Compte-rendu de Stéphane sur le 63 km du Bretagne Ultra trail

Dans le cadre de ma préparation de l'ultra marin, j'abordai une nouvelle étape avec ce Bretagne Ultra Trail version 63 kms & 1500D+. Aprés le Glazig et les trois chapelles, j'allongeais la distance dans le cadre d'une course. C'était, aussi, l'occasion de retrouver du plaisir pendant une épreuve car je restais sur ma faim après la petite désillusion de Bain Sur Oust.

Samedi matin, je prends la route, en mini bus, en compagnie d'amis traileurs, nous récupérons Gilles à Plélan le Grand. Notre chauffeur, qui n'est autre que Thierry Dehais, bien connu dans le monde de l'ultra, vainqueur en 2012 des 24h de Rennes, en autre, nous amènera directement à Plouay. Une heure de sommeil en plus sera bien appréciée par tous.

Nous arrivons 1h avant le départ, ce qui nous permet de nous préparer tranquillement, sans stress inutile. Il n'y a pas trop de monde à récupérer son dossard, l'organisation est bien huilée, les explications des bénévoles sont précises, ce qui facilite la gestion des arrivées et sorties de la salle. Je retrouve Steph Nicoli qui est arrivé avec la navette. Nous taillons un peu la bavette avant de nous séparer provisoirement le temps d'aller se changer.

Question météo, tout baigne. Le soleil est au rendez-vous mais le fond de l'air est vraiment froid. Avec mes amis traileurs, nous nous demandons s'il faut mettre une sous couche. Thierry Dehais nous mettra tous d'accord : vous partez en tee-shirt et manchettes si vous en avez, vous allez rapidement monter en T°. Je décide, par mesure de précaution si cela ne va pas bien, de mettre dans mon sac à dos ma première couche en plus de mon Kway.

L'ensemble des traileurs se regroupent sur le parking, proche du départ, pour écouter les instructions. J'avoue n'avoir rien écouté, trop occuper à causer avec les TCMB Olivier et Raynald mais aussi content de pouvoir, enfin, faire une course avec eux. Ils sont venus avec leur journaliste Marie-Chantal (la dame en bleue) qui va assurer le reportage tout au long du parcours. Le départ ne va pas tarder, nous faisons une photo avec Olivier, Raynald, Gilles et Steph Nicoli. Pendant ce temps, le premier du 115km vient de passer.

Notre tour arrive enfin. Comme prévu, je décide de me mettre en mode sortie longue, recherche de plaisir, vitesse max 9km/h, application du protocole Cyrano 9mn / 1mn. Dés les premiers kilomètres, je me fais doubler, je vois partir Gilles, Olivier, Raynald et Stéphane. Un peu surpris en ce qui concerne les trois premiers car ils m'avaient annoncé se la jouer cool. Tu parles.....Nous en reparlerons dans quelques kms. Pour Stéphane, une soirée anniversaire l'attend, il ne veut pas laisser sa part de gâteau et sa coupe de champagne. Je ne le reverrai plus.

Très rapidement, nous quittons la route pour nous enfoncer dans les bois, les premiers kilomètres se déroulent nickel, je déroule, je sens que cela va bien se passer, le plaisir est au rendez-vous en ce début de course. Les paysages sont superbes et variés. De petites montées se succèdent à des traversées de ruisseau. Passage du Scorff puis L'Ellé. C'est un enchaînement qui me va bien. Tout le monde prend plaisir!!
Nous atteignons le 20e km, nous longeons une rivière et l'un des sites superbes de la course : Les Roches Du Diable. Premier ravitaillement uniquement liquide au sommet d'une grosse cote bien pentue ou chacun marche. Il n'y aura qu'un seul ravito solide situé à Quimperlé au 43eme kms. La gestion alimentaire devra être faite de façon intelligente. Je ne suis pas inquiet car je me suis organisé en conséquence et me suis mis, là aussi, en mode ultra marin pour le protocole alimentaire. J'ai prévu de ne pas m’arrêter à ce ravitaillement comme à chaque ravito liquide sauf pour refaire le plein si besoin. Je retrouve Raynald et Marie-Chantal qui est en plein reportage. Elle me fait remarquer que Raynald n'est pas au mieux, qu'Olivier est devant ainsi que Gilles. Raynald paie son départ trop rapide. Quelques secondes d’arrêt pour la pose photo et je repars. Mes sensations sont toujours aussi bonnes, je suis content mais ne m'enflamme pas car il y a encore 43 kms à avaler.

Ma gestion de l'effort est d'autant parfaite que je remonte et double certains coureurs partis vite ou m'ayant doublé sur les premiers kms. Je suis, ainsi, rassuré, une nouvelle fois sur la préparation mise en place par coach J.P et que j’applique à la lettre. Je me transporte, de temps en temps, par l'esprit sur ce bel objectif de juin. Ce plaisir est augmenté par les conditions de course fort agréables grâce aux magnifiques paysages traversés : très peu de route, souvent des chemins forestiers en sous bois ou le long d'un halage. Je suis si bien dans ma course qu'il m'est arrivé, par trois fois, de me planter de direction, faisant, ainsi, quelques bons mètres supplémentaires.

Nous passons le 30e km et son ravito. Je maintiens l'option de ne pas m’arrêter. J'ai encore suffisamment dans le sac. Physiquement, tout baigne. Par contre, adieu l'application du protocole Cyrano car le dénivelé s'est imposé à moi. De la mono trace bien accidentée. De belles portions de cote, me rappelant Guerlédan, sont présentes. Je les ferais toutes en marchant. Le D+ est même parfois bien imposant, à couper un peu le souffle. Les quadris travaillent surtout dans les descentes. Je retrouve Olivier lors d'un passage en sous bois. Il me confirme le départ trop rapide de Raynald mais aussi le sien. Je l'invite à s'accrocher à ma foulée mais ça n'accroche pas. Je poursuis ma route avec la même sensation, dans les mêmes dispositions qui sont les miennes depuis le départ.

Au détour d'un chemin montant, j'ai le plaisir de croiser Christophe Malardé. Un petit salut réciproque et chacun poursuit son chemin. Une brève rencontre mais un beau souvenir.

Du coté de Rueno, une deuxième rencontre mais là ça galère dur : Denis Caillibot est en train de bâcher. Je reste quelques minutes avec lui pour essayer de le relancer, lui proposant de faire quelques bornes avec lui mais rien, il me dit n'avoir besoin que d'une nouvelle paire de jambes !! J'apprendrai son abandon, à Quimperlé, en arrivant au Pouldu. J'en étais qu'au 37e kms quand lui avait déjà 93 bornes au compteur.

Quimperlé est tout proche. Nous traversons quelques quartiers anciens et je retrouve le ravito solide ou du monde nous y attend. Je suis surpris de voir Gérard Racinne, engagé sur le 63 et annoncer parmi les favoris, en survêtement. Cela sent l'abandon aussi comme pour certains que je vois autour de moi rendre leur puce et dossard. Je me souviens de ce que Thierry Dehais nous avait dit avant le départ: ne pas s’arrêter trop longtemps à Quimperlé car c'est là qu'il y a le plus d'abandons. J'y resterai 10 mn, le temps de manger un peu de fromage et saucisson, boire du coca et prendre la pose photo pour Marie-Chantal.

Il me reste encore 20 kms à faire. Nous allons longer jusqu'au Pouldu, lieu de l'arrivée, la Laita à travers la foret de Toulfoen. Cette partie est plus roulante ce qui me permet, enfin, d'appliquer la Cyrano. Je cours à 8.5 km/h et marche à 5 km/h. Les cuisses ont un peu morflé avec les précédentes cotes mais cela m'a bien servi en guise de PPG et en prévision de Guerlédan. Les paysages sont toujours aussi beaux. Nous arrivons sur une grosse montée appelée "les 110 marches". C'est le coup de grâce pour mes cuisses mais le dernier ravito m'attend après. J'y retrouve Gilles pour la première fois depuis le départ. Il a du ralentir suite à une ampoule. Nous prenons quelques minutes pour picoler de l'eau, Gilles repart pendant que je taille la causette avec la reporter du T.C.M.B Marie-chantal.

Allez, c'est le moment de repartir rejoindre l'estuaire, direction l'arrivée. Il reste encore 7 kms. Je suis étonné de retrouver des devers plus étroits et plus techniques, une succession de petites bosses usantes à ce stade du parcours. Pour relativiser la difficulté, je n’arrête pas de me dire " c'est une sortie longue, c'est une sortie longue que tu fais et rien d'autre..."
Je suis en compagnie d'un coureur qui semble connaitre cette fin de parcours. Le voyant caler un peu, je lui dit de s’accrocher, là dessus, il me dit " tu vois la maison blanche là-bas, l'arrivée est là". A y regarder de plus prêt à vol d'oiseau traileur, ça fait 1 km. Je jubile, je vais pouvoir souffler, mes cuisses vont pouvoir respirer. Sauf que plus je me rapproche de la maison blanche (pas celle à Washington) moins je vois de monde. Peut-être que l'arrivée est en contre bas, sur la plage. D'ailleurs, on y descend, et prend toi un escalier et une balade sur la plage. Plus le courage de courir dans le sable, d'autant que le vent de face qui vient du large est assez violent et froid. Mon camarade de balade m'a sapé le moral. J'encaisse mal d'autant que mon Garmin annonce 63kms et que l'arrivée n'est toujours pas en vue.

J'aperçois Gilles devant moi qui doit être à une bonne centaine de mètres. J'essaie de revenir sur lui mais la machine a du mal à avancer. Je marche sur la dernière portion de sentier côtier, je vois, enfin, le village du Pouldu. Une nouvelle descente sur la plage, plus que technique, avec un escalier fait de marches spécialement posées pour l’épreuve, pas facile et dangereux. Une remontée sur le centre du village puis dernière surprise avec un nouveau passage dans le sable à 100 m de l'arrivée. Les spectateurs, sur les hauteurs de la digue, ont une vue imprenable sur le passage des coureurs à cet endroit.

La délivrance est au bout. Une dernière montée d'escalier au milieu des gens qui nous encouragent et l'arrivée est là. Je sprinte, comme à mon habitude, pour terminer honorablement. Résultat 8H40 pour 65kms.

J'ai vraiment apprécié ce trail. Tout y était: l'envie, la forme, le plaisir sur la course, le plaisir d’être au milieu des copains, la bonne fatigue, les paysages somptueux, une organisation au top.

Place à la dernière étape de ma préparation avec GUERLEDAN et ses 58 kms / 2500 D+ avant le grand saut vers cet objectif qui me tient vraiment à cœur suite à mon absence en 2012 pour cause de blessure. Je sais que ce sera dure mais j'ai accumulé, jusqu'à présent, des certitudes et une approche très zen sur cet ultra marin, au fil de ce semestre de préparation.

Ce mardi, mes cuisses ont bien récupéré, plus de raideurs même une séance vélo de 2H et 45 bornes est venu clore la journée.


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