Compte-rendu du trail des Roches à St Dié ( 73 km et 3500 m de D+ ) par Ronan

J'ai décidé de courir le trail des Roches à Saint Dié dans les Vosges, pas très connu à l'échelle nationale mais réputé comme l'un des plus difficiles de l'est de la France. C'est une édition anniversaire : 10 ans et pour l'occasion, les organisateurs ont tracé un nouveau format en mode ultra : 73 km et 3500 m de d+. 

J'ai vécu 8 ans dans les Vosges et j'y ai noué de fortes amitiés, c'est avec grand plaisir donc que je retrouve ma patrie d'adoption et mes amis "Tambois". 
Le lever va être rude : 1 h du matin, petit déj et départ pour St Dié, après la prise de dossard la météo est maussade et froide, je décide de ne pas trop m'habiller. L'objectif est clair, terminer et engranger de l'expérience, battre mon "record" de km. 

A 3h30 le départ est donné, un peloton d'environ 200 traileurs parcourent les rues de St Dié ... sous les fumées terribles des fumigènes...ça pue, c'est horrible, ils ont du confondre avec les feux de Bengale...on chambre, ça rigole !! 

Bon on va être très vite dans le vif du sujet, la première montée est très très longue, je pars lentement, la boucle de nuit a été annoncée difficile, elle fait 30 km et 1700 m de d+. Au bout de 8 km interminables, le peloton est encore groupé et beaucoup de coureurs marchent à la moindre occasion, même en descente. Je commence à avoir froid, je regarde mon cardio : 98 pulsations...ou la la, il faut accélérer un peu. Je laisse donc mon ami Régis et je me fais une première descente un peu plus rapide, je mets ma frontale en mode 200 lumens et très vite il n'y a plus personne autour, bon le corps se réchauffe et les pulsations remontent. 
Le crachin va se transformer pendant quelques minutes en neige, on aura tout vu !! 

Je vais faire environ 10 km de nuit, seul, perdu dans la forêt vosgienne, à alterner montée plus ou moins technique et descente piégeuse. Le profil est exigeant et cassant. Le froid m'oblige à changer d'alimentation, difficile de manger du solide, je me contente donc de boire ma boisson perso et je complète avec quelques pâtes de fruit et de sporténine. Bonne idée. 

Je gère parfaitement mon cardio qui ne monte jamais vraiment, il est très stable, dès que je commence à avoir froid, j'accélère un peu. 
Je retourne sur St Dié et passe me changer, me ravitailler d'une bonne soupe et discuter avec mon ami Joël qui vient d'en terminer car il faisait ce trail en relais. 

Je repars fatigué, un peu usé musculairement, sur le fil au niveau de l'alimentation, mais je gère. 

La deuxième partie, je l'ai déjà courue une fois donc cela me rassure un peu... enfin cela me fait peur aussi !! Après un passage tranquille dans les rues de St Dié, on se tape une montée très sèche puis une belle descente technique en single. Après cela va être très très long et surtout très très dur : peu de moment calme, beaucoup de technique : de fortes montées, des descentes très sèches et dures ( dans les roches, avec des cordes, avec de la boue ). 

Mes muscles des jambes commencent sérieusement à siffler : entre le froid, le dénivelé et les chemins très techniques toute en relance, je souffre sérieusement et je ralentis donc un peu la cadence ( même si je suis déjà lent !! ). Tout va relativement bien se passer jusqu'au 55è, on, passe dans une rivière ultra froide, je revois Régis qui a abandonné au 30è, Véro et Joël, ils me motivent, je suis encore bien lucide. 
Après ce passage réconfortant, cela va être encore plus dur, l'hypo que j'ai réussie à gérer me percute de plein fouet, mais là encore je vais bénéficier de mon expérience en la matière, je ne peux plus avaler donc je continue à boire et à manger uniquement le sucre des pâtes de fruit. Cela me permet de garder toute ma lucidité, et je sais que je vais terminer, dans la douleur mais je vais terminer. 

Au dernier ravito il reste 11 km, dont une terrible montée pendant de nombreux km où l'on finit à 4 pattes dans les roches à grimper comme on peut, là je sers clairement les dents. 
Ensuite il reste 1 ou 2 km de bosses puis une grande descente, malgré mes douleurs musculaires je tiens un rythme intéressant mais cela devient très dur, c'est INTERMINABLE, les lacets se succèdent sans fin. 

Enfin, j'arrive sur le bitume, il reste donc 2 km que je cours presque intégralement ( saloperie de passerelle !! ), je vois enfin l'arche, je passe taper dans la main de Régis et Véro, un  grand sourire aux lèvres. 11 h 28 et un trail vraiment très dur, pas un profil de montagne, mais un vrai profil en dents de scie, toujours en relance, beaucoup de courtes montées très sèches et des descentes piégeuses. 

Bilan : 

-Le chrono n'était pas du tout important, 10 h; 11h30 ou 13 h, c'est pareil, donc aucune déception ou satisfaction de ce point de vue. 
-Je n'ai JAMAIS pensé abandonner, ni au 30è, ni aux ravitos, j'ai donc clairement progressé d'un point de vue mental et c'est très positif. ( une 50 aine d'abandons quand même ). 
-Je suis toujours resté sur un fil au niveau alimentation à cause du froid mais là encore j'ai parfaitement géré la situation pour rester lucide jusqu'au bout, j'étais usé et fatigué à l'arrivée mais pas trop mal par rapport à d'autres courses. 
-Balisage de très grande qualité tout au long du parcours et sur 73 km. 
-Pour 40 euros on s'en tire avec un T shirt 1er prix décath. rempli de pub et très moche ( le même que les coureurs du ... 19 km !!! ), OK il y a un repas mais pour l'édition 10, ils auraient pu faire un effort et prévoir un petit truc pour les finishers, j'ai tellement souffert que cela m'aurait plaisir, d'habitude j'y attache peu d'importance, mais là, c'est bizarre mais cela m'a déçu. 
-Enfin le plus important : retrouver de belles personnes, des gens biens qui me manquent beaucoup. Un super week-end. 

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