. . . L'épopée de Monia en INDE ! ... (suite)

 
Dans la vraie vie FLE,
 en INDE

 

par   Monia
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7 - Dans la vraie vie ...                                    le 05 sept. 2013

8 - The siver lining...                                        le 31 dec. 2013


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Kikou à tous,                                                                         Trivandrum, le 5 septembre 2013

 

J’espère que vous allez tous formidablement bien.
Je me suis réveillée sur le coup des cinq heures du mat’ et ne me demandez pas pourquoi, j’ai réalisé que cela faisait bien quatre mois que je n’avais pas partagé mes petites expériences.
En quatre mois, il s’en est passé des choses, on a tous passé la fameuse épreuve du 12 juin, certains sont partis en vacances, d’autres angoissent à l’idée des résultats certains cherchent un travail, d’autres en ont trouvé.
Voilà ma version de ces quatre derniers mois.

Et c'est parti !

Je me pointe donc à la fameuse école.


Une beauté, des bâtiments magnifiques en pleine nature à 25 km de Trivandrum, dans le trou du cul du monde. Je rencontre un prof avec qui le courant passe super bien et là, il me montre les bouquins avec lesquels il travaille et avec lesquels je dois assurer ma démo classe.


Je le regarde ahurie et j’ouvre des livres majoritairement en anglais édités dans les années 90..on est bien loin de la méthode actionnelle. Qu’à cela ne tienne, je choisis de faire mon cours sur le passé composé. Le prof me mets en garde. Fais ton cours en anglais me dit-il, les élèves ne comprennent rien et ne parlent pas. Je réponds que je ne sais pas comment faire un cours de français en anglais et que tant pis !


Je me retrouve devant 16 étudiants en classe 10, environ 15 ans, et qui n’ont pas de livres devant eux. Et je dois faire classe !!! Et bien sûr, je suis observée par le gratin de l’école… Je ne sais pas par quel miracle j’y suis arrivée mais les petits loulous se sont pris au jeu, ont même causé un peu et on a révisé le passé composé. On a dû m’arrêter de force. J’étais censée faire 25 min de démo, j’ai en ai pris 40…LOL


Bref, vous l’aurez ça c’est plutôt bien passé et je me suis retrouvée embauchée pour un salaire de misère et en plus la roupie dégringole. Mais je suis embauchée !!!

 


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Une nouvelle vie de prof ...

Je trouve le moyen de mettre fin à mon stage (non sans m’être pris plein la tête de la part de mon ex-boss préférée) et le 19 juin je m’envolais pour Paris récupérer un joli visa de travail.


La période parisienne m’a donné l’opportunité de rencontrer Valérie, Béatrice et le célèbre Philippe. Une formidable soirée et journée que je ne suis pas prête d’oublier !! 


Ma première virée en mode star… Comprenne qui pourra. LOL



Après trois longues semaines à espérer mon visa, la libération est arrivée le 17 juillet et deux jours plus tard, je repartais dans mon Inde pour commencer une nouvelle vie de prof.



J’enseigne (enfin j’essaye) avec des bouquins

qui vous feraient pleurer,

sans cd, sans dvd à des enfants entre 7 et 16 ans.


27 périodes de 40 minutes par semaine. 


Pas le temps de s’ennuyer, croyez-moi.

Pas d’accès à internet, pas d’ordinateur, pas de rétroprojecteur.



La première semaine, j’ai demandé à rencontrer la directrice pour lui dire que je ne pouvais enseigner de cette façon, qu’il me fallait au moins des hauts parleurs et un lecteur de dvd/cd pour assurer mes cours. J’ai eu le droit à une petite enveloppe et je suis moi-même allée faire mon shopping pour pouvoir assurer des cours un petit peu interactifs avec les élèves.

Heureusement, que j’avais emmené quelques ressources mais croyez-moi c’est dur d’enseigner dans ces conditions.


 


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Aidez moi ...

Néanmoins, tous ces petits désagréments laissés de côté, je prends un réel plaisir à interagir avec les petits (qui me faisaient et continuent de me faire peur). C’est à la fois très demandeur, épuisant, stressant, mais tellement gratifiant.


Vous l’aurez compris, école internationale ne signifie pas nécessairement dernier cri en matière d’enseignement et bien que les divers programmes internationaux recommandent vivement l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères. Celles-ci, en matière de ressources et de moyens mis en œuvre restent quand même très largement laissées de côté. Je me bats pour que cela change, mais les éléphants se mettent difficilement en mouvement.


Je profite de cet article pour vous demander votre aide :


si jamais vous avez des ressources, audio, vidéo, PDF ou autres,

pour un public de 7 à 15 ans A1 à B1,

je suis preneuse.

 


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Voilà c’est fini,

 

j’ai assez radoté pour aujourd’hui et pour les semaines à venir.

Il ne nous reste plus qu’à attendre les résultats et espérer qu’on l’ait tous. Tenez-moi au jus par mail (moniavoegelin@gmail.com) car je n’ai pas FB.


À vous lire                          Monia
Aidons MONIA !
et commentons allègrement...

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1 - Il était une fois...                                          le 18 janv. 2013

2 - Les premières heures de cours...     le 25 janv. 2013


3 - Apprendre, Enseigner, Évaluer...      le 15 fév. 2013

4 - " Pour TOI, Public... "                               le 18 mars 2013

5 - Aux poètes de la chanson...                le 20 avril 2013

6 - Elle boit pas, elle mange pas,             le 09 mai 2013
       elle b@*%*  pas, MAIS...


Pour la suite        --> Un projet de causeries

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Chers lecteurs de la BND et d'ailleurs,                  Trivandrum, le 31 décembre 2013

Les plus jeunes ...

Les petits d'abord , en classe  3-4-5, nous sommes en général en petit comité, de 3 apprenants à 10 maximum entre 7 et 10 ans donc.

 Le public le plus exigeant selon moi, celui qui requiert le plus de préparation. Celui qui ne vous laisse pas souffler une minute, vous réclamant des jeux, des chansons,des activités de tout poil, celui qui vous “engueule” quand vous vous êtes absente, qui vous fait des bisous, vous prends des ses bras et  vous  dit “ vous êtes mon professeur préféré”.

Un grand mystère ces gamins, quand de mon côté, j'ai l'impression de passer mon temps à leur rappeler les termes de notre ”essentiel agreement”, qui en gros definit la conduite à adopter en classe, à les faire réfléchir sur leur comportement, à demander le silence parfois!) Bref, à croire que plus on leur crie dessus, plus ils vous aiment. Bizarre ces petites bêtes et curieusement mes meilleurs élèves.

 


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La classe de 6ième ...

Les plus tout à fait petits mais pas encore grands, j'ai nommé ceux qui devant moi, franchissent doucement le pas entre la petite enfance et l'adolescence. MAMAMIA.

La classe de 6eme, entre les garçons relativement gamins et les filles qui viennent m'annoncer leurs premières menstruations, le fossé est grand et s'aggrandit sous mes yeux. Vingt élèves devant moi qui me regardent comme si j'étais soit une alien, soit une grande folle, tous plus ou moins victime du déchaînement hormonal qui les anime.

Ma classe la plus nulle, un seul élève a la moyenne. Mon plus grand désespoir. La classe que je redoute le plus, celle qui me laisse avec mes incertitudes de professeur les plus primaires. Suis-je un bon prof, que faire pour les réveiller, comment leur faire comprendre ? Récemment, j'ai revu le film “prof” avec Patrick Bruel, et bah en exagérant un peu, je me suis retrouvée dans la peau d'Isabelle Mergault à mimer la parade amoureuse.  Pas simple tout ça.

 


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Les "Grands" ...

Et puis,on a  les grands .. seize ans de moyenne, classe 10. 

Dix-huits êtres humains en devenir. Ceux qui passent leur fameux “board” exam dans quatre mois. Ceux qui pour la plupart vivent dans le néant le plus total et entendent votre voix de loin, de très très loin, par delà les méandres du vide de l'univers, et les autres, une minorité, qui vous admirent, vous regardent comme le symbole du savoir à qui l'on peut tout demander, tout dire et qui vous considère comme une bonne copine.

Si Si. Une vraie surprise. Je n'en reviens pas moi-même. Ma classe la plus challenge, celle avec laquelle j'ai des objectifs de réussite à atteindre. Il faut qu'ils parlent, qu'ils écrivent, qu'ils comprennent à l'écoute et à l'écrit.  Dur dur, mais vous savez quoi, quand on y arrive et bah ça fait du bien.

Quand j'ai récupéré la classe, pas un seul ne pouvait articuler trois mots, et maintenant, j'ai au moins trois élèves qui ne perdent pas une seule occasion de me parler en français. J'en ai quelques autres qui baragouinent difficilement mais qui essayent et puis bien sûr, il y a les autres, ceux que je ne touche pas, mais qui ont au moins arrêté de perturber la classe. C'est déjà ça.


 


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Et la démarche actionnelle dans tout ça ?

Mon plus grand regret dans tout ça et quelles que soient les classes c'est que je n'ai JAMAIS réussi à mettre une seule fois en pratique l'ACTIONNEL.
Je n'y arrive pas dans le contexte dans lequel je travaille, je ne vois pas comment faire. Si vous vous sentez prêts à faire des suggestions , je suis plus qu'ouverte mais laissez-moi d'abord vous décrire mon emploi du temps.

J'ai 30 périodes de 40 minutes et en moyenne 4 périodes par semaine avec chaque classe. Je dis en moyenne, car souvent les réunions, sorties extra-scolaires et autres évènements viennent chambouler tout cela.
Mettons, sur les 40 minutes, vous en perdez déjà 6. Le temps que les élèves arrivent dans votre classe ou vous dans la leur, et leur attention qui cesse définitivement 5 minutes avant la fin du cours. Il vous reste donc joyeusement 33 minutes.

Seule ma petite classe de primaire est équipéée d'un ordinateur avec des enceintes ridicules, pour les autres classes, nous nous partageons entre tous les professeurs de langue, un seul lecteur de CD. Bref, si on résume la situation, vous pouvez déjà considérer que promouvoir  l'écoute, la phonétique  en classe ce n'est juste pas possible.

Mais revenons à l'actionnel, même en étant très douée ( ce qui n'est pas mon cas) et en ayant des élèves idéaux,  je ne vois pas comment faire de la sensibilisation, de la compréhension, de la conceptualisation en 33 minutes chrono.

Pour être honnête,  j'ai parfois le sentiment que tout ce que j'ai appris lors de mon stage et lors de la formation ne m'ont servi qu'à obtenir un diplôme, histoire de justifier que je ne suis pas une demoiselle qui s'est improvisée prof du jour au lendemain. Le fossé est tel, entre la pratique de classe dans une école (internationale ou non) et la méthode de l'alliance que je me demande vraiment comment mes élèves arrivent à apprendre. Je suis de moins en moins étonnée lorsque j'entends parler autour de moi de gens qui ont appris le français pendant des années à l'école mais qui sont incapables de dire autre chose que "bonjour", "comment ca va".

Et franchement, maintenant que je fais partie de ce système, je suis dépitée de voir la place accordée à l'enseignement des langues et surtout la méthode appliquée dans ces écoles prétendument internationales.

En Inde, en tous cas, on ne fabrique pas des communicants mais des robots capables de passer un examen, la perspective actionnelle est nulle part, l'utilisation de la langue comme moyen essentiel de communication n'est point valorisé.

 


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Mais bon, des miracles se produisent et à force de volonté, d'acharnement on continue.

Et même si je n'ai pas les moyens d'enseigner comme je le voudrais, je suis contente chaque matin de me lever et de partager avec mes étudiants l'amour de la langue française.

 

Sur ce, mes petits loulous, je vous souhaite une excellente année 2014, pleine de FLE.

 


À vous lire                          Monia
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7 - Dans le vraie vie ...

Sur la fin de mon stage, je me suis mise en quête d’un travail avec cependant une petite difficulté à gérer.


En effet, début juin c’est la rentrée scolaire ici en Inde et bien sur la majorité des écoles n’ont pas attendu que super Monia se pointe et leur propose ses services.


J’ai donc envoyé des candidatures spontanées en Inde en me disant que c’était cuit. Puis, j’ai écrit sans vraiment y croire à une école internationale du Kerala membre du programme IB.


Et deux heures plus tard, j’avais un coup de fil,

me demandant si je pouvais me rendre à une interview,

faire une démo classe et voir deux ou trois personnes.


J’ai bien sûr sauté sur l’occasion, je n’oublierai jamais,

à quatre jours de l’examen,

j’allais perdre une journée de révision.



 

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8 - The siver lining ...


Il est temps pour moi en cette fin d'année 2013 de vous faire part d'un premier petit bilan.

Ouais, je sais c'est pompeux. Mais en même temps, l'année 2013 a été bien chargée :
un stage à l'AF de Trivandrum, où j'ai découvert les joies d'enseigner à des adultes, notre examen en juin, la prise de poste quasi immédiate dans une école internationale, la réussite ras les paquerettes du DAEFLE et enfin, la dure réalité de la vie d'enseignant à des années lumières de l'univers de l'Alliance.


Et encore années lumières,
j
e ne suis pas certaine que cela reflète exactement le sentiment que j'ai à travailler dans ce cadre.

Bon je vous dresse le tableau, j'enseigne à  des enfants de 7  à 16 ans. Croyez-moi, la tranche d'âge est seulement de 10 ans mais j'ai bien trois publics complètement différents.


Soupe Indienne dans rue.jpg
Vous pouvez consulter également :

Une expérience aux PAYS-BAS                        par Eva

Des cours particuliers en ASIE                         par Sylvie

Le FLI : petit aparté d'Anne Alice .                    par Anne

"Quand l'audace permet de dépasser...        par Consse

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