Compte-rendu de Stéphane : l'ULTRA MARIN, 177 km autour du Golfe du Morbihan

J'ai atteint le Graal !! 

Trois jours après, je ne suis pas encore complètement redescendu de mon nuage. J'avoue ne pas être très pressé tellement tout a fonctionné comme je l'avais programmé et comme je le voulais pour aller au bout de cet ultra. Conscient que ma prépa, qui s'appuyait sur un plan minutieusement concocté par coach JP que je remercie a nouveau, avait été réalisée correctement, qu'aucune blessure n'était venue la perturber, je croquais cet objectif sans pression, même l'idée de franchir un pallier en ultra ne m'effrayait pas !!

Je retrouvais, donc, Vincent vendredi en début d'après-midi ( Mr était encore dans les fourneaux de son restau le midi ) direction Vannes ou nous arriverons vers 15h15. Parfait, cela nous laisse le temps de passer récupérer nos dossards, respirer l'ambiance et retrouver un peu plus tard Alex et Fred. Le soleil est au rendez-vous en cette fin de journée. Quelques retrouvailles avec des membres de divers forum, on papote en écoutant les quelques recommandations. Nous allons avoir droit à 1,2 km dans les rues de la vieille ville de Vannes.

Le départ est donné le long du port, nous sommes encouragés par une foule fort sympathique qui n'hésite pas à nous acclamer en nous souhaitant bonne course. Deux joellettes ouvrent le parcours sous les applaudissements. Immédiatement après cette mise en bouche dans les rues piétonnes, je me mets en mode cyrano. D'ailleurs, je ne serai pas le seul et à ma grande surprise, un nombre important de coureurs alternent, assez vite, ce protocole.
Vincent est à mes cotés, observant mes moments de pause marche afin d'en faire de même. Alex et Fred ont un peu pris les devants à quelques mètres. Pour autant, je trouve leur allure assez soutenue, je m'en inquiète un peu mais son vieux grognard est là et doit savoir ce qu'il fait.

Le peloton a du mal à s'étirer sur les premiers kilos, il y a du monde sur les sentiers qui longent la rade d'entrée dans le port de Vannes ( une partie du parcours du marathon de Vannes ). L'ambiance est vraiment bon enfant, ça cause, ça rigole, une véritable osmose avec le public qui s'est installé sur les criques et petites plages du parcours.

1er pointage à Séné avec un petit ravito. 18 kms ont été faits avec Vincent. Nous ne nous attardons pas d'autant que des sangsues de coureurs squattent le ravito, empêchant tout accès. Pas de panique, j'ai prévu suffisamment dans le sac pour une auto-gestion jusqu'à Locmariaquer. Nous avons pris le temps d'apprécier, sur cette portion, le paysage qui est somptueux avec ce soleil couchant.

Direction Noyalo au 37e Km. Fred nous récupère au 20e kilo et nous annonce l’arrêt d'Alex. A ce moment, je me dis que ce serait le pied s'il restait avec nous l'extra-terrestre. Il pourrait, grâce à son experience, nous être de bons conseils. Pensez-vous, ça n'a duré que 2 mn, le temps de nous faire coucou de la main et puis Mr est parti à son rythme, un bon rythme ma foi. Il rattrapera, d'ailleurs, sa copine Chantal Tregoux qui finira 3ème ( une vraie et sympathique championne que j'avais eu plaisir à rencontrer à Millau en 2008 ).

J'informe Vincent que j'ai du mal à me mettre dans la course, mes cuisses ne sont pas relâchées, je sens une fatigue avant l'heure. Bizarre car aucun stress n'est venu me taquiner dans l'approche de cet ultra. J'en prends acte et décide, malgré tout, de rester sur l'application de ma cyrano. Le temps fera son affaire et tout rentrera dans l'ordre. J'ai encore beaucoup d'heures devant moi pour que cela se recadre !!!

La nuit tombe et un nouveau contrôle nous impose la frontale et le bandeau fluo pour repartir. Nous en profitons pour nous couvrir. Il est vrai que la fraîcheur s'est installée. La nuit est tombée mais le clair de lune rend, cependant, l'obscurité moins pesante. Je sens Vincent un peu en dessous. Il finit par m'avouer qu'il n'a pas mangé, ça ne passe pas. Va falloir forcer bonhomme si tu veux aller au bout. Le miracle, c'est simple comme un coup de fil : un appel au restau pour savoir comment s'était passé la soirée et v'la le gars requinqué. Tellement retapé qu'il s'éloigne tranquillement de moi. Mais je le retrouve quelques instants après à Sarzeau, au bout de 58 kms, ou le premier ravito chaud du parcours se pointe. Je ne suis toujours pas détendu lorsque je cours et le redis à Vincent. Il voit bien que je traîne un peu au ravito, finissant par me dire de lever le camp. Je ne comprends pas et là j'avoue que je commence à me poser des questions : et si c'est comme ça pendant tout le reste de la course, je vais galérer.

Nous sortons du cocooning de la salle et filons, pour 20 bornes de plus, dans la nuit, en direction de Arzon et port Neze situé au 78eme kms. Le parcours est assez technique. Vincent a retrouvé ses jambes, je le laisse partir, soulagé de ne pas lui imposer mon état du moment mais aussi content car je vais, à cet instant, m'installer, comme souvent, dans ma bulle, concentré sur mon protocole, ma V.S. Je vais, ainsi, petit à petit, retrouver les sensations. Je savais que cet instant arriverait, ce moment d'isolement total qui me plait, me ravit ou je me retrouve face à moi, face à mon défi. Je me parle, me félicite d'avoir retrouvé de bonnes sensations. Désolé Vincent mais sur ces coups là, je suis un solitaire en puissance et je m'en sers plus que cela me dessert. Je n'étais pas inquiet pour toi, je te savais fort pour aller au bout en sachant que ta petite famille serait là à Locmariaquer et Larmor Baden pour te booster un peu plus.

Les kilomètres défilent, mon cyrano est au point. Je reste, cependant, très attentif aux chemins et sentiers côtiers empruntés, jonchés de racines bien vicieuses et de petites roches sournoises qui vous signalent leur présence une fois que la cheville s'est dérobée ou que les doigts de pieds ont tapé le bout de la chaussure. Parfois, j'ai le sentiment d’être déjà passé au même endroit. Le peloton s'est bien disloqué, bien étalé, nous sommes de petites grappes de 2 à 5 coureurs. Il n'y a pas de conversation, chacun est concentré. Moi ça me va !!

Le jour commence à se lever. Une première nuit passée dehors ou la mise en route aura été plus longue que prévue mais au final, je suis satisfait car j'ai respecté mon premier objectif qui est d'arriver relativement frais à l'embarquement de Port Navalo. Mais avant d'y arriver, c'est un parcours de 5kms autour de Port Navalo qui nous est proposé. Pas franchement sympa car en arrivant au port, nous voyons les zodiacs, à 500m, partir vers Locmariaquer. La balade s’enchaînera à travers lotissement, chemin aménagé bordant les falaises avant de voir, enfin, l'embarquement. Nouveau pointage, j'enfile le poncho, le gilet de sauvetage et hop dans le zodiac. Nous sommes 5 coureurs dans le bateau. Il est 10H45.
Le pilote est d'humeur joyeuse, tu parles, depuis 4H ce matin, il est sur le pont, il a fait traversé les frères Dilmi qui termineront aux deux premières places. Apparemment, il y a avait de la bouderie dans l'air entre les frangins....J'en profite pour consulter les SMS reçus depuis le départ ( merci à vous tous pour vos messages d'encouragement envoyés à toute heure, BA 35 est une belle famille ) et j'appelle ma femme pour lui donner quelques news car il est prévu que l'on se retrouve à St Goustan. La conversation a à peine commencé que je suis fusillé par une crampe au mollet droit qui me tétanise. Le téléphone vole dans le zodiac, le pilote stoppe et me tire sur la jambe. Coriace la bestiole, il faudra s'y prendre à deux fois.

La traversée se fait sous la grisaille, le vent est présent, il ne fait pas bien chaud, ajoutons là dessus la fatigue et nous avons une galette complète !! 15 mn de traversée et nous atteignons la pointe du Guilvin à Locmariaquer ou un nouveau pointage s’opère. Je sors du zodiac avec précaution, je délaisse le poncho et gilet de sauvetage, remets mon sac à dos puis repars en marchant car je sens que mon mollet a été secoué par cette crampe. Je ne suis pas trop inquiet car au stade situé à 2 kms, nous aurons des kinés à dispo, j'en profiterai, par conséquent, pour détendre le muscle. J'y arrive à 11H10, nous en sommes au 98kms et j'ai déja 14H de course. M'étant fixé une pause salutaire à ce moment, je décide de me poser sur un lit de camp. Voyant le nombre important de coureurs attendant un kiné ( deux seulement pour les bêtes ), je décide de voir un podologue, histoire de voir si tout va bien. On me découvre deux ampoules sur deux doigts de pied, rien de méchant. Trop de monde pour enchaîner chez les kinés, je file vers un osthéo, à défaut, qui me détendra le mollet. Je commence à claquer un peu des dents sur la table de massage, l'osthéo me conseille de ne pas traîner et d'aller manger puis revenir ensuite me reposer un peu.
Je file, donc, me restaurer. Un plateau composé de purée, soupe, riz au lait, jambon. Soudain, une incompatibilité d'humeur entre la soupe et la purée font réagir mon estomac et me voilà plié sous la table, essayant d’être le plus discret possible ( amis poètes bonsoir ). Ok purée, tu m'en veux, j'te laisse seule sur ton maudit plateau. Le reste sera bien digéré.
Je reviens dans la salle de sport, espérant que la queue se soit désemplie chez les kinés. Tu parles, non seulement, il y a plus de coureurs mais maintenant, ce n'est pas deux mais un kiné en action. Du coup, je file piquer sur la table de massage de l'huile et m'improvise kiné amateur sur mon lit de camp avant de piquer un petit somme de 3/4 h.

Le réveil de mon téléphone sonne, il est temps de repartir. Deux heures se sont écoulées depuis mon arrivée au stade mais je sens, en reprenant la route, que cela a été très bénéfique. La machine s'est remise en route sans douleur si ce n'est le mollet qui reste dure. Je décide, à ce moment, de ne prendre aucun risque en courant car, je connais trop la fragilité de mon mollet depuis un décollement d'aponévrose vécu en 2010 et qui m'avait flingué 4 mois, obstiner, ce jour là de trail à terminer ma course de 33 kms alors que j'étais blessé depuis le 10 eme kilo. Donc prudence, ce serait vraiment trop C.. de devoir mettre le clignotant.

Je m'impose une marche très active, je suis à 6.5km/h et je file en direction de Crac'h qui est à 9km. Je les ferai en 1H15. Nouveau pointage et petit coup de fil à ma femme pour lui signaler mon arrivée à St Goustan, situé 9kms plus loin, dans 1H15 à 1H30 max.

La chaleur, en ce début d'après-midi, s'est installée. C'est le cagnard dans le Morbihan. A ce moment du parcours, c'est beaucoup de route qui nous est proposé. Pas agréable du tout, ajouter au soleil qui tape sur le goudron, les conditions de course deviennent compliquées. L'entrée sur Auray est difficile car nous traversons des lotissements sur de bonnes portions de cotes avant de redescendre le long du halage pour retrouver le port. Des envies d'éclairs au chocolat me parcourent l'esprit. Ni une ni deux, un SMS à ma fille pour aller me chercher ça. J'apprendrai, plus tard, qu'elle s'était mangé une cote, dans le style le Jerzual, pour trouver une boulangerie, supplier la personne devant elle, dans la boulangerie, de la laisser passer car son papa crapahutait sur l'ultra!!!! c'est pas beau tout ça!!!!

Ma femme et ma fille m'attendent au pointage situé le long du port en plein soleil. Certains sont allongés sur les bancs mis à notre dispo, en plein cagnard!!!. Je déguste mon éclair au chocolat noir avec du coca ( bon ok le mélange des saveurs, à ce moment, c'est pas mon fort ). J'avoue un petit coup de fatigue à ce moment, la chaleur y est pour quelque chose. Je prends 15 mn pour causer avec la famille avant qu'elle ne rentre sur Rennes. Çà fait du bien même si je n'ai pas trop la force de parler. Aller, on repart. Ma fille m'accompagne sur 300m, me booste de ses paroles, un bisou, un JTM rassurant est envoyé à mes féminines de supportrices et je retourne dans ma bulle, direction Le Bono à 5km qui seront fait, encore, en marchant. Mon mollet est toujours douloureux.

Les portions de route, jusqu'au pointage de Bono, vont se succéder aux chemins à travers champs ou certains sont à faire la sieste; parfois en plein soleil. Là, c'est l'hécatombe. Des coureurs rendent leur dossards. Un groupe de 5 se disloque en un temps record. L'un d'eux annonce son arrêt, appelle le PC course pour la navette, dans la foulée, le copain en fait de même et ainsi de suite. Au final, 1 seul coureur repartira. Pour moi, la question de l'abandon n'est pas d'actualité; d'ailleurs, depuis le départ, cela n'a jamais effleuré ma petite tète de Brocéliandeur Aventure 35. Me voilà donc reparti. Je pense à Vincent qui est déjà bien loin devant. Je suis content pour lui, il mérite d'aller chercher sa récompense.

La tète de course du semi raid me double. Le premier a creusé un gros écart. Un encouragement mutuel chaleureux est échangé.

Déjà 121kms au compteur. J'ai la certitude d'aller au bout. Malgré mon mollet douloureux, j'avance sur un bon rythme, content de rattraper et doubler des coureurs du semi raid. Çà c'est jouissif. Tellement bon, que je consomme à plein leurs encouragements, leurs marques de respects à notre égard, nous ultra traileurs. Certains me proposeront leur assistance alimentaire pendant quelques mètres, en cas de besoin, d'autres me demanderont si ça ne me dérange pas qu'ils se raccrochent à moi pour avancer même en marchant car leur moral est au plus bas. Dans ces moments là, tu te sens le maître des lieux!!!!

La fin d'après-midi se pointe, je file en direction de Lamor Baden, kilometre 138, ou une base de repos m'attend. Il est prévu que je m'y arrête pour dormir afin d'attaquer plus sereinement la deuxième nuit. J'y arriverai au milieu de l'effervescence du public, de la speaker qui interview des coureurs arrivant. Tout ça dans une musique de fête.
Contrairement à la base de Locmariaquer, je décide de commencer par aller manger. Je ne prends que du riz au lait, accompagné de thé en quantité importante. Ce sont les deux seuls aliments qui me donnent envie à ce moment. Je suis installé à une table, un bénévole m’amène mon plateau repas. Super sympa. Je regarde autour de moi, des coureurs sont dans un mauvaise état, ça dort sur les tables ou allongés à même le sol. Je file dans la tente médicalisée pour refaire le point sur mes pansements d'ampoules, voir si je n'en ai pas d'autres et voir un kiné pour mon mollet. Pendant ce moment de visite médicale, je me détends sur la table de massage avec une couverture sur moi car la nuit est fraîche et je ne me suis pas encore changé depuis le début de la journée. 1h s'est écoulée, je vais dormir. Le réveil me sortira de mes micro somnolences au bout de 60 mn. Je ne perds pas de temps, je m'étais changé avant de me coucher, avais préparé mon sac pour la reprise. J'enfile celui-ci, met un coupe vent, mon buff, repasse au ravito faire le plein de thé dans un bidon, le plein d'eau plate dans l'autre et termine par le podologue pour changer un pansement trop épais au doigt de pied.

En route pour Arradon et le moustoir, kilomètre 152. C'est donc une portion de 14 kms qui m'attends. Je me suis trop couvert et je décide d'enlever mon coupe vent, mon buff et de baisser mes manchettes. J'ai besoin de sentir la fraîcheur qui me fait du bien. La chaleur a été tellement insupportable en journée. Je reste concentré sur ma course, ne fonctionne qu'avec des objectifs de rallier le prochain ravito, cela m'a réussi depuis le départ de la course. Je me retrouve sur des sentiers très escarpés, par moment, j'ai le sentiment d’être sur le B.U.T au rocher du diable ou sur Guerlédan. Je suis très surpris de devoir, par endroit, faire de grosses poussées pour passer des bloques de roches. Avec 138 kms déjà dans les jambes, l'effort est dur mais je m'accroche avec un mental toujours au beau fixe puisque j'ai la certitude que j'aurai mon tee shirt finisher !!

Je suis toujours en mode marche soutenue, cela me convient, je ne serai pas allé plus vite en courant. Les kilomètres défilent, j'arrive au moustoir. Petit ravito de liquide. Je me pose sur un banc et consomme une compote que j'avais pris sur le précédent ravito. Beaucoup de coureurs du 87 kms mais peu du 177kms. Je me demande, même, si je ne suis pas le seul car beaucoup me pose des questions sur la course, je suis au centre du ravito, les regards sont trop facilement tournés vers moi. Je ne me gène pas pour apprécier tout ça!!

Allez, dernière ligne droite, il me reste 25 kms. Un rapide calcul en regardant l'heure, il est 4h ce dimanche matin. En continuant sur le rythme qui est le mien, je peux être sur Vannes entre 6H et 7H du matin.
Je me motive encore et encore en me parlant et en pensant aux sacrifices faits dans ma prépa, en pensant à ma femme à qui j'ai fait supporté 6 mois d'entrainement, agrémenté de S.L démarrée le dimanche matin de très bonne heure. Je pense, aussi, comme toujours dans ce type d'épreuve, à mon père qui doit, de là haut, être fier de son rejeton. Sa place aurait du être à l'arrivée....

La dernière portion de 14kms est longue. Je sens l'arrivée proche mais jamais visible. Enfin le panneau Vannes, ça sent la fin mais je n'ai aucun repère de kilomètre car mon Garmin a rendu l’âme depuis samedi fin d'après-midi. Nous retrouvons une portion de route à l'entrée, passage, d'ailleurs du semi de Vannes. Je sais que le stade de la Rabine n'est pas loin à vol d'oiseau, ça me rassure mais pas bien longtemps car je repars vers l’extérieur de la ville pour retrouver les sentiers côtiers aménagés. Petit coup de bambou derrière la tète mais rien de grave qui me fera mettre le clignotant. Je finis par lâcher un groupe de coureurs du 87 kms qui me tenait compagnie depuis 8kms. Ma marche active a finit par les user. J'apprécie en toute modestie mais voilà encore un moment qui me booste !!

Ces 6 derniers kilos n'en finissent pas, ça tournicote tout le temps. Je crois, au bout de la petite ligne droite, trouver la porte d'entrée vers l'arrivée....mais non, ça zigzag encore. Nous arrivons sur le site d'Arradon Moréac, je ne suis plus qu'à 4 kms de l'arrivée. Je sors d'un chemin, pense que je n'ai plus qu'à tourner à gauche pour revenir vers Vannes, voyant, en plus, des coureurs dans cette direction, et on me signale de filer à droite faire un petit détour d'un bon kilomètre sur un îlot avant de revenir là ou je pensais tourner à gauche. Imaginez : il n'y a que la chaussée qui sépare les coureurs montants et descendants. Je vous laisse deviner ceux qui font la tronche?!

Passer ce moment de lassitude passagère, je retrouve l'envie d'en finir et elle est proche. Il est 6H du matin, quelques marcheurs et joggeurs du dimanche pointent leur nez sur le chemin. Ils ne sont pas avares d'encouragements : bravo, courage c'est la fin.... Enfin, je découvre le port et le parking situé au abord de la ligne de départ/arrivée. Il ne me reste plus qu'un bon kilomètre à faire et en ligne droite. Les gens sont assis sur les bancs pour nous féliciter, exprimer tout le respect qu'ils ont pour ce que j'ai accompli, pour ce que les coureurs du 177 kms ont fait. C'est toujours aussi bon. Je ne suis plus qu'à 200m de l'arrivée, les photographes rentrent en action. Plus que 100 m, je me mets à courir, la partie est gagnée. Je passe la ligne d'arrivée le doigt et le regard pointés vers le ciel, pour associer mon père à cet objectif atteint. Il est 7H du matin. J'aurai parcouru les 177 kms en 36H.

Je viens à la rencontre du speaker officiel qui a annoncé mon arrivée en direct. Nous nous tapons dans les mains. Je suis heureux, j'ai mon Graal!!!!! j'ai mon tee-shirt finisher sur lequel est écrit " j'ai vaincu les 177kms ".

Passé ce moment magnifique que je prends le temps de savourer, je me dirige vers le ravito ou je m'enfile une bonne assiette de riz au lait et du thé. Ce sera, ensuite, une bonne douche réparatrice puis une petite sieste d'une heure. Je retrouve ma femme en fin de matinée, venue de Rennes en train, pour me ramener. Je ne peux retenir le trop plein de pression et me mets à pleurer dans ses bras.


C’ÉTAIT BON, C’ÉTAIT FORT................Je continue ma route dans l'ultra.......2014 ce sera l'UTMB

Quelques souvenirs de la course !

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