La Saintélyon ( 69 KM / 1300 m D+ )

L’apocalypse selon Saintélyon. 05 décembre 2010

Pour clôturer cette année de trail, j’avais décidé de participer à la plus ancienne des épreuves d’ultra en France : La SaintéLyon.

Pas tout à fait un trail, pas complètement une course sur route puisque les 69km se composent en partie de 50% de chemin, sentiers, pour un dénivelé + de 1300 et dénivelé – de 1700. Un parcours mythique via les crêtes des monts du lyonnais. elle se déroule de nuit avec un départ de Saint Etienne à 0h et une arrivée à Lyon à…..je ne savais pas quelle heure !!!!!

Après une bonne préparation de deux mois établie par le coach du team BA 35 Jean-Paul, que je remercie au passage, le trail du château de Boeuvres et de Plaintel comme mise en condition, me voilà fin prêt.
Seule inconnue pour cet ultra : ma première course de nuit, ou comment choisir de passer la nuit à la belle étoile! sauf qu’un autre événement majeur allait venir amplifier tout ça : la météo. En effet, la neige, le froid, le verglas, le vent allaient s’inviter à la fête nocturne dés quelques 6000 coureurs venus en découdre avec la SaintéLyon.

Samedi 04 décembre, direction gare de Rennes pour un départ sur Lyon ou j’arrivais en début d’après-midi. Un train pour m’acheminer à Saint Etienne ou je retrouves, en fin d’après-midi, les premiers traileurs au parc expo ou sera donner le départ quelques heures plus tard.
Question météo : s’il ne neige plus, on peut voir que cela est bien tombé. Un avant goût de ce qui nous attend. La température annoncée, au départ, –7°.
Récupération du dossard, aussitôt arriver, afin d’éviter l’embouteillage qui se confirmera dés 20h (à 1h du départ, certains faisaient encore la queue). Une balade autour des stands partenaires et il me restait à trouver un mètre carré pour me reposer, enfin, disons plutôt un centimètre carré.
19h, direction la pasta-party- on a vu mieux comme pasta-party- d’accord, les pattes étaient bonnes mais il a fallu ruser pour en redemander une barquette ; quand au dessert, quelques madeleines !! Allez, de quoi te plains-tu, tu n’attendais quand même pas que Paul Boccus te serve une de ses spécialités locales. Ce soir, c’est repas sauce traileur dans un minimum de confort.

Retour sur mon Cm3 pour un moment de détente sans espérer fermer l’œil car entre les annonces du speaker, la musique et l’ambiance crée par la masse des coureurs, c’est impossible.
22h30, il est temps de se préparer tranquillement puis d’amener nos sacs dans les bus qui les
ré achemineront sur Lyon. Grand moment d’embouteillage entre ceux qui montent dans le bus pour y déposer leur sac, qui croisent ceux qui en ressortent, tout en bousculant ceux qui y remontent pour avoir oublié quelque chose !!!
La température monte mais descend aussi, le vent a fait son apparition. Pour le départ, j’ai pris l’option de mettre mon collant et mon cuissard, une 1ere couche prés du corps, mon tee-shirt BA35 en 2eme couche, mon coup-vent, ma paire de gant, un buff. Dans le sac, bien ranger dans des sacs congélateurs, bien au sec : une deuxième sous-couche, un tee-shirt technique manche longue, une deuxième paire de gant plus légère.

Allez, nous sommes à 30mn du départ, je décide, sur les conseils d’un copain qui en est à sa 4eme participation, de m’installer prés de la ligne de départ. D’ailleurs, pour un ultra, je n’ai jamais été aussi prés. Je suis à portée des favoris. Bon, je vous rassure, il n’y a qu’à ce moment là que j’ai été dans le peloton de tète.
Les minutes défilent, le speaker chauffe les traileurs, nous demandent d’allumer, pour la photo, nos lampes frontales puis la musique du groupe U2 se fait légèrement entendre, la sono est gelée.

0h, tout le monde est lâché dans les rues de Saint Etienne. 7 km de bitume ou il ne vaut mieux pas s’emballer : pas de difficultés avant plusieurs kilomètres à travers la ville. J’en profites pour économiser ma frontale. Après 6km, la route commence à monter et nous attaquons les choses sérieuses à la sortie d’un village : plus d’éclairage urbain et de bitume, place aux chemins enneigés avec des montées régulières, pentues sur 20km. Nous nous retrouvons à courir, en fil indienne, dans 30cm de neige, en mono-trace. Impossible de doubler. J’en profite pour contempler la vue magnifique de ce serpent lumineux dessiné par les lampes frontales.
1er ravitaillement à St Christo en Jarez au 15e km, je décide de ne pas m’arrêter, ayant suffisamment dans mon sac pour tenir jusqu’au 36e km et éviter, ainsi, les bouchons.

Les kilomètres s’enchaînent, il fait toujours aussi froid, la vigilance est de mise car non seulement la neige ralentit notre vitesse mais l’apparition des plaques de verglas rend les conditions de course dangereuses. Les premières chutes arrivent et il y en aura, certaines assez graves (trauma crânien, fracture de poignet). Je n’y échapperai pas non plus, au total 4 dont une qui me déclencha une crampe à la cuisse !!
Nous passons, au 22e km, le point culminant de l’épreuve situé à 860m d’altitude. Une campagne complètement enneigée, un vent glacial et toujours ce foutu verglas par endroit en sous couche voir en première couche. Les appuis sont mis à rude épreuve.
Une descente jusqu’au 2eme ravito à Sainte Catherine suivi d’une remontée rocailleuse de 2km et ce sera la descente du bois d’Arfeuille plutôt technique qui sera suivie de la belle remontée jusqu’à Saint-Genoux ou se trouve le ravitaillement soit au 36e km. On voit, au loin, la ville de Lyon tout éclairée.
Comme je l’avais décidé sur mon plan de marche, je décide d’effectuer un changement complet de vêtement premier et deuxième couche, prendre le temps de m’alimenter en boisson chaude et solide avant de repartir- soit à peu près ¼ de pose. Pas plus car le froid me saisit, je sens un léger début d’hyperthermie, je décide de reprendre mon chemin.

Une longue descente vers le kilomètre 45 en direction de Soucieu en Jarrest très difficile, cassante car uniquement sur bitume ou il faudra, là encore, faire attention aux plaques de verglas. Je décide, à partir de ce kilomètre, d’alterner 15mn de marche pour 30mn de course. La fatigue psychologique, du aux conditions météo, m’a un peu éprouvé. C’est assez pénible de courir avec des appuis difficilement contrôlables.
Mais cette stratégie de course ne va pas durer longtemps car le vent de face m’incite à repartir rapidement.
Nous allons enchaîner descentes et montées techniques jusqu’au 56e km avec un passage à plus de 20%. L’arrivée se rapproche mais ces successions de dénivelé m’incitent à la gestion de fin de course ; 14km c’est à la fois court et long, ce serait dommage de caler si prêt du but.

Une remontée sur Saint Foye et c’est la descente finale jusqu’à l’entrée dans Lyon par les quais de Saône, avec au passage, quelques escaliers à se taper.
5 kilomètres le long des quais, il est 7h50, cet endroit venté m’incite à essayer d’accélérer car le froid est saisissant et l’endroit, en plus, n’inspire pas à la visite touristique.
Encore 1km à parcourir, j’entre dans le parc de Gerland. Le panneau 100m puis 75, 50m me font accélérer, j’entre dans le palais des sports et franchi la ligne d’arrivée en 8h27 pour une 919e place.

Une nouvelle aventure se termine, une nouvelle course de découvert, un objectif atteint avec dans un coin de ma tète, au départ, aller chercher le point nécessaire pour l’inscription à la C.C.C 2011 et toujours l’envie de poursuivre sur le long.


Webmaster : Ronan

Nous contacter