GRP 80 km, 5000 D+, Vielle-Aure

Ayant eu la chance avec plus de 900 autres participants d'avoir été tiré au sort pour participer au GRP de 80 km (dit "le grand") nous voilà parti avec mon frangin pour le Sud.

Ma préparation a été comme d'habitude un peu décousue, mais j'ai réussi à maintenir une progression tout au long de l'année en alternant courts et longs. Un peu de rando en famille fin juillet avec en bonus quelques gros exercices en descente qui m'ont bien cassés les cuisses m'ont permis de rentrer dans le vif du sujet. J'ai également pu calibrer mes allures en montée sur mon cardio pour enregistrer le rythme qui me va bien et éviter la surchauffe.

Petite rando de 3 h le jeudi pour se remettre dans le bain et vendredi repos + récupération du dossard (avec contrôle détaillé du sac) et briefing sur la place de Vielle-Aure. Ambiance soft et pas bling-bling, il y a plus de bars autour de la place que de vendeurs de marques !

On nous annonce une météo plutôt clémente contrairement à celle en cours particulièrement pourrie que subissent les coureurs de l'ultra depuis leur départ à 5h.

Après une nuit à faire et refaire la course mon frère nous dépose avec 2 autres coureurs logeant au même camping. Départ à 5h sous feu d'artifice. Il bruine mais ça ne devrait s'arrêter une fois au dessus des nuages. Ma stratégie est simple : assurer tranquillement jusqu'au 40ème du Pic du Midi et faire au mieux par la suite.

Le début du parcours se fait très groupé et compact, quelques ralentissements, mais une fois sur les pistes de ski le chemin s'élargit et le peloton commence à s'étaler. Je fais donc la première partie, jusqu'au ravitaillement de Merlans bien caché au milieu du peloton qui semble parti pour une grosse rando et ne force pas trop. Ca me rassure, à ce rythme là je sais que je peux durer. Mon frère me rejoint au col du Portet où le jour se lève au dessus des nuages, et m'accompagne jusqu'à Merlans un peu plus bas dans la brume.

Après avoir bu un bouillon de vermicelle bien salé, c'est reparti vers le col de Bastannet ce qui nous fait repasser au dessus des nuages. Une fois arrivé au col, petit arrêt rapide pour attacher mes bâtons dans le dos et c'est la première longue descente qui nous mène jusqu'à Artigues. Du caillou, du caillou, du petit du gros du tranchant : il faut être super vigilant. Mais aussi plein de lacs et maintenant le ciel est dégagé, c'est superbe !

Je ne regrette vraiment pas d'avoir accroché mes bâtons et d'avoir les mains libres pour prendre des appuis dans les passages de blocs. Quand même 2 gamelles sur terrain glissant, sans conséquences, mais qui calment ! Re bouillon de vermicelle à Artiques plus le plein du camel et c'est parti pour l'ascension tant attendue du Pic du Midi. Jusqu'au col du Sancours c'est vraiment très beau et nous grimpons sous le vol des vautours fauve qui doivent avoir repéré dans le coin une carcasse de brebis.

Je respecte mon scénario « nutrition » en prenant une pâte de fruit en début de montée, puis plus tard une barre et pour terminer un gel « d'urgence » si besoin (ce qui sera le cas pour le pic avec un début de fringale). Après le Sancours c'est l'aller et retour au sommet : lorsque tu grimpes, tu croises des gars qui descendent à fond avec la banane et toi qui te dis putain qu'est ce qu'ils ont l'air bien et finalement tu fais pareil à la descente.

Arrivée exactement comme prévu à 14h au sommet, accroche des bâtons dans le dos et c'est reparti pour une longue descente très rapide jusqu'à Tournabout via pour pour la 2ème fois le Sancours ( et sa soupe de vermicelle). A ce moment je suis totalement rassuré, aucun souci en descente, le plus gros est fait, ça va tenir.

Je vais donc continuer sur ma lancée, et reprendre encore un peu de monde jusqu'au ravito de la cabane d'Aygues Cluses. Là encore le paysage est magnifique et de nombreux pêcheurs viennent bivouaquer pour le week-end. A la cabane, je prends le temps de protéger mon gros orteil qui commence à chauffer et de bien me réhydrater (ici que de l'eau on ne sert pas de soupe). J’ai enregistré les conseils de Dr Fred sur les problèmes d’osmolarité et de maux associés à la prise d’eau plate seule. Je me rappelle alors avoir dans mon sac de la sporténine et j’en prends immédiatement 3 cachetons pour minéraliser tout ça.

On continue ensuite à grimper vers la Hourquette de Nere, c'est la fin de la dernière grosse montée du parcours avant de revenir vers Merlans ou m'attend mon frère. C’est aussi l’occasion de discuter avec ceux du 160 qui après environ 40h gèrent plus ou moins péniblement leur fin de course. Ils sont épuisés, les premières 24h ont été très durus, terrains boueux, pas de visibilité la nuit…

Dernière soupe à Merlans et c'est reparti pour la bosse du col de Portet et enfin la descente vers l'arrivée. La première partie de cette descente est très dure et je me sers des bâtons pour ne pas me laisser emporter. J'ai les cuisses en feu mais elles tiennent et je cours le plus vite possible. La nuit arrive, les lumières de Saint-Lary sont maintenant visibles, derniers instants en solitaire et c'est l'arrivée à Vielle-Aure.

Je suis très content de mon temps de 16h35, de ma 340ème place et de l'état dans lequel j'arrive

Vos commentaires :

denis a dit il y a plus d'un an
BRAVO gilles une sérénité affolante . une maitrise de ton sujet un exemple a suivre dans ta gestion de course çà à l'air si facile. mais c'est , je pense , ton expérience qui paye denis

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