L'écotrail de Paris

Malgré une année 2009 perturbée par les blessures : déchirure au mollet puis tendinites de reprise aux tendons d’Achille, j’avais décidé en novembre de m’inscrire sur l’éco trail de Paris. Il s’agissait de l’objectif de ce début d’année 2010.

Un pari important car à l’issue de ma dernière course- le marathon de La Rochelle- rien n’était gagné. Les tendons se rappelaient encore et toujours à mon souvenir.

Toute ma prépa fut donc accès sur du foncier, peu de VMA, peu de sollicitation sur du dénivelé, craignant la rechute. Seul test : le trail du Glazig et ses 34,900 Km très technique qui fut concluant et rassurant à 4 semaines de l’éco trail.
C’est donc avec une certaine dose de confiance et sans objectif précis de chrono que j’abordais cet ultra !!

Vendredi après-midi fut consacré à la récupération du dossard. Se sentir déjà un peu dans la course, la veille, c’est agréable. Imaginer notre arrivée, le lendemain soir, au milieu des touristes, supporters, au pied d’un lieu magique :
la Tour Eiffel, ça c’est le pied !!

Samedi : arrivée sur la base de loisir de St Quentin en Yvelines vers 11h30 ; Comme convenu, je retrouve Eric41 et Stéphane28. Photo de famille ADDM. Je sens, déjà, l’envie d’y aller chez chacun de nous. Allez bonne course à tous les deux et peut-être à toute à l’heure ?!

Débriefing de l’organisation, 1er départ donné pour les non-voyants, il n’y en a qu’un- quel courage ! Est-il allé au bout ? si oui, un grand bravo car les conditions de course n’allèrent pas en s’améliorant au fil de la course.
2eme départ, pour nous et en musique (petite nouveauté pour concurrencer l’UTMB).

Comme cela avait été bien décrit sur le forum, la 1ere partie de course est roulante, le terrain souple, ce qui me conforte, sur l’instant, du choix d’avoir opté pour les chaussures de route plutôt que de trail (malheureusement, la suite de la course ne m’apportera pas les mêmes certitudes).

Malgré la panne de mon Polar dés le 5 Km, j’essaie de réguler ma V.S au feeling sur 10 km/h afin d’arriver frais au 21e Km parce qu’après ça va être gratiné jusqu’au 64e Km. La pluie fait son apparition, rendant le terrain délicat, boueux et sans adhérence ( une pensée pour mes Brooks Cascadia au secours !!!). Le dénivelé de 1500m + se concentre sur cette distance, entre le 21e et le 64e Km. Un silence plane, ça ne rigole plus, ça ne discute plus dans le peloton. On n’entend que les oiseaux !!!

Malgré les conditions de course, je savoure, au point de prendre quelques photos dans les montées en forêt ou à l’observatoire de Meudon.

Ma prépa spé de travail en cotes n’ayant pas été parfaite, mes cuisses commencent à me le rappeler en montée ; bizarrement, en descente, cela se passe mieux, j’en profite pour me détendre.

Le ravito du 54e Km arrive, mon 2e objectif est atteint : avoir géré correctement, entre le 21e et le 54e Km, mon « garde manger » et mon « cubit » de glucide sans coup de pompe. Aucun ravito n’étant prévu sur cette distance. Ecœurer par le sucré, je me jette sur l’eau gazeuse et la soupe bien chaude, tente une tranche de saucisson qui ne passera pas.
La nuit est tombée, la pluie est là et le vent fait son apparition. J’en profite pour changer de tee-shirt, mettre ma frontale et mon coupe vent, acheté la veille pour cette course, et qui me sera malheureusement volé dans le vestiaire pendant ma douche ! (sans commentaire).

Bon, il est temps de repartir après 10mn d’arrêt. En route pour le 64e Kilo. Je sais que les difficultés vont encore se présenter avec ce dénivelé qui n’arrête pas. La nuit est là, la visibilité en forêt n’est pas évidente, malgré la frontale, la pluie toujours et encore qui rend le terrain de plus en plus glissant.
J’alterne marche et course car je tire un peu la langue mais le moral est bon et çà c’est l’essentiel car je sais que j’irai au bout, je veux aller au bout !!

J’arrive au ravito du 64e Km sous des trombes d’eau. Les chapiteaux mises en place pour nous accueillir sont un spectacle de désolation : les coureurs essaient de s’abriter, ça se bouscule, trop de monde, certains sont assis et se posent la question de repartir ? Moi, je ne me la pose pas, au contraire, je sais que le plus dure a été fait, que maintenant, c’est du bonus.

3 gobelets de soupe chaude, 5 mn d’arrêt et je repars direction le 70e Km qui arrivera, ma foi, assez vite, non pas que j’ai accéléré, je n’en avais pas les moyens physiques mais ma concentration et mon envie d’aller au bout sont telles que le vide autour de moi s’est fait, je n’ai plus de repères de temps.

Une photo souvenir devant le panneau du 70e Km que je demande à un bénévole, je m’alimente mais m’attarde moins cette fois-ci. Je vois, en contre bas, la dame de fer illuminée, ça sent bon la fin. Le parcours est descendant, attention à rester vigilant car le sol est glissant.

Enfin les quais de Seine. J’active la vidéo de mon appareil photo, filme les péniches, pas longtemps car les allées des quais sont gorgées d’eau, je cours dans les flaques d’eau, soyons prudent !!

L’arrivée approche, les klaxons, prés du parvis de la Tour Eiffel, se font entendre, les bravos des passants font chaud au cœur (merci à tous et surtout à ceux du 54e Km : une véritable horde de supporter en délire du style tour de France au somment du Galibier).

J’accélère la montée des escaliers du quai, les bénévoles arrêtent la circulation afin que je puisse traverser. Un virage à gauche puis à droite, l’entrée sous le chapiteau, un salut au petit monde attablé, à l’abri du mauvais temps, je ressors direction le pied de la Tour Eiffel qui nous ai réservé. Mon fan club- ma femme, ma fille et une amie- est là, je les vois toutes les 3, j’entends ma fille : « allez papa, t’es le meilleur » P….N que c’est bon.

Je prends le ticket que me tend un bénévole et attaque la montée des 360 marches en savourant chaque seconde. La caméra est en mode Player. J’entends toujours et encore les encouragements de ma fille, je suis heureux, je lui réponds par des « c’est génial », « c’est fort, c’est bon » !!!

Une dernière photo, dans la montée, par le photographe. Je vois la banderole ARRIVEE : 10H59 au chrono.

Comme à chaque fois, je dédie cette arrivée à mon père qui m’a accompagné, de là-haut, pendant cette course.

Je n’en suis qu’à mon 3e ultra depuis 2008, le bonheur, le plaisir, l’envie d’y revenir sont toujours là.
Ce soir, l’envie de m’inscrire au raid du Morbihan 86 Km me trotte dans la tète. Ce qui est certain, par contre, c’est que je serai à Millau, comme en 2008, l’année prochaine.

Stéphane


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