6 - L'épopée de Monia... en INDE !

Envolée le 15 janvier 2013 :
 
Les premiers pas d'une stagiaire Fle en INDE

 

par   Monia
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1- Il était une fois...

C’est alors que je me bats avec les moustiques de mon petit appart de Trivandrum, que j’ai décidé, à la demande de notre cher Philippe, de vous conter du mieux possible le début de mes aventures indiennes.


Commençons par le commencement.


Il était une fois, Monia (moi... ou Intimity si ça vous cause plus), qui avait décidé, il y a bien longtemps, de quitter le métier grâce auquel elle gagnait plein d’argent… pour doucement se réorienter professionnellement vers l’enseignement du FLE.

Elle pensait, à tort ou à raison (l’avenir nous le dira), que ce métier lui ouvrirait les portes de l’international et qu’elle pourrait ainsi suivre sa passion : les voyages.


Elle s’inscrivit donc au CNED et décida de faire bon usage

de tout ce temps disponible en cherchant un stage.


La majeure partie des offres demandaient une convention, néanmoins cela ne l’arrêta pas. Elle y alla de sa bonne verve et au culot postula à un grand nombre d’offres, passa quelques entretiens (Dieu bénisse Skype) et décrocha deux postes, l’un en Roumanie (tous frais payés) et l’autre en Inde (où seul le logement et le visa étaient pris en charge).


Passionnée par l’Inde et ne connaissant pas du tout Trivandrum,

elle se jeta à l’eau et accepta l’offre indienne.

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Revenons au présent, car le conte de fées est terminé.


Quelques heures à peine après être descendue de l’avion, je me rendais déjà dans les locaux de l’Alliance Française, où la directrice m’expliquait qu’on irait doucement étant donné qu’elle avait pris en compte mes contraintes.


Je lui avais clairement spécifié au cours de l’entretien que ce stage était une initiative personnelle et que le but n’était pas de saboter la réussite à l’examen, en me tirant une balle dans le pied en faisant trop.


Elle m’annonce donc que d’ici deux semaines environ, je prendrai en charge un cours de 18 personnes A 1.


Ça, c’était avant !

Le lendemain, du fait d’impératifs, ma semaine d’observation se transforme en deux jours (deux fois trois heures de cours) et ensuite viendra le moment où pendant deux jours j’animerai en partie un cours pendant une heure sur les trois qu’il comporte. Ensuite, on saute dans le grand bain et à moi, trois heures de cours tous les jours avec mes petits A1 pendant deux mois. Youhou !

Pour la petite histoire, nous travaillons avec Echo (je préfère mille fois Alter ego+) et il n’y a rien de disponible. Au contraire d’Eva (qui fait son stage aux Pays Bas), pas de mallette avec les fiches péda, pas de matériels préexistants en dehors du manuel sur lequel s’appuyer. Il va donc falloir que je crée les fiches pédagogiques, que si possible je sorte du carcan du manuel etc.

Bref, nous sommes mardi, demain j’attaque ma première heure de cours (je pétoche à fond !), mais surtout les six prochains mois vont être chargés entre assurer les cours,  leur préparation du lendemain, étudier pour avoir le diplôme...

M’enfin je l’ai voulu, je l’ai eu...                                                               Retour au sommaire

" À suivre…   si je tiens le choc..."

2- les premières heures de cours, comment était-ce ?

D’abord, merci pour vos commentaires, ça fait chaud au cœur et ça donne envie de continuer à vous ennuyer avec mes impressions de débutante débordée.

Je suis vivante… m’enfin pas tout à fait remise.

Je vous raconte.
J’ai super mal dormi cette nuit.J’ai rêvé encore et encore de ma future première heure de cours. Vous allez me dire «ce n’est pas grand-chose». Mais bon ! Mon inconscient travaille dur.

J’ai donc préparé mon cours, il s’agissait en théorie de :

- faire dire la date du jour,

- apprendre les nombres de 21 à 30,

- de corriger les devoirs de la veille « verbe en er » 

  ainsi que  « comprendre et connaitre ». 

- Puis de me lancer dans un rappel de l’article défini/indéfini.

- Et un peu de phonétique pour les sons e / u / ou.


Et bien mes loulous, j’ai fait 1h20 au lieu de l’heure prévue et j'ai à peine fini mes "articles".


Pourquoi ? Je me suis fait avoir par la petite question : Madame (ça fait un petit coup la première fois) pourquoi on dit « aux » Etats Unis et pas « en » Etats-Unis ?

Ahhh ! Je me lance donc dans un rappel (non prévu, oserais-je dire, non préparé) de la règle a + ville, en + pays et me coince toute seule comme une grande avec           

La Havane, Le Havre. Allez comprendre... Bah je peux vous certifier que mes petits loups étaient perdus…


Retour réflexif !

Une heure à parcourir la pièce, rester debout, faire répéter, accompagner et tout ça en français (pour qu’ils l’entendent un maximum, qu’ils repèrent les consignes, etc.) avec des petits yeux qui vous regardent et vous font comprendre que là, non, c’est trop, faut parler un peu anglais siouplait…


J’étais et suis toujours RÉ-TA-MÉE.


Je n’aurais jamais imaginé que cela consumerait autant d’énergie.

J’ai prononcé le mot fatidique « Pause » et là, nous étions tous soulagés ! 


J’ai donc attendu avec impatience mon premier feedback car j’étais observée à mon tour. Bon, ça va, je m’en sors bien finalement sauf pour mon explication foireuse pour « La Havane ».  Et un peu de lenteur, par moments.


Je repense tout à coup à une question de nos animations. Pour être un bon professeur, il suffit d’être un bon animateur. J’avais répondu que non, il ne suffit pas, mais purée, ça aide ! D’un coup, j’envie tous ceux qui ont une tonne d’imagination et qui sont capables de vous réveiller tout ça en un coup de cuillère à pot !

J’aurais jamais cru dire ça un jour mais c’est dur d’être un natif et devoir se remémorer les règles, le pourquoi de ceci ou de cela... Un sacré défi à chaque minute et surtout les moyens du bord.


L’écart est grand entre la réalité du terrain et les cours. Pas de rétroprojecteur, pas de salle internet (ok, j’exagère, 3 ordinateurs à la bibliothèque), un bon tableau et des feutres de couleurs. Ceci dit, tout cela est extrêmement formateur, ça demande un boulot de préparation énorme (en tous cas pour moi…)


Vous allez me demandez si j’ai aimé ? OUI un grand OUI !!!  À reproduire, à améliorer, à enrichir certes, mais ça vaut le coup de se farcir les cours juste les voir tilter et pour entendre un « oui » à la question « vous comprenez ? »


Je vous laisse ce soir il y a un concert à l’AF et je dois me mettre en route… et puis surtout je dois préparer mon cours pour lundi... 3 heures, 180 minutes, 10800 secondes à tenir. LOL

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" Ps : je n’ai pas encore eu le temps de cliquer des photos, du coup je vous mets le lien de l’Alliance.


http://trivandrum.afindia.org/


À bientôt. "

 

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1 - Il était une fois...                                          le 18 janv. 2013

2 - Les premières heures de cours...     le 25 janv. 2013


3 - Apprendre, Enseigner, Évaluer...      le 15 fév. 2013

4 - " Pour TOI, Public... "                               le 18 mars 2013

5 - Aux poètes de la chanson...                le 20 avril 2013

6 - Elle boit pas, elle mange pas,             le 09 mai 2013
       elle b@*%*  pas, MAIS...

7 - Dans la vraie vie ...                                   le 05 sept. 2013
  
8 -
The Silver Lining ...                                  le 31 déc. 2013

9 -Causer, vous avez dit causer ?       le 25 oct. 2014

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3- Apprendre, Enseigner, Évaluer...

Namaste les loulous

Cela fait un petit temps que je n’ai pas pris la plume (heureusement que je suis sur PC) pour vous raconter les dernières aventures de mon stage FLE.


Il est 8h47, la fraicheur de la matinée s’en est allée,

aussi vite que les minutes se sont égrenées;

32 degrés au compteur à l’heure où je vous écris,

une bonne petite chaleur humide comme on les aime,

qui vous ramollit les neurones à vitesse grand V.


Je me trouve déjà dans les locaux de l’alliance,

on est samedi et normalement ce jour-là, je ne TRAVAILLE pas.

Mais voilà, les épreuves du DELF approchant,

je me vois dans l’obligation de me faire certifier, afin d’être habilitée

à corriger les épreuves A1 et A2.


J’imagine déjà certains d’entre vous trouver cela génial. Moi, j’avoue que je penche plutôt du côté de l’ironie. J’ai à peine fini de lire mes cours, assimilé la moitié du quart des notions (quand je lis les post sur FB, je pleure…) et voilà qu’à la fin de cette journée, je serai habilitée, alors que je n’ai même pas mon diplôme.

Et là, d’un coup, je me projette dans un avenir plus ou moins proche,

à la recherche (devrais-je dire, poursuite) d’un emploi.


« - Bonjour Madame, je vois que vous avez enseigné pendant 6 mois en stage. huuumm ! Oui ! C’est intéressant ces expériences à l’étranger.

Vous avez eu votre diplôme quand ?

- Euh et bah, c’est-à-direque… Je ne l’ai pas,

MAIS, MAIS, MAIS,

je suis habilitée à corriger les épreuves. »


La bonne blague.


J’arrête de cracher dans la soupe, ça me fera réviser et un cours de 8 heures sur la manière d’évaluer et les super sexy descripteurs du CECR c’est toujours ça de pris. Heureusement que mes petits élèves (et les autres)

seront évalués deux fois par deux évaluateurs,

histoire qu’au moins un des deux, dans cette alliance,

sache de quoi il en retourne..

Je vous laisse méditer la dessus .

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se trouve TRIVANDRUM ?

Le plaisir, moteur d'apprentissages...

Ça fait maintenant trois semaines que j’enseigne à plein temps, tous les jours, pendant trois heures à mes élèves. La masse du début s’est progressivement réduite pour atteindre un noyau dur de neuf élèves. Tous plus ou moins motivés, tous avec des difficultés différentes.  Je sais que beaucoup d’entre vous pratiquent déjà le métier d’enseignant, mais à ceux qui comme moi débutent en la matière, je dois avouer que j’en apprends beaucoup sur moi-même, ma capacité à gérer un groupe, des inégalités, des interrogations. Et entre nous, je passe souvent par des moments de découragements.


Je suis sûre d’une chose, c’est que mes élèves sont contents d’être là, ils arrivent et repartent avec le sourire, certains même, je l’espère, ont appris des choses, mais moi, je ressors de là épuisée. C’est un concert permanent de questions, de demandes de précisions, et aussi et surtout, il faut tenir « tout ça ensemble ». Il faut tous les porter, les amener à s’exprimer autant que faire se peut, à trouver des thèmes qui les amusent / motivent pour les jeux de rôles, pour les productions écrites. 


Sincèrement, je ne pense pas être un jour un bon professeur, bien carrée et/ou autoritaire, j’ai un mal fou à tenir ma classe, nous rigolons souvent et le fait que je cherche à tout mimer au lieu d’avoir recours à la traduction systématique n’a certainement pas contribué à fabriquer une image de sérieux.


Mais je suis sûre d’une chose, c’est qu’humainement, il s’est produit un petit miracle. Ces neuf individus qui se rendaient à l’alliance tous les matins (faisant parfois pour certains plus de 5 heures de route par jour) avec l’idée d’apprendre le français, ont désormais appris des choses sur la France, sa culture et peut être un peu le passé composé. Ces neuf mêmes individus, qui arrivent désormais tous à l’heure, voire en avance, ont aussi généré un groupe, heureux de se voir, de se retrouver et de partager ensemble la vision d’une prof stagiaire qui se bat, transpire littéralement de tout son être, pour créer une émulation et une envie d’apprendre.



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" C’est ma seule et unique


petite victoire pour l’instant.


À bientôt... "


4 - Pour toi, public...

Kikou à tous,

 

J’ai un coup de sang, c’est Philippe qui va être content.

Je viens de réaliser que ça fait un mois que je ne vous ai pas pondu

une petite ligne, alors me voilà.

 

Je fais une longue pause avec vous, car franchement, c’est bien plus marrant

de vous raconter mes histoires

que de m’occuper de la mallette pédagogique

 

Qu’est-ce que c’est que ce truc là ?!

Bonne question, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris moi-même. 

 

Mais en gros, il s’agit de montrer la voie (oui vous pouvez vous marrer)

aux futurs profs débutants qui, comme moi, vont devoir travailler

avec la méthode la plus agréable qui soit (si si), j’ai nommé : Echo

 

Bref,le but est que les petits nouveaux (devrais-je dire prochains stagiaires payés à l’ œil) galèrent moins que moi, en suivant mes recommandations.

Bon, vous voyez le tableau ?

 

Vous comprenez maintenant pourquoi, en ce bon lundi matin, je préfère vous écrire des mots doux, que de m’atteler à ma mission du jour. Héhé!

 

Ma classe de 120 heures Crash (devrais-je dire Trash ?!!) s’est achevée

le jeudi 7 mars, quatre petits jours avant que mes loulous (et moi)

ne soyons confrontés à l’épreuve du DELF.

 

Et bien je pense pouvoir affirmer haut et fort

que c’est moi qui ait le plus souffert dans cette histoire.

 

Pour  l’étudiant, 18 min d’oral (dont environ 10 de préparation)

et 1h20 d’épreuve collective…

 

Pour moi, examinatrice (je m’y ferais jamais), deux jours de souffrances

à écouter au total, bien 55 étudiants tenter de s’exprimer à l’oral,

 

Ouais c’est dégueulasse, je sais, mais on se demande quand même

comment certains osent se présenter devant vous. 

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 Températures dans l'année 

 
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Vivre l'évaluation côté prof !

Et là... un monde s’ouvre devant vous. Celui du business,  qui consiste à exploiter la naïveté et les espérances des candidats à l’immigration au Canada. L’offre des cours de francais explose mais le niveau enseigné, lui, se maintient au ras des pâquerettes.

On voit donc lors des ces deux jours de passation de DELF, des étudiants de tout le Kerala défiler à l’alliance. La plupart d’entre eux ont payé une fortune pour suivre des cours, dans l’espoir de décrocher le DELF. Certains même passent les deux niveaux A1 et A2 en même temps. 

Malheureusement, les élèves qui réussissent cet exploit sont peu nombreux et les écoles qui sont derrière eux sont franchement sans scrupules de laisser miroiter la possibilité de franchir d’un coup de baguette magique les étapes.  Bref, vous voyez donc d’un jour à l’autre se présenter devant des étudiants qui se sont royalement plantés la veille en A1 revenir tout sourire tenter un A2.

Moi je dis chapeau, je n’en aurais pas fait autant. 
Et là je vous parle seulement de l’épreuve orale.


Petite anecdote, le genre de choses qu’on entend et qui vous aide à tenir le coup pendant deux jours. Un candidat à qui je demande lors de la minute de présentation : à quelle heure vous levez-vous le matin ?


Visiblement il ne comprend pas, me dit qu’il ne se lève pas, je reformule et j’obtiens une réponse. "À trois heures du matin".


Je lui demande à quelle heure il se couche, là encore, je parle chinois. Puis à quelle heure il dort. Il me dit "qu’il ne dort pas". Je dis ah bon, quand dormez-vous alors ? Et là, il me dit, "je dors pendant le travail ". Je lui fais répéter pour être sûre de ce que j’ai entendu et pour qu’il se rende compte de ce qu’il a dit : vous dormez au travail ?  Et là, j’ai un "OUI ". 

Quand les apprenants témoignent ...


« Bonjour à tous,

 

Comment ca va?

Okay my French is done ( c’est fini ).

DELF went pretty well considering my preparation (preparasion  ... just in case). Listening would have been really easy if we didn’t have to fill the answer sheet on the basis of what we heard. And I’m really surprised as well as elated knowing that I could pick a little bit of what the French female was actually trying to convey.

 

I should say, it was a thrilling experience doing the French classes with all you guys. I appreciate everyone for effort they took.(if I did sound formal, it was on purpose) To start with Diya travelling all the way. And of course Moncy and her baby, actually Moncy and me were supposed to do a role play together for which she never showed up (merci), oh yess  Anish, he was in the class a day before his marriage and a day after his marriage, I still wonder how? I had my jaws dropped when Nikhil told that he was married, as in he looks really really too young to get married ( and yes Nikhil u can take it as a compliment) and it was very evident that he did spend time and energy to learn French. I have come up with an excellent idea for Sinila, she can patent her notes and sell the rights to publishers who wants to print “Learn French “ type books, because its all in there, 120hrs of French, its all in Sinila’s note. And  I really don’t understand how Rizwin gets to pronounce err correctly, as in without fail all the time she says  errr and that’s correct I don’t get it and I don’t like it. Oh… talking about not liking (okay wait for it) I hate Santhosh, as in this guy he knows it all , like .. Santhosh passé compose prendre … he knows it, Santhosh passé compose recevoir …   he knows it, he knows it all and I hate it.

 

And yes of course The Monia.


First time when Monia took the class, I really wished that Monia taught me Metallurgy and Material Science at college replacing the boring professor, for that matter I feel Monia can make any boring thing look exiting. I think almost all of you would agree with me, if I say that, if not with Monia the class wouldn’t have been the same. The one thing is you enter the class in morning and you are received with the most pleasant smile. She can even bring a smile on a rock.  Monia was one who did hold us together. She showed so much patience on us as in a lot upon me. She transformed the class into a very lively and fun place to be. She just made the class interestingly interesting. She did put lot of positivity and invested a lot more energy in the class. She would danse, jump, act and do what not just make us understand a word. I believe we all can think about something that Monia did in the class which definitely will make us smile. Monia you have made a very proficient teacher out of yourself, that too a very brilliant one. And for these understatements and more you will be remembered. And of course I still think French would have been a lot more easier if the R was silent.

 

   It was a pleasure knowing you all.

Wish all of you a great life ahead. C’est tout “


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Une réaction à : "Pour TOI, Public ..."
Écrivez à MONIA !
(anglais non indispensable)

Il y a aussi l'écrit...

Après ces deux jours merveilleux vient le temps magique des corrections de l’épreuve collective et avec elle, il faut bien avouer, quelques sourires à la lecture des productions.

Mais surtout vous comprenez très vite qu’il n’y a pas de juste milieu : soit ils savent de quoi ils parlent, ont compris la consigne et vous font de jolies phrases, soit ils devinent, recopient un bout de la consigne et brodent. 

Bref, la correction requiert une énergie folle, car même si vous avez un barème  pour vous aider, il est difficile d’être objectif et juste et de ne pas s’emballer quand après trois ou quatre copies catastrophiques, une jolie production se retrouve sous vos yeux ébahis. L’effet de contraste si je me rappelle bien.

Et mes élèves dans tous ça ? - me direz-vous !


Eh bien, je n’ai pas été leur examinatrice lors de ces épreuves, mais ils m’ont tenu  informée et la majeure partie d’entre eux estiment s’en être bien sortis. Et je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de les croire.


Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais à la fin de mon précédant article, je vous avais dit qu’un groupe s’était formé avec une belle émulation. Eh bien, j’en ai eu confirmation. 


Ils m’ont tous envoyé des petits mots doux pour me remercier pour les cours et j’avoue que cela m’a fait très plaisir. Il y a tout même un de ces témoignages (en anglais œuf corse) que j’ai envie de partager avec vous. Pas seulement pour me la raconter (encore que..), mais parce qu’il m’émeut et surtout parce qu’il montre que ça vaut le coup de suer, de se battre et de faire le clown en classe. Que nous tous en avons retiré quelque chose.


À bientôt. 



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5 - Aux poètes de la chanson française
et aux autres…

Depuis la dernière                fois que je vous ai écrit,

il s’est passé              presque un mois.  


J’ai eu le temps de prendre un petit break (tout petit, trop petit) et surtout de recommencer un cours crash A2.

Quatre heures par jour tous les jours

aux pires heures qui soient :

midi- seize heures !!!


Quand je pense que j’ai osé me plaindre avant

de mon rythme infernal, tu parles, chochotte que j’étais.

Maintenant non seulement il faut assurer les cours, leur préparation et en plus il faut mettre les bouchées doubles pour réviser, faire les devoirs avec mon groupe de travail.


Vivement le 12 juin qu’on y passe tous et qu’on en finisse. 

Voilà fallait que ça sorte, mon mini caca mou. LOL


J’ai donc commencé depuis plus de quarante heures déjà un cours A2. Je pensais que A1 était difficile en fait non, vu que les petits loups en A1 ne savent rien du tout en arrivant vous pouvez leur racontez n’importe quoi ou presque, ils vous croient et boivent vos paroles.


En A2, que nenni. J’ai devant moi un groupe de 16 personnes et certaines d’entre elles sont malines. Trop malines. Je me retrouve régulièrement à devoir approfondir des points sur lesquels je pensais passer, disons, plus rapidement.


Les propositions relatives par exemple avec les pronoms qui/que/ou.


Vous connaissez la règle, mais vous savez aussi comme moi que parfois ces pronoms sont interchangeables en fonction du sens que l’on veut donner à la phrase.


Et bien, en tant que natif, on a rarement ces choses en tête lorsqu’on corrige des exos. Et je dois dire que je me suis fait alpaguée quelques fois cette semaine. Mais bon, je suis là pour apprendre, ils le savent et on avance ensemble.

Cocotier Inde.jpg
Soupe Indienne dans rue.jpg
Soir indien.jpg
 Ndrl : se trouve TRIVANDRUM ?
Pour voir où est MONIA, clquez sur     le mot en bleu !

" Ce n'est qu'un début ...

Dans tout apprentissage,

Il faut du courage et poursuivre.


À bientôt ! "


Kikou à tous,                                                                       Trivandrum, le 20 avril 2013


Samedi soir, je pensais trouver la paix et le réconfort dans mon café préféré, le seul équipé de wifi, pour pouvoir bosser un chtio peu sur nos révisions et bah non. Il y a des travaux en cours à l’étage d’en dessous. C’est ce qui va me sauver d’une soirée révision et c’est sur vous que ça tombe, pauvres malheureux, me voilà contrainte et forcée de pondre un article pour Philippe, le chef d’orchestre de la BND.

Je voulais d’abord vous remercier pour tous les commentaires que vous avez laissés, mais je dois bien vous avouer que je me sens frustrée car certains d’entre vous ne laissent pas leur email et je suis donc dans l’impossibilité d’échanger et ça me stresse. C’est pas évident (si, si) de lire de jolis commentaires et de ne pouvoir y répondre. Bref, si ça vous chipote encore cette fois, please mettez un email que je puisse au moins vous rendre la pareille.

Voilà, les rappels étant fait et le décor étant planté je peux maintenant tenter de vous raconter la suite de mon stage. 

Les autres Nouveautés ...

La nouveauté aussi pour moi avec ce cours A2, c’est que contrairement en A1, je les ai eus en charge dès la première minute.

Il a fallu trouver un moyen de briser la glace, de les faire se découvrir, se parler tout en évaluant le niveau de chacun. Et là, on prend peur.. Ok, j’ai pris peur.


J’ai dans ma classe un élève qui a le niveau B1 mais qui revient en A2 pour réviser la grammaire et ses bases (le pauvre, je sens qu’après moi, il va nous mélanger tout ça dans un beau shaker).

J’en ai qui ont étudié le niveau A1 il y a un an et qui, bien sûr, se pointent comme une fleur  en pensant que ça va sortir tout seul.

Et enfin j’ai les tout frais motivés qui enchaînent les niveaux dans le rêve ultime de s’envoler pour le Canada le plus tôt possible.


Tout ce petit monde réparti sur une tranche d’âge de 15 à 32 ans de l’étudiant en cours d’été jusqu’au gars qui a sa propre entreprise de construction.  Je vous laisse imaginer le casse-tête pour trouver des activités qui plaisent à tous sans en laisser trop sur le côté.


FACILE .


Néanmoins, les choses se passent bien, en tous cas je me plais à le penser et ils arrivent toujours avec le sourire et repartent avec . Et moi j’ai perdu trois litres d’eau dans la foulée.


Une autre nouveauté avec ce cours A2 est que je dispose d’une salle avec un projecteur et un ordinateur, ce qui me permet de diversifier un peu le contenu de mes cours en proposant des documents authentiques. Une vraie révolution ici à l’alliance. Le projecteur a été installé il y a dix jours, et personne ne l’avait testé. Il fallait donc que je répare cette injustice (j’en fais trop la peut-être ?!!) et que j’essaye de faire fonctionner la bête. Bon, heureusement quand on vit en Inde, on apprend très vite qu’il faut tester les choses avant de se lancer en live. La connexion internet n’était pas établie et le son pas relié.


NORMAL.

   


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De l'emploi du subjonctif présent en musique ...

Bref, lundi dernier je me suis donc lancée, non sans vous avoir mis à contribution sur FB sur le thème merveilleux et cap au combien difficile de l’emploi du subjonctif. 


J’ai finalement choisi Sinsemilia et « tout le bonheur du monde » et malgré une interruption brutale due à une coupure d’électricité, j’ai pu me servir de la chanson pour fixer un peu plus l’emploi du subjonctif et sa conjugaison. 


Je mesure chaque jour la chance d’avoir internet à disposition pour m’aider à transmettre un peu de notre belle langue. Franchement ca devait être beaucoup moins interactif et attrayant à l’époque de nos grands-mères…


L’emploi des ressources authentiques et plus particulièrement le vidéo clip permet de casser la routine de la classe surtout quand il faut assurer pendant quatre heures. L’ambiance est plus détendue (quoi que dans ma classe, on est rarement stressé...LOL) et cela permet s’assimiler les choses d’une autre manière, de sortir du cadre de la méthode. 


Bref, l’essayer c’est l’adopter. 


A tel point que mes élèves, le lendemain m’ont demandé si on pouvait faire, attention tenez vous bien : Sexion d’assaut et la chanson « Désolé ».


Bah, quoi ? Vous tombez sur votre cul ? Oui moi aussi. 


Mes petits élèves A2 adorent Sexion d’assaut !  Quand je vous dis que j’ai de la chance, je suis encore tombée sur un super groupe d’étudiants qui sont proactifs, qui proposent et qui ont envie.


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De curieuses crêpes aux champignons ...

Du coup, je me suis sentie  contrainte et forcée de finir la semaine en beauté avec une séance révision sur la conjugaison du présent, passé composé et futur.

Et là, je remercie Olivia Ruiz et ses « crêpes aux champignons » qui m’ont permis de prendre à contre-pied mes étudiants quand après avoir fait un remue-méninge sur  le titre,  ont découvert le clip de la chanson sans le son et surtout qu’il s’agissait d’autre chose que d’une simple histoire de nourriture. ..

Bref, le niveau A2 me permet de mettre en pratique ce que j’ai appris en A1 dans ma manière d’aborder une classe et surtout maintenant que j’ai un peu (un tout petit peu) plus d’assurance de me lancer dans des activités plus ludiques.

Voila, assez causé de moi et de mes loulous pour aujourd’hui, il faut que je retourne à mes annales (et vous aussi)...


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À bientôt !

et merci pour vos conseils

et vos aides et tout le reste…

Monia.

6 - Elle boit pas, elle mange pas, elle b@*%* pas mais... qu’est-ce qu’elle FLE !!!

 Ça vous rappelle quelque chose... ? 


 Kikou  à tous, 



 J’espère que vous avez plus la péchouillette que moi… 

Je ne me rappelle plus trop de la dernière fois où je vous ai écrit mais là, 

 il faut bien avouer que je pète sérieusement un câble et j’avais envie de  

  partager mon pétage de plomb, de durite ou de ce qui vous plaira, 

 avec vous. 


 Je sens bien que nous traversons tous cette phase avec plus ou moins 

   de stress, il n’y a qu’à voir le nombre de post liés à la préparation de   

  l’exam sur FB et les mêmes qui questions qui reviennent  

  encore et encore... GRRRRRRRRR  


 Et bah, moi c’est pareil. Et d’un coup j’ai dans la tête la chanson de 

 je ne sais plus qui, «  JE NE SUIS PAS UN HEROS » 

 et bah oui j’ai envie  d’hurler que j’en ai marre. 


  Voilà. C’est dit !  


 

C'est infernal, mais que c'est bien !

Je ne vous cache pas que, oui, j’aime avoir une classe devant moi, j’aime mes petits loulous de A2, et cette fois-ci encore, un vrai groupe s’est créé.


En revanche, je doute sérieusement de mes capacités à enseigner.


Quand je vois ce qu’ils me pondent en devoir, je ne pense sincèrement pas les avoir fait progresser d’un iota. Et à vrai dire, comment faire ? Lorsqu’on a à peine 100 heures devant soi, pour enseigner tous les jours, pendant 4 heures, les « subtilités » de notre langue.  Ça me dépasse. Je suis sûre que vous avez forcément votre opinion à ce sujet. 


Je le vois bien, cela leur demande un investissement et un travail énorme tous les jours pour enchaîner, digérer et enfin régurgiter (dans la mesure du possible) tout ce que j’aurais eu un mal fou à expliquer.


Mes loulous sont fatigués,

et je suis fatiguée,

comment voulez-vous qu’on y arrive ? 


Heureusement l’ambiance est bonne.

 


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Et les révisions de surcroît !

On me pose souvent la question : « comment tu fais ? »,
on me dit : «  tu apprends plein de choses grâce à ton stage ». 

Ouais, c’est vrai, j’apprends plein de choses sur la pratique, mais si vous voulez vraiment tout savoir, c’est loin d’être une sinécure et je vais même briser un mythe (si mythe il y avait ), à refaire, je ne ferais pas un stage de 6 mois. J’ai vraiment l’impression de me tirer une balle dans le pied et de ne pas être prête du tout pour l’exam.

Je n’ai pas eu le temps de lire ne serait-ce qu’une seule fois l’intégralité des cours, j’apprends les contenus des niveaux parce que je donne cours (autant dire qu’au-delà de A2, c’est le néantet là, en phase de révision, je ne suis toujours pas foutue de nous faire un corpus potable.

Six mois de stage en parallèle du diplôme, c’est du suicide.


Je bouffe FLE, je travaille FLE, le soir je lis FLE et là je rêve de FLE… Peut-être que je veux trop bien faire, que je me donne trop, mais j’estime qu’on ne peut pas arriver devant ses élèves sans être préparée.


Bref, dans une autre vie, je me contenterais de trois mois, ce qui laisse largement le temps de respirer et de préparer ce satané exam en toute sérénité.

Mon but n’est pas du tout de vous décourager, mais de vous amener à réfléchir, vous les futurs diplômés, sur les conditions de stage.

Je suis désolée, pour une fois mon petit bout d’article n’est pas tout rose, mais il faut parfois aussi savoir partager la réalité telle qu’elle est : DURE.

 


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Allez, je vous poupouille tous,

 

Je souhaite à mes tits collègues de promo plein de courage pour la dernière ligne droire et aux autres, plein de courage pour les 7 mois à venir.

À vous lire.


Monia

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Inssuflez du COURAGE à MONIA !
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Kikou à tous,                                                                     Trivandrum, le 5 septembre 2013

 

J’espère que vous allez tous formidablement bien.
Je me suis réveillée sur le coup des cinq heures du mat’ et ne me demandez pas pourquoi, j’ai réalisé que cela faisait bien quatre mois que je n’avais pas partagé mes petites expériences.
En quatre mois, il s’en est passé des choses, on a tous passé la fameuse épreuve du 12 juin, certains sont partis en vacances, d’autres angoissent à l’idée des résultats certains cherchent un travail, d’autres en ont trouvé.
Voilà ma version de ces quatre derniers mois.

7 - Dans le vraie vie ...

Sur la fin de mon stage, je me suis mise en quête d’un travail avec cependant une petite difficulté à gérer.


En effet, début juin c’est la rentrée scolaire ici en Inde et bien sur la majorité des écoles n’ont pas attendu que super Monia se pointe et leur propose ses services.


J’ai donc envoyé des candidatures spontanées en Inde en me disant que c’était cuit. Puis, j’ai écrit sans vraiment y croire à une école internationale du Kerala membre du programme IB.


Et deux heures plus tard, j’avais un coup de fil,

me demandant si je pouvais me rendre à une interview,

faire une démo classe et voir deux ou trois personnes.


J’ai bien sûr sauté sur l’occasion, je n’oublierai jamais,

à quatre jours de l’examen,

j’allais perdre une journée de révision.



 

Et c'est parti !

Je me pointe donc à la fameuse école.


Une beauté, des bâtiments magnifiques en pleine nature à 25 km de Trivandrum, dans le trou du cul du monde. Je rencontre un prof avec qui le courant passe super bien et là, il me montre les bouquins avec lesquels il travaille et avec lesquels je dois assurer ma démo classe.


Je le regarde ahurie et j’ouvre des livres majoritairement en anglais édités dans les années 90..on est bien loin de la méthode actionnelle. Qu’à cela ne tienne, je choisis de faire mon cours sur le passé composé. Le prof me mets en garde. Fais ton cours en anglais me dit-il, les élèves ne comprennent rien et ne parlent pas. Je réponds que je ne sais pas comment faire un cours de français en anglais et que tanpis !


Je me retrouve devant 16 étudiants en classe 10, environ 15 ans, et qui n’ont pas de livres devant eux. Et je dois faire classe !!! Et bien sûr, je suis observée par le gratin de l’école… Je ne sais pas par quel miracle j’y suis arrivée mais les petits loulous se sont pris au jeu, ont même cause un peu et on a révisé le passé composé. On a dû m’arrêter de force. J’étais censée faire 25 min de démo, j’ai en ai pris 40…LOL


Bref, vous l’aurez ça c’est plutôt bien passé et je me suis retrouvée embauchée pour un salaire de misère et en plus la roupie dégringole. Mais je suis embauchée !!!

 


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Une nouvelle vie de prof ...

Je trouve le moyen de mettre fin à mon stage (non sans m’être pris plein la tête de la part de mon ex-boss préférée) et le 19 juin je m’envolais pour Paris récupérer un joli visa de travail.


La période parisienne m’a donné l’opportunité de rencontrer Valérie, Béatrice et le célèbre Philippe. Une formidable soirée et journée que je ne suis pas prête d’oublier !! 


Ma première virée en mode star… Comprenne qui pourra. LOL



Après trois longues semaines à espérer mon visa, la libération est arrivée le 17 juillet et deux jours plus tard, je repartais dans mon Inde pour commencer une nouvelle vie de prof.



J’enseigne (enfin j’essaye) avec des bouquins

qui vous feraient pleurer,

sans cd, sans dvd à des enfants entre 7 et 16 ans.


27 périodes de 40 minutes par semaine. 


Pas le temps de s’ennuyer, croyez-moi.

Pas d’accès à internet, pas d’ordinateur, pas de rétroprojecteur.



La première semaine, j’ai demandé à rencontrer la directrice pour lui dire que je ne pouvais enseigner de cette façon, qu’il me fallait au moins des hauts parleurs et un lecteur de dvd/cd pour assurer mes cours. J’ai eu le droit à une petite enveloppe et je suis moi-même allée faire mon shopping pour pouvoir assurer des cours un petit peu interactifs avec les élèves.

Heureusement, que j’avais emmené quelques ressources mais croyez-moi c’est dur d’enseigner dans ces conditions.


 


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Aidez moi ...

Néanmoins, tous ces petits désagréments laissés de côté, je prends un réel plaisir à interagir avec les petits (qui me faisaient et continuent de me faire peur). C’est à la fois très demandeur, épuisant, stressant, mais tellement gratifiant.


Vous l’aurez compris, école internationale ne signifie pas nécessairement dernier cri en matière d’enseignement et bien que les divers programmes internationaux recommandent vivement l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères. Celles-ci, en matière de ressources et de moyens mis en œuvre restent quand même très largement laissées de côté. Je me bats pour que cela change, mais les éléphants se mettent difficilement en mouvement.


Je profite de cet article pour vous demander votre aide :


si jamais vous avez des ressources, audio, vidéo, PDF ou autres,

pour un public de 7 à 15 ans A1 à B1,

je suis preneuse.

 


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Voilà c’est fini,

 

j’ai assez radoté pour aujourd’hui et pour les semaines à venir.

Il ne nous reste plus qu’à attendre les résultats et espérer qu’on l’aie tous. Tenez-moi au jus par mail (moniavoegelin@gmail.com) car je n’ai pas FB.


À vous lire                          Monia
Aidons MONIA !
et commentons allègrement...

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"Dans la vraie vie..." en INDE .

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Chers lecteurs de la BND et d'ailleurs,                  Trivandrum, le 31 décembre 2013

 


 


8 - The siver lining ...

Il est temps pour moi en cette fin d'année 2013 de vous faire part d'un premier petit bilan.

 Ouais, je sais c'est pompeux. 
 Mais en même  temps, 
 l'année 2013 a été bien chargée : 


Un stage à l'AF de Trivandrum où j'ai découvert les joies d'enseigner à des adultes, notre examen en juin, la prise de poste quasi immédiate dans une école internationale, la réussite ras les paquerettes du DAEFLE et enfin, la dure réalité de la vie d'enseignant à des années lumières de l'univers de l'Alliance.

Et encore années lumières,
j
e ne suis pas certaine que cela reflète exactement le sentiment que j'ai à travailler dans ce cadre.

Bon je vous dresse le tableau, j'enseigne à des enfants de 7à 16 ans. Croyez-moi, la tranche d'âge est seulement de 10 ans mais j'ai bien trois publics complètement différents.


1 - Les plus jeunes ...

Les petits d'abord , en classe  3-4-5, nous sommes en général en petit comité, de 3 apprenants à 10 maximum entre 7 et 10 ans donc.

 Le public le plus exigeant selon moi, celui qui requiert le plus de préparation. Celui qui ne vous laisse pas souffler une minute, vous réclamant des jeux, des chansons,des activités de tout poil, celui qui vous “engueule” quand vous vous êtes absente, qui vous fait des bisous, vous prends des ses bras et  vous  dit “ vous êtes mon professeur préféré”.

Un grand mystère ces gamins, quand de mon côté, j'ai l'impression de passer mon temps à leur rappeler les termes de notre ”essentiel agreement”, qui en gros definit la conduite à adopter en classe, à les faire réfléchir sur leur comportement, à demander le silence parfois!) Bref, à croire que plus on leur crie dessus, plus ils vous aiment. Bizarre ces petites bêtes et curieusement mes meilleurs élèves.

 


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2 - La classe de 6ième ...

Les plus tout à fait petits mais pas encore grands, j'ai nommé ceux qui devant moi, franchissent doucement le pas entre la petite enfance et l'adolescence. MAMAMIA.

La classe de 6eme, entre les garçons relativement gamins et les filles qui viennent m'annoncer leurs premières menstruations, le fossé est grand et s'aggrandit sous mes yeux. Vingt élèves devant moi qui me regardent comme si j'étais soit une alien, soit une grande folle, tous plus ou moins victime du déchaînement hormonal qui les anime.

Ma classe la plus nulle, un seul élève a la moyenne. Mon plus grand désespoir. La classe que je redoute le plus, celle qui me laisse avec mes incertitudes de professeur les plus primaires. Suis-je un bon prof, que faire pour les réveiller, comment leur faire comprendre ? Récemment, j'ai revu le film “prof” avec Patrick Bruel, et bah en exagérant un peu, je me suis retrouvée dans la peau d'Isabelle Mergault à mimer la parade amoureuse.  Pas simple tout ça.

 


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3 - Les "Grands" ...

Et puis,on a  les grands .. seize ans de moyenne, classe 10. 

Dix-huits êtres humains en devenir. Ceux qui passent leur fameux “board” exam dans quatre mois. Ceux qui pour la plupart vivent dans le néant le plus total et entendent votre voix de loin, de très très loin, par delà les méandres du vide de l'univers, et les autres, une minorité, qui vous admirent, vous regardent comme le symbole du savoir à qui l'on peut tout demander, tout dire et qui vous considère comme une bonne copine.

Si Si. Une vraie surprise. Je n'en reviens pas moi-même. Ma classe la plus challenge, celle avec laquelle j'ai des objectifs de réussite à atteindre. Il faut qu'ils parlent, qu'ils écrivent, qu'ils comprennent à l'écoute et à l'écrit.  Dur dur, mais vous savez quoi, quand on y arrive et bah ça fait du bien.

Quand j'ai récupéré la classe, pas un seul ne pouvait articuler trois mots, et maintenant, j'ai au moins trois élèves qui ne perdent pas une seule occasion de me parler en français. J'en ai quelques autres qui baragouinent difficilement mais qui essayent et puis bien sûr, il y a les autres, ceux que je ne touche pas, mais qui ont au moins arrêté de perturber la classe. C'est déjà ça.


 


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Et la démarche actionnelle dans tout ça ?

Mon plus grand regret dans tout ça et quelles que soient les classes c'est que je n'ai JAMAIS réussi à mettre une seule fois en pratique l'ACTIONNEL.
Je n'y arrive pas dans le contexte dans lequel je travaille, je ne vois pas comment faire. Si vous vous sentez prêts à faire des suggestions , je suis plus qu'ouverte mais laissez-moi d'abord vous décrire mon emploi du temps.

J'ai 30 périodes de 40 minutes et en moyenne 4 périodes par semaine avec chaque classe. Je dis en moyenne, car souvent les réunions, sorties extra-scolaires et autres évènements viennent chambouler tout cela.
Mettons, sur les 40 minutes, vous en perdez déjà 6. Le temps que les élèves arrivent dans votre classe ou vous dans la leur, et leur attention qui cesse définitivement 5 minutes avant la fin du cours. Il vous reste donc joyeusement 33 minutes.

Seule ma petite classe de primaire est équipéée d'un ordinateur avec des enceintes ridicules, pour les autres classes, nous nous partageons entre tous les professeurs de langue, un seul lecteur de CD. Bref, si on résume la situation, vous pouvez déjà considérer que promouvoir  l'écoute, la phonétique  en classe ce n'est juste pas possible.

Mais revenons à l'actionnel, même en étant très douée ( ce qui n'est pas mon cas) et en ayant des élèves idéaux,  je ne vois pas comment faire de la sensibilisation, de la compréhension, de la conceptualisation en 33 minutes chrono.

Pour être honnête,  j'ai parfois le sentiment que tout ce que j'ai appris lors de mon stage et lors de la formation ne m'ont servi qu'à obtenir un diplôme, histoire de justifier que je ne suis pas une demoiselle qui s'est improvisée prof du jour au lendemain. Le fossé est tel, entre la pratique de classe dans une école (internationale ou non) et la méthode de l'alliance que je me demande vraiment comment mes élèves arrivent à apprendre. Je suis de moins en moins étonnée lorsque j'entends parler autour de moi de gens qui ont appris le français pendant des années à l'école mais qui sont incapables de dire autre chose que "bonjour", "comment ca va".

Et franchement, maintenant que je fais partie de ce système, je suis dépitée de voir la place accordée à l'enseignement des langues et surtout la méthode appliquée dans ces écoles prétendument internationales.

En Inde, en tous cas, on ne fabrique pas des communicants mais des robots capables de passer un examen, la perspective actionnelle est nulle part, l'utilisation de la langue comme moyen essentiel de communication n'est point valorisé.

 


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Mais bon, des miracles se produisent et à force de volonté, d'acharnement on continue.

Et même si je n'ai pas les moyens d'enseigner comme je le voudrais, je suis contente chaque matin de me lever et de partager avec mes étudiants l'amour de la langue française.

 

Sur ce, mes petits loulous, je vous souhaite une excellente année 2014, pleine de FLE.

 


À vous lire                          Monia
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