7 - Enseignement universitaire en RUSSIE

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2 expériences
d'enseignement
en Russie


par   F.M.
 
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SOMMAIRE  (avril 2013)

1 -
D'où viens-je ?
   
2 - Première expérience - premier recrutement

    
3 - L'enseignement du FLE

4 -  Seconde expérience - le recrutement

5 - L'enseignement du FLE sur objectif spécifique

6 - Conclusion

1 - d'où viens-je ?

Ma formation initiale est une formation en droit français et en droit russe que j’ai suivie dans le cadre du Master bilingue (nom d’aujourd’hui) à l’Université Paris X – Nanterre.


Dans le cadre de cette formation, en Master 2 qui s’appelait Magistère et n’était reconnu que comme un Master 1, je devais faire un stage d’au moins 6 mois et rédiger un mémoire sur le droit russe et français (étude de droit comparé) en russe. C’est là que tout commence !

2 - 1ère expérience, 1er recrutement

Lors de la Licence 3 et du Master 1, les cours étaient dispensés par des Professeurs russes ne parlant pas français (pour la partie droit russe).


Ces Professeurs ont remarqué mon potentiel lors d’un stage de deux mois à Ekaterinbourg dans les Institutions. Vers la fin du stage, je suis invitée par eux au restaurant et ils me demandent, de but en blanc, quels sont mes projets. Je leur expose alors mes inquiétudes par rapport au stage. Il était hors de question de suivre encore des cours et de passer des examens, je voulais entrer dans la vie active.


Un des Professeurs me propose alors, si je voulais, je pouvais venir enseigner le droit français aux étudiants russes. J’ai limite sauté de joie. J’ai accepté la proposition.


J’ai été de suite embauchée. Formellement, j’ai envoyé mon CV et ma lettre de motivation en russe, histoire de…

3 - L'enseignement du FLE

Comme je faisais un stage de 4 mois dans un cabinet d’avocat russe à Saint-Pétersbourg, j’ai décidé de prendre le train pour aller à Ekaterinbourg où je devais découvrir le monde de l’enseignement.


     Après 35 heures de voyage, j’arrive enfin en terre promise ! Météo : -35°c et trois mètres de neige. En centre ville, une ville de glace est construite. C’est superbe, mais on ne s’attarde pas dehors, brrrrrrrrrrrrr…. Sans compter le verglas !


Le lendemain, réunion à l’Université pour les cours. J’avais préparé les cours de droit français en russe mais pas les cours de FLE que l’on m’a demandé de prendre en charge (niveau grand débutant et avancé). Je me suis retrouvée du jour au lendemain à enseigner le français à des Russes ne parlant pas un mot de français. Heureusement, l’avantage que j’avais est que je maîtrise la langue russe et au moins, je pouvais communiquer avec mes étudiants. Je me suis précipitée à la Librairie pour acheter une méthode de français. La seule disponible était la méthode « Mauger ».


J’ai trouvé cette expérience très enrichissante : j’ai pris conscience de la difficulté qu’il y a à enseigner sa propre langue maternelle à des étrangers. J’ai adoré mes étudiants qui se levaient à mon entrée et attendaient que je leur dise de s’asseoir. La première fois, je me suis retournée pour voir si le Président de la République ne me suivait pas ! Pour eux, le Professeur détient la parole absolue et divine. J’avais l’impression d’être Louis XIV (car « sans contrefaçon je suis un garçon » LOL) !


L’ennui est que j’avais peur de dégoûter mes étudiants du français. Apparemment, ils appréciaient mes cours. Comme j’étais incapable de faire de la grammaire, je me suis focalisée sur la prononciation et l’acquisition du vocabulaire par des chansons principalement. Vous savez, les chansons de colo…

 

Pour les avancés, je faisais, à leur demande, un cours de français argot en prenant des chansons de Renaud et des sketches des Inconnus. En effet, des étudiants français ce sont moqués de leur façon de parler trop XIXème siècle. Ce n’est pas très sympa de leur part. Je les ai donc aidés du mieux que j’ai pu.

 

         Au niveau de la paye, ce n’est pas royal, sans vouloir être Crésus, cela ne me permettait pas de vivre. Pour survivre, les cours particuliers payent plus…

 

Ekaterinbourg

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4 - Seconde expérience : le recrutement

A ce moment là, je souhaitais devenir Professeure en France et j’ai entamé une thèse en droit pour parvenir à mes fins. Ce projet n’a pas abouti, mais c’est une autre histoire. Bref, pour faire une thèse sur le droit russe, je devais partir en Russie pour des recherches, logique! Le problème est le visa et le logement. Je me rends au service des Relations Internationales de mon Université qui me propose de partir avec un visa étudiant par l’Université d’Etat de Moscou.


J’arrive durant un bel été indien sur place. Je suis logée à la Cité U et heureusement, j’avais bien spécifié que je voulais une chambre pour moi toute seule. En effet, en Russie, si on ne précise pas, on peut se retrouver à 5 inconnus dans la même chambre (genre Auberge de jeunesse mais pour toute l’année !).


Bref, je me rends au bureau des relations internationales pour procéder à l’enregistrement de mon passeport et autres démarches administratives (on se plaint de la Préfecture en France, mais à côté c’est du gâteau par rapport à la Russie).


Comme j’étais entrée sur la base d’un programme d’échange, je devais m’enquérir de mes obligations. Je rencontre le chargé de programme des échanges. Il me présente les cours, etc. Une fois son exposé terminé, je lui demande s’il est possible d’écrire que j’étais présente aux cours, mais qu’en fait je n’assisterai pas aux cours. Le point positif est qu’en Russie, on peut se permettre ce genre de requête et d’être très direct. Mon interlocuteur très déçu me dit que les cours sont très bien, pourquoi une telle décision ? Je lui explique alors que je suis en thèse et que je ne souhaitais pas perdre mon temps en cours alors que j’avais tout validé les années précédentes. Il me regarde et me dit : « vous êtes donc autorisée à enseigner ! » « Oui », dis-je. Il me répondit : « Vous ne voudriez pas enseigner chez nous ? ». Je demande si je serai payée. Réponse affirmative. Je suis embauchée. Salaire de misère toujours mais au moins ça paye les transports !

5 - L'enseignement du Fle
sur Objectif Spécifique

La responsable du département de langue française me confie, les étudiantes de Master 1 et 2 pour enseigner le français juridique. Je prépare mes cours en catastrophe. Là, je suis plus à l’aise car le droit est ma spécialité et les étudiantes ont toutes un haut niveau de français.


Les étudiantes me respectent, c’est le bonheur de leur enseigner ! C’est dommage que la paye soit aussi misérable et ne permette pas de vivre…

 

6 - Conclusion

         J’ai adoré le public étudiant russe. Mais attention, ce sont des tricheurs invétérés aux examens et il faut être très strict avec eux. Néanmoins, c’est facile de déterrer les tricheurs car ils ne se cachent même pas et le font ouvertement. Mais quand on leur fait la réflexion, ils s’excusent et rangent les documents incriminés.


Pour enseigner en Russie, il ne faut pas être frileux et il y a de la neige jusqu’au mois de mars inclus (j’ai fait une bataille de boules de neige mémorable en mars).


Les étudiants me disaient, aujourd’hui c’est le printemps, je leur répondais, non c’est l’hiver : pas de feuilles sur les arbres, pas d’oiseaux qui chantent mais un truc blanc et froid comme un manteau de coton nuageux, autrement dit de la neige !


Autre point, en Russie, il faut être très direct tout en restant poli pour que la demande aboutisse. Souvent, les formalités administratives peuvent intervenir après.


Dernier conseil pour la  route, se faire des "copains de sortie" (puis ensuite possibilité ou non de garder le contact) pour aller au marché noir et acheter le nécessaire (manteaux de fourrure, gants et les matrioshkas!).


Le marché officiel est très souvent plus cher que le noir! Les autochtones sont alors une source inestimable d'information. Ce que je faisais, je demandais aux étudiants de m'accompagner. Généralement, ils étaient contents d'aider et puis comme ça, on est pas seul!


La distance étudiant-prof est beaucoup plus proche en Russie. Manger ou boire un café avec ses étudiants n'est pas choquant alors qu'en France, on nous regarderait de travers!


Le Kremlin vu du fleuve

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