Compte-rendu du 57 km par Jean-Paul

En 2011, c’était ma 1ère expérience sur le long, bilan des crampes au bout de 40 km et le sentiment de n’avoir pas profiter pleinement de l’évènement. Je décide d’y retourner, avec une plus grande expérience. Je retrouve Gilles dans la navette qui part de la pointe St-Mathieu, (lieu d’arrivée), pour nous emmener au départ le vélodrome de Plouzané, le départ est prévu à 8 h 30, donc un peu d’attente, cinq minutes avant le départ briefing, attention il va faire chaud attention à l’hydratation. 

Enfin le départ, je décide de partir sur un bon rythme tant qu’il fait frais, Gilles lui est parti plus prudemment, les 8 premiers km sont avalés à 12 km/heure, le sentier côtier approche, le soleil commence à prendre de la force, il n’y a pas d’air malgré la proximité de la mer, les premiers coup de cul commencent, pas vraiment difficiles mais répétitifs, tu montes, tu descends, tout le temps : peu de repos, je réduis l’allure, premier ravito 15 km, je fais le plein de boisson énergétique, un peu d’eau dans la 2ème gourde, j’avale 3 TUC, en remontant un raidillon en marchant, les passages sur les zones bitumées sont asphyxiantes, j’utilise l’eau de ma gourde pour me rafraîchir, boire aujourd’hui est un leitmotiv, ancré dans ma tête, au 25 km ravito complet, fromage à gogo, je refais le plein d’eau, tous les traileurs s’aspergent.

En route vers la pointe St-Mathieu 37e km, ou bon nombre de traileurs vont bâcher, le toboggan continue, je deviens plus raisonnable en vue des conditions, la marche s’impose dans les bosses courtes ou longues, les escaliers nombreux dans cette partie, les ravitaillements sauvages sont les bienvenus, jet d’eau, ou bouteilles tout est bon. Au ravito, ma fille m’attend pour faire les photos, je suis dans les temps – de 4 h, je prends mon temps, le plein des 2 gourdes, encore du fromage, quelques abricots, la casquette et le buff dans la bassine d’eau et je repars sur la partie la moins intéressante de ce trail.  Arrivés au Conquet, nous traversons à marée basse, un petit bras de mer, il reste 30 à 40 cm d’eau, je m’arrête au milieu pour me rafraîchir les mollets et les cuisses, arrivé de l’autre côté, les souvenirs d’il y a 2 ans me reviennent, j’avais craqué les deux jambes pleines de crampes, les coureurs du duo commencent à nous doubler, ne pas les suivre ils n’ont que 20 km à faire, direction le km 45 et le dernier ravito en eau, traversée de la plage ou les vacanciers lézardent au soleil. 

Dernier ravito liquide, le même rituel, le plein des gourdes puis rafraîchissement du bonhomme, le tour de la presqu’ïle est fait au ralenti, belle vue sur Ouessant, au passage devant le ravito, je décide de refaire le plein car j’ai déjà vidé mon bidon d’eau, il reste 8 km, les organisateurs profitent de la marée basse pour nous envoyer sur la plage et les rochers, afin de rejoindre le pont pour retourner sur le continent, il faut grimper un bloc rocheux de 2 ou 3 m pour se retrouver sur la route, une poussée un peu forte, petite alerte dans le mollet, la crampe n’est pas loin, je m’étire un peu puis repart en gérant au mieux cette alerte, en sortant du Conquet, j’aperçois enfin le célèbre phare de St-Mathieu, je finis tranquillement en marchant dans les côtes, quelques criques et km plus tard j’arrive enfin au mémorial, ma fille est là, elle crie « tu pulvérises ton temps » au fond de moi, il y a longtemps que je le sais, les 400 dernier m sont du bonheur, les dernières marches sont faites en marchant malgré les encouragements des spectateurs. L’entrée dans l’abbaye avec des crampes de plus en plus présentes, la ligne est enfin franchie, les jambes sont dures car les crampes sont là.

Bilan, grosse satisfaction, 1 h 30 de mieux que la précédente édition, l’entrainement, l’expérience et les précieux conseils de tous ont payés.

Course toujours aussi magnifique, quelle beauté tous ces paysages, organisation nickel, bénévoles sous le soleil, c’est mieux que sous la pluie, très sympa. Parcours difficile, les bosses ne sont pas grosses mais reviennent souvent, tu crois que tu peux courir tout le temps, le piège est là, finalement ça use énormément.


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