Récit d'Olivier G.

L’UTB L’ultra tour du Beaufortain 103KM ET +6200M

Quel trail !! Des vues à couper le souffle, du dénivelé, de la neige, de la boue pour durcir la course et des chemins ultra techniques.

Voilà l’alchimie de l’UTB cette année. Revenons un peu sur la course :

Après une nuit très courte et des orages en soirée, on se réveille avec Yvan à 2h45 pour affiner les derniers préparatifs et on s’aligne sur le départ à 300m du camping : 4H du mat et c’est parti pour les 420 traileurs. Une première côte vers le col de la Roche Pourrie et un +1500m sur 9km pour débuter. 

L’allure est très soutenue à travers les alpages et les terres très sauvages du début de course. La montée est bien raide et je passe rapidement vers la 80ème position .Yvan me double mais je préfère assurer car je vois tout de suite que la course va être longue et pénible pour les organismes. A noter que pour une fois avant un trail de montagne , les jambes sont là, pas de blessures ni de douleurs : tous les signaux sont au vert .
La descente qui suit m’isole complètement des autres compétiteurs et au bout de 3h c’est le 1er ravito (17.5km) puis on passe sur la passerelle suspendue du lac de Guerin : Magnifique ! et déjà 30mn de perdu par rapport au planning prévu.

Je profite de la montée du cornet d’Arêches pour bien m’alimenter avant les grosses difficultés. Je passe Yvan juste avant le 2eme ravito et je file vers le col du Coin avec ce passage mémorable dans la neige , à flan de montagne sous la fameuse et imposante Pierra Monta. C’est mythique, grandiose mais les difficultés sont énormes !! Le terrain est très minéral avec des descentes équipées de mains courantes et le must : la brèche de Parozan , une descente vertigineuse, longue sous un immense pierrier et une vue sur le lac de Roseland. La beauté du site fait oublier la souffrance et il reste encore 54km à faire. J’arrive au 4eme ravito et déjà 1h30 de retard sur l’heure prévu ou les familles nous attendent pour le ravitaillement et là je comprends l’importance de ce soutien moral.

Mon 1ER COUP de barre va arriver dans la montée des crêtes de gites puis le bonhomme : grosse chaleur plus de cours d’eau pour m’arroser et déjà 10 heures de course ; l’écœurement du sucré va commencer .Je me refais un peu dans la descente vertigineuse du chemin du curé ; un chemin taillé dans la falaise au bord des gorges. La montée vers le col du mont Joly est longue et je remonte des places avec des abandons en pagaille !! ensuite le temps va complètement changé ; l’orage gronde et je repars sous des trombes d’eau « limite sécurité »les cours d’eau débordent et l’éclair est juste au dessus de moi .Les chemins sont moins difficiles avec des tape- culs très raides sur les sentiers d’alpages . 

La souffrance est grande avant d’arriver aux Saisies (2eme coup de barre), des ampoules , plus de sucré et l’eau devient compliquée (et déjà 15h de course). Dernier ravito avec la famille et la nuit arrive à grand pas. Il reste 15km à faire une montée de piste de ski sur 2km puis la descente de 13km sur Queige -1500M avec des lacets hyper serrés, très techniques en forêt de sapins avec des pierres et des racines pour la compliquer ; tout ça avec des balises à chercher et « 2h30 pour ces derniers 15km !! »; très dur moralement cette descente avec la frontale !!! mais la vue de mon fils à 1.5km me ravit et je le suis pour finir sous l’arche d’arrivée en 42eme position et 18h57.

L’UTB du costaud un ultra qui reste technique sur les premiers 70km ; un temps magnifique sur les ¾ avec des paysages superbes. L’organisation était top avec des ravitos et des bénévoles en nombre (un bonnet et 2 tee-shirts à l’arrivée,  2 repas pour un engagement très abordable).

Super content d’être finisher, j’ai puisé dans le mental pour finir ce trail. Les descentes se sont globalement bien passées mais j’ai surtout fait de belles montées avec l’utilisation de mes bâtons « indispensable sur ce type de trail » ; mes longues sorties avec ceux-ci m’ont bien servi et je les ai gardés toute la course comme on m’avait annoncé .

La gestion de l’eau , de la nourriture, de la chaleur a été correcte sauf les 4 dernières heures mais bon ça doit être normal !!! j’avais des jambes et j’avais fait du jus depuis 3 semaines pour affronter l’UTB et heureusement !!

ET pour finir le suivi familial, un plus pour finir ce type de trail , un bel échange avec la famille d’Yvan lors du trail et le repas du dimanche midi.

Après coup, j’étais un peu déçu du temps car 2h de plus sur mon temps prévu avec au final un temps de 18h57 et 42eme place mais la montagne, le gros dénivelé ±6200m , la technicité du parcours ont rallongé mon temps de parcours .J’ai surtout perdu du temps sur les portions roulantes autour du Mont Joly où je n’ai pas pu courir à bloc comme je pensais. En tout cas, c’était vraiment du costaud d’après tous les arrivants ;des abandons mais aussi beaucoup d’hors délais ont provoqué plus de 55% d’abandons et j’ai finalement bien géré la longueur sur mon 1er ultra en montagne ; une région très sympa , sauvage , rustique mais idéal pour le trail

« QUE LA MONTAGNE EST BELLE « 

olive

Vos messages :

Fred a dit il y a plus d'un an
Belle entrée en la matière. Sur le long, les grains de sables peuvent devenir des dunes. Tu as su être prudent, ne pas t'affoler. Accepter de ne plus être da...

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