Vendredi 6 juillet : l'arrivée au Monastier sur Gazeille

Départ en voiture de bonne heure pour un long voyage direction l'Auvergne. J'arrive au Monastier sur Gazeille par une petite route pittoresque en milieu d'après-midi. Il fait très beau et il n'y a encore presque personne, c'est l'occasion de discuter un peu avec les bénévoles et les premiers concurrents. Je prends mon dossard n°1 et je me repose un peu à l'ombre. 

Les voitures arrivent au compte goutte, c'est amusant de voir des plaques d'immatriculation de toute la France, de Belgique et du Luxembourg !! Nous sommes environ 80 concurrents : 48 individuels, le reste en relais. 

En fin d'après-midi, les participants se regroupent et rejoignent la mairie du Monastier, un petit village très joli. Au son de la cornemuse, nous nous retrouvons dans un magnifique bâtiment où sera donné le briefing de la course pour l'étape du lendemain. Puis viendront un apéritif et une conférence donnée par Karine Herry sur la nutrition. 

Nous retournons ensuite au gymnase pour un repas très convivial, occasion de d'échanger avec des coureurs. Ensuite c'est le premier moment redouté : la nuit en lit de camps dans le gymnase du Monastier. Je prépare minutieusement mes affaires pour le lendemain, rituel qui va se répéter pendant trois jours. Le dossard, la tenue, les boissons, les barres. Le réveil sera très matinal : petit-déjeuner à 4 h !! Je suis à la fois fatigué mais bien entendu aussi un peu stressé. 
Comme beaucoup de participants je ne vais pas pouvoir trouver le sommeil : nuit quasiment blanche ! 
Samedi 7 juillet : Etape n°1, deux courses ( total : 35 km et environ 1 000 M de d+ )
Le Monastier -> Ussel / Ussel -> Langogne

Réveil finalement pas trop difficile, j'ai trop attendu ce moment pour ne pas en profiter au maximum. Le petit-déjeuner se fait une fois de plus dans une bonne ambiance malgré les yeux encore un peu fermés. 
Nous descendons ensuite un bon kilomètre en marchant pour rejoindre le lieu du départ. Le soleil se lève tout juste : ça y est, c'est parti, un beau moment d'émotion au coup de sifflet ! 

La première course de la journée nous amène du Monastier à Ussel, il y a 15 km et un peu plus de 600 m de D+. Je décide bien entendu de gérer, c'est une course à étapes, le cardio va donc guider mes foulées. Les paysages sont magnifiques, on traverse le Velay par le chemin de Stevenson, le GR70. Le soleil donne une lumière vraiment incroyable, c'est très vallonné. Je m'arrête même par moment prendre des photos. 
Le parcours n'est pas trop dur mais on se force tous à marcher dès que ça grimpe pour se préserver. C'est aussi l'occasion de faire des rencontres pendant la course, on discute, on rigole, l'ambiance est vraiment super sympa. L'arrivée à Ussel vient assez vite. On se ravitaille et on prend un mini bus pour rejoindre le lieu du 2è départ : Landos. Il est 8 heures : le départ sera donné à ... 11 h 30 ! L'attente va être très longue, pas facile à gérer du point de vue nutrition-hydratation. Comme les autres coureurs je m'allonge un peu à l'ombre, puis je bénéficie d'un massage. Des petites scénettes de théatres sont joués par des comédiens déguisés en pirate près d'un joli lavoir ( le thème de la journée étant l'ile au trésor, l'oeuvre la plus connue de Stevenson ). 

Enfin, deuxième course de la journée, 20 km, environ 400 m de D+. La fatigue commence à se faire sentir, pas à cause de la première course mais à cause du manque de sommeil. Difficile aussi de trouver un rythme après cette longue pause. Je reprends donc un rythme en suivant mon cardio. Le parcours reste vallonné et assez varié, on traverse le magnifique petit village de Pradelles et on déboule sur Langogne. Je retrouve à cette occasion des coureurs, l'ambiance est vraiment extra, on rigole, on va même se faire la dernière grosse descente au sprint. 

Bilan : je me suis forcé à beaucoup boire et à bien m'alimenter même sur des étapes finalement assez courtes. Les sensations sont bonnes. Je pense avoir géré parfaitement cette première journée. 
Chrono de 3 h 14 / Position : 22 ème

Nous parcourons ensuite les rues de Langogne à la recherche du lieu pour le repas...un vrai jeu de piste. Il fait très beau...et très chaud. A la salle polyvalente nous prenons une collation puis nous rejoignons le gymnase. Douche et sieste bien méritées ! Après un bon goûter, on se retrouve avec des concurrents autour d'un verre en terrasse sous un soleil magnifique : elle est pas belle la vie ???!!!!! 

Le rituel ensuite reprend : repas du soir, briefing...ponctué par une phrase terrible...réveil pour le petit-déjeuner à 3 heures !! 
Dimanche 8 juillet : L'étape redoutée, 62 km et 2100 M de D+
Chasseradès -> Florac

Une fois de plus la nuit a été très courte, 2 heures de sommeil seulement. J'espère ne pas le payer ! 

Pour moi c'est donc LE test. Je n'ai jamais couru une telle distance, il faut y ajouter le dénivelé positif de 2 100 mètres et aussi le dénivelé négatif à prendre en compte pour mes adducteurs fragiles : 2 800 m ! Je table sur une durée de 10 heures de course, un peu à l'inconnu. 

L'ambiance au petit déjeuner est un peu moins détendue, on redoute tous cette course. Un car nous transporte à Chasseradès dans la nuit. Encore une fois regroupement dans une petite salle, il y a du brouillard, il ne fait pas très chaud, la visibilité est réduite : mais l'organisateur a confiance et ne change pas le parcours. Je suis rassuré, je voulais à tout prix passer par le Mont Lozère. 

C'est parti ! Longue descente puis longue première longue montée, la mise en route est difficile dans les 2 premiers km, je ressens un peu la fatigue de la veille. Mais je prends donc le dessus et décide d'en profiter un maximum. Cette journée est très importante pour moi. Au bout de quelques kilomètres je retrouve deux coureurs avec qui j'ai couru une bonne partie de l'épreuve de la veille, on fait plus ample connaissance : et là franchement je vais faire deux magnifiques rencontres : Jean-Marie et Julien. On discute donc ( vous me connaissez...et je crois avoir trouvé mon alter ego, Jean-Marie étant au moins aussi bavard que moi !! Si si c'est possible !!!! ) et on rigole pas mal. Le temps est humide et gris, mais ce n'est pas plus mal. On gère le rythme, la course va être longue. 

Le passage au Mont Lozère est magique, on est en plein brouillard, on se concentre pour bien voir le balisage mais à trois c'est plus facile. On maintient l'allure. Je fais très attention à bien suivre mon protocole, je suis exactement à 500 ml par heure, parfait, aucun soucis pendant la première partie de la course. 

Longue descente ensuite vers le Pont de Montvert, c'est technique et ludique, le GR70 est une fois de plus très varié et magnifique. J'adore. On descend très bien, le ravito au Pont de Montvert du km37 est un moment incroyable : beaucoup de monde étonné de nous voir débouler. Je suis super lucide à ce stade de la course, aucune baisse de régime, on rigole bien et notre groupe de trois est de plus en plus soudé. 

On repart donc avec le sourire, gonflés à bloc, sûrs de notre état de forme. Deuxième belle ascension de la journée, on reprend quelques coureurs un peu marqués, le rythme est assez rapide. Tout va bien. On arrive donc au dernier point haut de la journée, le final descend. Les quadris commencent un peu à tirer, mais là je comprends au fond de moi que je vais terminer. Le passage dans les sous-bois avec la chaleur est un peu monotone, mais la dernière descente technique vers Florac est intéressante, on descend une fois de plus très vite. 

Bilan : 8 h 15 seulement ( j'avais prévu 10 h - 10 h 30 ! ). Je suis vraiment bien, j'ai pris du plaisir pendant toute la course, pour la première fois je n'ai pas eu de passage à vide, aucune hypoglycémie, pas de déshydratation. Je suis vraiment super heureux. Mon protocole a donc parfaitement fonctionné. L'entente avec mes compères du jour a été totale, un pur moment de bonheur. 
Chrono : 8 h 15 / Position du jour : 26è / Classement sur les deux jours : 25ème

Je rejoins donc la salle des fêtes de Florac sur un petit nuage, un peu éprouvé, fatigué, les muscles endoloris par la répétition des descentes mais c'est tellement bon !!! Douche, massage bienfaiteur, collation ( et oui...je peux manger !! ) et sieste. 

Le repas du soir est super convivial, on est tous contents d'avoir passé cette journée. Le classement est aussi une bonne surprise, je suis pile en milieu de tableau, 25ème. Les concurrents sont tellement expérimentés que je pensais être beaucoup plus loin, je mange en face du 24 è au classement qui est seulement à 1 seconde devant moi ! Incroyable après avoir parcouru 87 bornes en deux jours ! Inutile de préciser qu'on se chambre à mort pour la dernière épreuve. Le défi est lancé !! 
Lundi 9 juillet : la dernière étape ( 37 km et 1 000 m de D+ )
Cassagnas -> St Jean du Gard

La nuit a été meilleure, mais les jambes sont endolories. Après le petit-déjeuner, on prend le car direction la gare de Cassagnas. L'ambiance est bonne, c'est la dernière ! Il va falloir gérer la chaleur et le profil, deux belles ascensions et encore une fois beaucoup de dénivelé négatif. 

Le départ est marqué par la première ascension, c'est mieux pour échauffer les muscles. Bon franchement tout le monde a un peu mal mais ça va. J'ai bien en tête mon protocole alimentaire pour faire face à la température élevée. Je suis concentré pour ne pas tout gâcher. Les premières descentes s'avèrent difficiles pour tout le monde, les démarches sont lourdes, les quadris sont douloureux. Je reste avec mes deux collègues de la veille, on ne change pas une équipe qui gagne. Mais le groupe est étoffé et on va courir la première partie de l'étape à 8 ! Soit un quart des concurrents ensemble. Super ambiance et rythme soutenu à un peu plus de 9 km / heure. On relance bien après chaque montée, on descend bien. Je gère parfaitement mon hydratation, je sais à ce moment là que je vais être finisher. Je suis surpris de mon état de forme. Le groupe éclate entre le premier ravito ( St germain de Calberte ) et le point d'eau à St Etienne Vallée française. Notre ami Julien prend le large. Jean-Marie s'accroche et gère. 

Dernière ascension du grand trail Stevenson, le difficile et très long col de St Pierre sous la chaleur. Je pars devant sur un rythme soutenu, on rattrape des grappes de coureurs qu'on dépose, et je dépasse Jérome à une seconde devant moi, évidemment ça chambre un peu...et ça motive. Je relance encore, tout va vraiment super bien. On reprend Julien et on monte à une très belle allure. Une fois au sommet, je bascule avec Julien et je comprends qu'il ne reste donc qu'une seule longue descente technique. Je lâche donc tout, j'adore descendre, je vais faire l'équilibriste, à fond malgré les roches, les pierres. Je suis super rapide et je dépasse encore quelques coureurs, je fais le trou assez vite. Je vis un moment magique. Il fait très chaud, après la descente il reste encore 4 km, deux très moches sur le bitume, je prends le temps de m'asperger d'eau, les deux autres sont plus ludiques et longe la rivière. Je garde un bon rythme et... je vois le pont de St Jean du Gard, je termine très ému cette fabuleuse aventure. 

Chrono : 3 h 58 / Position de la course du jour : 18 è / Classement général total des 2 courses : 21ème
Bilan : 

-Le GR70 est magnifique ! Le chemin de Stevenson est très varié, les paysages traversés sont splendides, le dépaysement est total. La traversée successive du Velay, du Gévaudan et des Cévennes rend le parcours vraiment intéressant, on ne s'ennuie jamais, la nature, les lumières, le relief, le sol : tout est changeant. 

-Le GTS a été super convivial : j'ai fait de superbe rencontres, l'ambiance a été extraordinaire, je ne peux pas citer tout le monde par peur d'en oublier mais c'était vraiment génial. ( enfin une pensée particulière quand même pour mes deux compères de course sur la quasi totalité du parcours : Jean-Marie et Julien, mais aussi Jérome, Stéphane, les Poitevins, les amis belges, Marie-Pierre, Fabrice...et tous les autres !! ). 

-Les bénévoles ont été aussi fabuleux, elles ont assuré du premier jour jusqu'au dernier jour ! Dès le petit-déjeuner elles avaient le sourire et nous ont encouragés tout au long de notre périple. Un grand merci aussi aux masseurs venus de Normandie : ils ont assuré !! 

-Le balisage a été aussi au top, c'est aussi une vraie performance sur 134 km ! 

-D'un point de vue personnel je suis hyper satisfait, j'ai géré pour la première fois du début à la fin, sans coup de moins bien. Un vrai sentiment d'aboutissement d'une très longue démarche personnelle qui m'a amené à utilisé des produits 100 % maison : tout a fonctionné, de la crème pris au petit déjeuner à la boisson de l'effort et aux barres sucrées et salées, sous oublier la sporténine.  Pas un coup de mou, pas un problème après la course. Le rêve ( qui me paraissait inaccessible ). 

-Première organisation dit aussi forcément quelques petites choses à revoir : le prix tout d'abord trop élevé, pas trop d'infos sur les classements, et e nfin les deux choses les plus importantes : les lieux d'arrivée trop confidentiels, en entrée de village certes pour la sécurité mais c'est passé totalement inaperçu. Une arche, des encouragements, un peu de monde aurait donné un petit supplément d'émotion à la fin des étapes ( surtout à Florac et St jean du Gard ). Il manquait aussi un souvenir "finisher", n'importe quoi, une petite veste polaire, une médaille, un t shirt technique...un truc qu'on aime arborer en souvenir ( et qui accessoirement peut aussi faire un peu de pub à la course : y'avait qu'à voir tous les soirs au repas tous les vêtements portés par les participants !!! ). 

Je ne veux pas terminer sur ces quelques erreurs de jeunesse, franchement c'était une aventure magique et inoubliable. J'encourage tout le monde à vivre ce défi en 2013 ! 

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