8 - "The SILVER LINING" ...

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Nous remettons ici un extrait de l'épopée de Monia en INDE.
Il s'agit du 8ième témoignage dont elle nous gratifie.

Tout comme plus de 50% d'entre-nous, Monia a abordé la formation au Daefle en venant d'un autre domaine professionnel en juillet 2012.
Il s'agissait d'une reconversion avec un parcours exceptionnel.

Dès janvier 2013, elle s'est envolée à destination de l'Inde, pour l'Alliance Française de TRIVANDRUM, afin d'effectuer un stage "d'observation" qui s'est rapidement transformé en stage de "pratiques professionnelles"...
Elle a eu la présence d'esprit de nous adresser régulièrement de prégnants témoignages sur ce qu'elles vivait. Vous pouvez avantageusement en prendre connaissance  en clquant sur le lien :


Malgré de nombreuses vissicitudes et de difficultées pratiques, Monia a obtenu LE diplôme tant convoité par tous puis a poursuivi son expérience dans une école internationale privée, toujours près de Trivandrum. Vous pouver consulter son article du 17 septembre 2013 en cliquant ci-dessous :


Six mois après avoir débuté l'enseignement du FLE dans des conditions parfois difficiles, Monia nous adresse un nouvel article de réflexion sur sa pratique d'enseignement.

En attendant d'autres témoignages similaires, nous créons cette nouvelle page en espérant que ceci soit utile à nos collègues en cours de formation. Il s'agit de la situation et de la réflexion de Monia, et que de Monia ! Deux expériences ne sont jamais similaires.
Ce témoignage est cependant particulièrement intéressant car il peut servir de modèle pour de nouvelles démarches, ouvrant certaines perspectives personnelles lorsque l'on aborde une discipline comme le FLE qui nous est à priori souvent étrangère, pour ne pas dire absconse.


"The Silver Lining",
ou le bon côté des choses.

"Cher lecteurs de la BND et d'ailleurs..."
depuis Trivandrum, le 31 décembre 2013


par : Monia


The Siver Lining ...

Il est temps pour moi en cette fin d'année 2013 de vous faire part d'un premier petit bilan.

Ouais, je sais c'est pompeux. Mais en même temps, l'année 2013 a été bien chargée : un stage à l'AF de Trivandrum où j'ai découvert les joies d'enseigner à des adultes, notre examen en juin, la prise de poste quasi immédiate dans une école internationale, la réussite ras les paquerettes du DAEFLE et enfin, la dure réalité de la vie d'enseignant à des années lumières de l'univers de l'Alliance.


Et encore années lumières, j
e ne suis pas certaine que cela reflète exactement le sentiment que j'ai à travailler dans ce cadre.

Bon je vous dresse le tableau, j'enseigne à  des enfants de 7  à 16 ans. Croyez-moi, la tranche d'âge est seulement de 10 ans mais j'ai bien trois publics complètement différents.

 

2 - La classe de 6ième ...

Les plus tout à fait petits mais pas encore grands, j'ai nommé ceux qui devant moi, franchissent doucement le pas entre la petite enfance et l'adolescence. MAMAMIA.

La classe de 6eme, entre les garçons relativement gamins et les filles qui viennent m'annoncer leurs premières menstruations, le fossé est grand et s'aggrandit sous mes yeux. Vingt élèves devant moi qui me regardent comme si j'étais soit une alien, soit une grande folle, tous plus ou moins victime du déchaînement hormonal qui les anime.

Ma classe la plus nulle, un seul élève a la moyenne. Mon plus grand désespoir. La classe que je redoute le plus, celle qui me laisse avec mes incertitudes de professeur les plus primaires. Suis-je un bon prof, que faire pour les réveiller, comment leur faire comprendre ? Récemment, j'ai revu le film “prof” avec Patrick Bruel, et bah en exagérant un peu, je me suis retrouvée dans la peau d'Isabelle Mergault à mimer la parade amoureuse.  Pas simple tout ça.
 

Et la démarche actionnelle dans tout ça ?

Mon plus grand regret dans tout ça et quelles que soient les classes c'est que je n'ai JAMAIS réussi à mettre une seule fois en pratique l'ACTIONNEL.
Je n'y arrive pas dans le contexte dans lequel je travaille, je ne vois pas comment faire. Si vous vous sentez prêts à faire des suggestions , je suis plus qu'ouverte mais laissez-moi d'abord vous décrire mon emploi du temps.

J'ai 30 périodes de 40 minutes et en moyenne 4 périodes par semaine avec chaque classe. Je dis en moyenne, car souvent les réunions, sorties extra-scolaires et autres évènements viennent chambouler tout cela.
Mettons, sur les 40 minutes, vous en perdez déjà 6. Le temps que les élèves arrivent dans votre classe ou vous dans la leur, et leur attention qui cesse définitivement 5 minutes avant la fin du cours. Il vous reste donc joyeusement 33 minutes.

Seule ma petite classe de primaire est équipéée d'un ordinateur avec des enceintes ridicules, pour les autres classes, nous nous partageons entre tous les professeurs de langue, un seul lecteur de CD. Bref, si on résume la situation, vous pouvez déjà considérer que promouvoir  l'écoute, la phonétique  en classe ce n'est juste pas possible.

Mais revenons à l'actionnel, même en étant très douée (ce qui n'est pas mon cas) et en ayant des élèves idéaux,  je ne vois pas comment faire de la sensibilisation, de la compréhension, de la conceptualisation en 33 minutes chrono.

Pour être honnête,  j'ai parfois le sentiment que tout ce que j'ai appris lors de mon stage et lors de la formation ne m'ont servi qu'à obtenir un diplôme, histoire de justifier que je ne suis pas une demoiselle qui s'est improvisée prof du jour au lendemain. Le fossé est tel, entre la pratique de classe dans une école (internationale ou non) et la méthode de l'alliance que je me demande vraiment comment mes élèves arrivent à apprendre. Je suis de moins en moins étonnée lorsque j'entends parler autour de moi de gens qui ont appris le français pendant des années à l'école mais qui sont incapables de dire autre chose que "bonjour", "comment ca va".

Et franchement, maintenant que je fais partie de ce système, je suis dépitée de voir la place accordée à l'enseignement des langues et surtout la méthode appliquée dans ces écoles prétendument internationales.

En Inde, en tous cas, on ne fabrique pas des communicants mais des robots capables de passer un examen, la perspective actionnelle est nulle part, l'utilisation de la langue comme moyen essentiel de communication n'est point valorisé.

1 - Les plus jeunes ...

Les petits d'abord , en classe  3-4-5, nous sommes en général en petit comité, de 3 apprenants à 10 maximum entre 7 et 10 ans donc.

 Le public le plus exigeant selon moi, celui qui requiert le plus de préparation. Celui qui ne vous laisse pas souffler une minute, vous réclamant des jeux, des chansons,des activités de tout poil, celui qui vous “engueule” quand vous vous êtes absente, qui vous fait des bisous, vous prends des ses bras et  vous  dit “ vous êtes mon professeur préféré”.

Un grand mystère ces gamins, quand de mon côté, j'ai l'impression de passer mon temps à leur rappeler les termes de notre ”essentiel agreement”, qui en gros definit la conduite à adopter en classe, à les faire réfléchir sur leur comportement, à demander le silence parfois!) Bref, à croire que plus on leur crie dessus, plus ils vous aiment. Bizarre ces petites bêtes et curieusement mes meilleurs élèves.
 

3 - Les "Grands" ...

Et puis, on a  les grands ... seize ans de moyenne, classe 10. 

Dix-huits êtres humains en devenir. Ceux qui passent leur fameux “board” exam dans quatre mois. Ceux qui pour la plupart vivent dans le néant le plus total et entendent votre voix de loin, de très très loin, par delà les méandres du vide de l'univers, et les autres, une minorité, qui vous admirent, vous regardent comme le symbole du savoir à qui l'on peut tout demander, tout dire et qui vous considère comme une bonne copine.

Si Si. Une vraie surprise. Je n'en reviens pas moi-même. Ma classe la plus challenge, celle avec laquelle j'ai des objectifs de réussite à atteindre. Il faut qu'ils parlent, qu'ils écrivent, qu'ils comprennent à l'écoute et à l'écrit.  Dur dur, mais vous savez quoi, quand on y arrive et bah ça fait du bien.

Quand j'ai récupéré la classe, pas un seul ne pouvait articuler trois mots, et maintenant, j'ai au moins trois élèves qui ne perdent pas une seule occasion de me parler en français. J'en ai quelques autres qui baragouinent difficilement mais qui essayent et puis bien sûr, il y a les autres, ceux que je ne touche pas, mais qui ont au moins arrêté de perturber la classe. C'est déjà ça.

Le bon côté des choses

Mais bon, des miracles se produisent et à force de volonté, d'acharnement, on continue.


Et même si je n'ai pas les moyens d'enseigner comme je le voudrais, je suis contente chaque matin de me lever et de partager avec mes étudiants l'amour de la langue française.

 

Sur ce, mes petits loulous, je vous souhaite une excellente année 2014, pleine de FLE.

 


À vous lire                                   Monia
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Mieux encore, comme Monia et bien d'autres l'ont fait au cours de leur formation lors de différentes sessions antérieures, devenez vous-même "acteur" et proposez une "billet", un témoignage et bougez.

Le parcours de Monia est impressionnant. Il est résumé ci-dessus. Vous constaterez quelle a très vite pris la décision de partir, pour effectuer un stage en conditions réelles, changer de vie et en témoigner pour vous !

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Nous vous invitons bien sûr à lire, en tout premier lieu, le très riche parcours de Monia de janvier 2013 à 2014 en INDE :
 
• L'épopée de Monia en INDE  (8 témoignages successifs)
    
Dans la vraie vie ...                                                             


Sur le même sujet concernant le FLE aux Enfants :
   
Du Fle aux enfants                                               par Eva
    
Compte-rendus des activités des JO des DAEFLEstes 2014 :
projet 2014 de JOurnées de la francophomie par des DAEFLEistes

  
Des cours particuliers en Asie                             par Sylvie


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Brisbane : entre Nouvelle Zélande et Australie
  par Delphine
 
Partir enseigner au nord du MEXIQUE               par Consse
 
Un stage aux Pays-Bas,                                    par Eva


Mais vous pouvez consulter également :
 
Deux observations de classe...                 par Judith
  
Une riche expérience en associations      par Linda
 
La piste humanitaire                                 par Myriam

 
Traduire le monde                                    par Valérie

  
Le FLI : petit aparté d'Anne Alice ...         par Anne


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