12 - Le VIETNAM


" Je ne sais de toi que des images de la guerre

Un film de Coppola, des hélicoptères en colère

Un jour, j'irai là-bas

Un jour, dire bonjour à ton âme

Un jour, j'irai là-bas

Te dire bonjour, Vietnam ! "


PHAM QUYNH ANH - Hello Vietnam (cliquer pour écouter!)


2. Challenge!


Et pourtant, tombent alors les premières questions
- Serais-tu capable de présenter cet article devant d'autres personnes?
- Oui, bien sûr!"
Je gagne alors un billet d'avion aller-retour pour participer au colloque international de Da Nang pour une durée de 4 jours.
J'ose : "Si vous voulez qu'on se voit après le colloque, pas de problème, je resterai un mois au Vietnam et j'en profiterai pour faire du tourisme!". Je gagne alors une invitation d'un mois pour faciliter ma demande de visa!

Jusque là, tout était parfait! J'allais partir au Vietnam! Le stress commence alors : 2 mois avant le départ : "Sais-tu parler anglais? Car finalement le français ne fera partie des langues officielles du colloque et il faudra présenter l'article en anglais."

Me voici donc, traduisant les 11 pages de l'article en anglais, m'entrainant à le présenter malgré un anglais très "frenchie"... Mes week-end, mes temps-libres du midi (environ 15 à 20 heures par semaines) tout y passait!

Et voici que 2 jours avant le départ pour le colloque, on m'annonce "il y a trop de participants! Votre article sera publié en français mais vous ne le présenterez pas à l'oral." A la fois déçu et soulagé, de ne pas pouvoir enrichir mon expérience professionnelle mais d'éviter une présentation de 20 minutes dans la langue de shakespeare.

Arrive le grand jour, le départ... et l'arrivée!

Accueilli dès l'aéroport d'Hanoï avec d'autres membres de mon université, nous sommes accompagnés jusqu'à Da Nang.
Premières rencontres avec l'université d'accueil. Une bonne occasion de mieux comprendre les attentes en relations internationales de ces universités étrangères.

Le colloque se déroulera selon un rituel qui me sera présenté comme étant habituel :

1) On me remet 2 gros livres récapitulant tous les articles du colloque puis un diplôme.

2) Une série de chants et de danses traditionnelles et modernes (des chansons connues depuis des générations jusqu'à du Mickael Jackson!) présentées par les élèves et les enseignants de l'université d'accueil

3) des discours d'ouverture présentant le programme du colloque et une avalanche de  remerciements envers les principaux organisateurs et donateurs.

4) des présentations d'articles de la part des personnalités les plus importantes devant toute l'assemblée puis une division des participants en ateliers. J'écoute alors les présentations en anglais (que le locuteur parle anglais ou que son discours soit traduit du vietnamien).

Une formidable opportunité de découvrir et comprendre comment fonctionnent des colloques internationaux !

Le colloque terminé, nous voici tous en partance pour revenir dans nos pays respectifs sauf moi, qui reviendrai à Hanoi pour 2 jours de réunions avec les universités partenaires de celle où je travaille.
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1. Le Vietnam dans ma vie



Enseignant les mathématiques et le français (en FLM / FLS) à domicile à de nombreux étrangers (dont 10h par semaine à des vietnamiens) et également secrétaire administratif à l’Université de Toulon pour des diplômes délocalisés à Hanoï, j’ai la chance d’être en lien régulier avec le Vietnam.


Et voici qu'après presque 7 ans à travailler de 6 à 35 heures par semaine avec ou pour des vietnamiens, arrive une opportunité inespérée : une demande "d'aide à la traduction pour un article destiné à un colloque international d'économie au Vietnam". Un bon moyen de concilier mes activités d'enseignant avec mes activités universitaires...

Me voici alors, pendant presque 3 mois, travaillant à corriger un article long de 11 pages. Rehaussant le niveau de langue, corrigeant le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe... Les trois mois écoulés, l'article est envoyé. Qu'aurai-je pu espérer si ce n'est augmenter mon "capital social" et mes contacts dans ce milieu...

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3. Un peu de tourisme


Pour l’aspect touristique, le Vietnam est sans nul doute un pays agréable et magnifique.

Il faut, bien sûr, assimiler la culture, les codes, les phrases quotidiennes etc. pour pouvoir se plonger dans le vrai Vietnam, hors des cartes postales et des tours opérators!

Mes journées étaient ponctuées par les nombres (que ce soit pour marchander, commander à manger, payer…), les « chi oï » ou « em moï » pour appeler la serveuse et les « ting tien » pour demander la note…

Je regrette, en revanche, le manque de sourire de ces gens. Inutile de vous attendre à de la politesse ou à un sourire lors de vos achats ou lorsque vous mangez. Cela existe uniquement pour les vietnamiens habitués aux touristes. Néanmoins, lorsque vous les connaissez, ces gens deviennent très vite très chaleureux et viennent compléter le plaisir des sens : étals de fruits, odeur d'encens brûlé à même le sol, phô (soupe locale) et jeunes filles
en ao dai (robe vietnamienne traditionnelle) qui vous propulsent dans une autre dimension!

Que vous soyez communiste ou non, personne ne vous forcera à adhérer au Parti, bouddhiste ou non, personne ne vous forcera à prier dans les temples, mais il existe une habitude que chaque vietnamien pratique à la perfection et sans inquiétude. Si vous souhaitez vous intégrer et maximiser vos chances de survie en ce beau pays, il faudra vous y plier : savoir traverser la route.

Le flot souvent ininterrompu des grandes villes rendent très difficile de traverser la route,
pour nous européens.

La technique, très difficile au début, est la suivante : attendez une brèche, un moment de quelques secondes de pause entre 2 scooters et traversez ! Regardez bien les scooters qui vous viennent dessus, mais surtout, ne changez pas d’allure ! Ne courez pas, ne vous arrêtez pas, marchez ! Sans ralentir ou accélérer. Les véhicules vous contourneront car ils seront en état de prévoir où vous allez. Si vous ralentissez ou accélérez, ils seront surpris, vos mouvements seront imprévisibles et cela devient dangereux !

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4. Etre enseignant au Vietnam ?

Peut-être certains d’entre vous se posent la question : est-il possible de partir là-bas pour y enseigner ?

Je me suis posé, tout comme vous, cette question. Hélas, c’est difficile ! Si vous vous rendez dans des grandes villes (Hanoï, Ho Chi Minh Ville…), vous trouverez des postes de professeur mais très mal payés! Il faudra alors faire comme les vietnamiens : avoir un second travail.

Comme me l’a dit un vietnamien sur place : «J’ai 2 travail : un pour le CV l’autre pour l’argent !». Les compagnies immobilières et les sociétés d’import-export sont très prisées par ces catégories de gens instruits.


Les contrats d’expatriés sont de plus en plus rares, il vous faudra donc compter sur 2 salaires ou trouver une vraie place en or si vous souhaitez vous installer !

5. Aujourd'hui, la place du français

A ma grande surprise, j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux universitaires francophones.

Pourquoi à ma grande surprise?

Tout simplement parce que ces mêmes gens se présentaient comme étant anglophones. « Je ne dis pas trop que je parle français, c’est mal vu ! » me confiera un directeur adjoint. A ma question « Pour quelles raisons ? », son voisin de table (que je ne savais pas francophone) me répondra « Le français est mal vu quand on travaille dans les affaires. Le français c’est la langue des gens qui font de la littérature et qui aiment beaucoup parler. Si on est sérieux, on parle anglais. Le français sert juste à parler aux français, aux belges et aux canadiens. Pour tous les autres pays c’est l’anglais. »


Peu avant mon départ, je serai invité pour l'anniversaire des 5 ans d'une société de placement d'étudiants dans les universités étrangères.
J’y retrouve le même rituel qu’au colloque international de Da Nang :
1) Une série de chants et de danses traditionnelles et modernes
2) des discours d'ouverture présentant l’entreprise et une avalanche de
    remerciements envers les principaux collaborateurs, organisateurs et donateurs.

3) des présentations du travail accompli depuis 5 ans

A cette occasion, je constate que les partenaires français sont nombreux mais très peu demandés par les étudiants qui partent à l’étranger. On m’explique que les étudiants partent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie et parfois dans les pays proches tels la Chine, le Japon, la Corée du Sud ou la Thaïlande ; mais que le français n’attire quasiment pas : il n’est pas assez synonyme de la certitude d’un travail bien rémunéré.

Bien sûr, la soirée ne s’arrête pas là : elle commence avec une danse rituelle à laquelle je me suis essayé (le 1er pas fut catastrophique !) et qui consiste à sauter entre des bâtons tenus et manipulés selon un certain rythme (si on saute trop tôt, on se fait serrer les chevilles à l’étape d’après, si on saute trop tard on se fait serrer les chevilles sur place !), un repas précédé par un apéritif au cognac et au whisky, puis bien sûr le traditionnel karaoké !!!

6. Vivre au Vietnam

Justement… Et l’argent?
Combien pour vivre au Vietnam?


Ca dépend de votre style de vie! Réponse facile me direz-vous? Pas tant que ça…

1€ correspond à environ 27 000 VND (Viet Nam Dong). Pour 30 000 VND vous faites un repas dans la rue ou dans un restaurant aux normes sanitaires locales.
Si vous voulez un restaurant propre, il faudra compter 500 000 VND. On passe de 1€10 à 18€50!


Les hotels de base (une chambre, une salle de bain avec douche et eau chaude) coûtent généralement de 100 000 à 250 000 VND. Un hotel un peu sympa (chambre supérieure à 10m²) coûte tout de suite 1 100 000 VND. Avant de prévoir votre budget, il faut donc savoir ce que vous êtes disposés à abandonner de votre « occidentalité » ! L'eau chaude, par exemple, pourra assez souvent être en option! Et si vous posez la question "Il y a de l'eau chaude?" et que l'on vous répond "Oui!", dites-vous bien que dans une chambre à 100 000 VND, la réponse signifie en fait "Des fois oui".

Pour vous donner une idée du total (pour ceux qui souhaitent partir) : j’ai mangé tout le temps dans la rue, j’ai dormi dans des hotels bon marché (de 100 000 à 250 000 VND), je me suis fait le luxe d’un smoothie 4 fois par jour (30 000 VND le smoothie), j’ai ramené des choses pour moi, des cadeaux pour la famille, j’ai voyagé du nord au sud (donc : avion, taxi, location mobylette…) pour un budget total de 600€ .

Alors… Tenté ?

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Petit jeu : trouvez le français!

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