau matin d'automne entre Palis et Mégalithes

Pour la 1 ère fois de la saison, je délaisse le bitume pour me balader sur les sentiers et chemins brétiliens ( beurg, j'aurai aimé « breizhilien ») Ce trail s'appelle entre Palis et Mégalithes, 64 kms entre Renac et St Just au sud-ouest de Rennes. Je conviens avec Ronan, un pote de Brocéliande Aventure de 35, de faire course commune. Il reprend suite à quelques soucis et moi je ne suis pas sûr d'être remis des 100 kms du Semnon courus 3 semaines plus tôt.

La prépa sera légère. 1 semaine de récup post 100 bornes, une contracture à l'ischio en voulant imiter Wilko donc une semaine de repos de plus, 1 semaine à faire du jus et voilà il faut prendre le départ. Je vais donc gérer l'affaire tranquillement, à notre cadence. L'objectif est de finir en couple avec Ronan. Pas de pression particulière, on vient prendre du plaisir, faire un peu la causette et savourer ces instants de course à pied en pleine nature. RDV est donné à Renac. Première surprise, le Foufou est là (coureur d'ultra pluridisciplinaire au CV impressionnant). Je retrouve Ronan, on se prépare et direction la ligne de départ. On salue les membres de BA 35 présents sur le relais.
Départ sur ZZ top, quelques fumigènes et le peloton assez chiche s'étire (130 annoncés).

Je rattrape une légende de l'ultra, Monsieur «enchaînements», le grand Charles est là. On discute un peu mais surtout d'ultra puis on se sépare. Nous voilà en couple avec Ronan, on discute, on bavarde et bien sûr je rate les flèches, les morceaux de rubalise qui pendent aux branches des arbres. Ronan est là, il est vigilant et me remet sur le droit chemin. Vachette, il faut que je regarde mes pieds et les indications... Pas simple le trail. Après un départ à la frontale, le jour se lève, la brume matinale s'étire dans les champs au dessus des prés... J'aime ces instants, le soleil ne devrait pas tarder. Ronan qui a par le passé déjà effectué cette partie du parcours, me recommande de bien gérer car toutes les difficultés seront concentrées sur la 1 ère moitié. Ok, on y va tranquille. J'ai convenu avec Charly d'une plage de FC à respecter, surtout la fourchette haute. Je contrôle le cœur dans les montées pas question de faire sa folle sur ce type de terrain. Je déroule dès que cela ressemble à du plat. Il n'y en a pas beaucoup dans cette partie. On monte, on descend, on serpente dans les bois.

Cela me fait un peu bizarre, j'ai même le sentiment de tournicoter par instant. On traversera de belles propriétés, on fera le tour d'un lac. C'est super c'est nickel sauf que... je n'ai que de 2 bidons de 600 ml pour les 18 kms du 1er tronçon. Je me retrouve assez vite à devoir gérer l'hydratation car notre vitesse bien que correcte n'est pas très élevée. J'arriverai à sec et bien sec au premier ravito.

Il en sera de même pour le suivant bien que plus court. Ronan m'annonce qu'il ressent quelques douleurs et qu'il a des difficultés sur le plan hydrique. On gère notre effort, on n'hésite pas à marcher dans les montées sans forcer. Je sens que notre projet d'arrivée commune est en train de partir en vrille. Chacun bascule naturellement en mode silence. Dans ces moments nul besoin de se parler, un regard, un geste et tout est dit. Peu avant le second ravito, Ronan me donne un bon de sortie. Il veut gérer à sa cadence. Une nouvelle course pour moi commence donc. Comme à chaque ravito on est encouragé par les relayeurs du BA 35. La question les concernant est la suivante : Quand vont-ils nous doubler ??? Ronan a pronostiqué pas avant le 3 ème relais. A suivre. Je refais les niveaux (eau gazeuse, soupe, coca et un peu de salé) Plus de St Bernard pour me remettre sur le droit chemin, va falloir être vigilant maintenant. Dans un 1 er temps, je décide de ne pas accélérer mais de rester sur la plage de FC pré-déterminée. Le terrain est plus roulant, je peux allonger un peu la foulée. Le rythme s'accélère un peu, je retrouve une cadence qui oscille autour de 11 km/h sur le plat. Je gère toujours les bosses mais en appuyant un peu plus. Je commence à remonter quelques coureurs. Tiens tiens, si on jouait à Pacman... La chaleur, la distance et la concentration des difficultés auraient-elles eu raison de quelques traileurs. Je rattrape l'ami Foufou peu avant le 3 ème ravito. Il reconnaît être parti un peu vite, qu'il paie maintenant. Je le connais le loustic, c'est un guerrier avec une telle expérience que je ne suis pas inquiet. Un coureur prend ma roue, ma cadence semble lui convenir, on tape un peu la causette. 

On refait le plein à Renac avant d'attaquer la dernière boucle. Toujours pas de BA 35, Ronan avait raison... Nous repartons, les chemins sont plutôt larges et roulants, nous discutons toujours, j'accélère un peu, on flirte avec les 12 km/h par moment. La flèche orange de BA 35, nommée Sylvain, nous dépasse. Je ne peux m'accrocher, il reste trop de kilo, je vais le payer c'est sûr. Mon camarade m'annonce qu'il préfère lever le pied. Ok salut merci pour ces instants, ces échanges. Je remonterai encore quelques coureurs et même un relais. La fin du parcours ne m'aura pas vraiment emballé la fatigue, un peu de lassitude peut-être. La partie dans la carrière d'ardoise finira par confirmer cette impression. Je veux en terminer. J'attends la voix du speaker mais j'ai comme le sentiment que l'on tourne autour de lui avant d'y arriver. Puis au détour d'un virage à gauche, je retrouve le bitume, mon cher bitume. Cela monte mais je suis content car je sais que c'est fini. Je sens que la chaleur a commencé son œuvre, par moments j'ai dû levé le pied afin de ne pas saluer le Sieur Vomito, fidèle compagnon. Je passe la ligne d'arrivée tout content de mon affaire, mais triste d'être seul. Sentiment mitigé en fait. Satisfait de ma gestion, on m'annonce 23 ème, honorable pour un pur routard.

Les membres du relais me félicitent, je me dirige vers le ravito. Je me recharge, Foufou arrive peu de temps derrière moi.(20') Je vous l'avais dit. En quittant Ronan, j'avais espérer me rapprocher des 07h30. Il me manquera qu'une minute mais j'aurai tant préféré que l'on passe cette ligne à deux.
Cette course, est à faire, tout y est nickel. Le rapport prix/dotation/ravito/accueil est assez bluffant. Je la recommande. Ah si je n'avais pas si peur pour mes chevilles, j'y serai plus souvent dans les chemins car c'est quand même très bien.

Vos commentaires :

Fred22 a dit il y a plus d'un an
Hello, merci. Stéph, toi tu veux enchainer moi je recherche un brin de VMA pour aller plus vite. On ne peut tout avoir semble-t-il sauf pour les champions... Pas exclu que je fasse un peu plus de trail effectivement. A voir après la mi-avril :-))

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