6.1 - Les Cafés Pédagogiques FDLM AF PIF 17/01/13

Page du module optionnel TICE



SOMMAIRE de la PAGE :

1- Présentation de la revue  le Français dans le monde (FDLM)
 
2- Table ronde :
"Web social et apprentissage des langues"
 

3-
Conclusions

Vous pouvez cliquer sur les MOTS en bleu (liens internes)
pour vous rendre directement à la rubrique concernée.

Café pédagogique Le français dans le monde :

« Web social et apprentissage des langues »

 

jeudi 17 janvier 2013

 

      Dans les locaux de l'Alliance Française Paris Ile-de-France

1- Présentation de la revue: Le français Dans le Monde (FDLM)
par Sébastien Langevin - rédacteur en chef

La revue LFDM existe depuis 51 ans et est à parution bimestrielles.
les grands axes des différentes parties systématiques sont:
- partie Centrale : correspond au "dossier" de la revue, avec un panel de thèmes très différents sur la langue, la France et la Francophonie.
- partie Époque : sur l'actualité socioculturelle avec présentation de personnalités francophones et systématiquement une rubrique économique.

- partie Formation : constituées d'articles courts rédigés par des profs de Fle et des activités institutionnelles.
- partie Culturelle : avec trois rubriques "à Voir", "à Écouter", "à Lire", à but de documentation.


Entre ces différentes parties, on retrouve régulièrement des pages "interlude" avec des tests et des jeux par niveau du CECR, avec des exploitations pédagogiques qui renvoient sur le site du FDLM.

Sur le site, on retrouve :
- les fiches pédagogiques classées par rubriques clé.
5 fiches sur 7 sont faites en partenariat avec l'Alliance Française.
Ces Fiches sont consultables en ligne, mais aussi téléchargeables.

- la bibliothèque de médias : Ce sont des enregistrements sur l'actualité francophone, enregistrés, comprenant également une transcription intégrale. Ils sont renouvelés deux fois par mois.
Actuellement 120 enregistrements sont disponibles.
- Suppléments en ligne : ce sont des compléments à la revue avec des vidéos pour chacun des articles.
- On peut également télécharger le pdf de l'ensemble de la revue.

2 grandes nouveautés à signaler:


1°- Un abonnement numérique est en train de se mettre en place, ce qui permettra de résoudre le problème d'acheminement de la revue papier dans certaines régions du monde, tout en baissant également les coûts.
Cette possibilité sera effective à l'occasion d'Expolangues, dans 3 semaines (du 6 au 9/02/13).

2°- Le retour des fiches pédagogiques dans la revue. Depuis 2010, toutes les fiches étaient exclusivement sur le site, mais à la demande de nombreux profs, 4 fiches sont remises au sein de la revue.



Retour au Sommaire

 

2- "Le Web social et l'apprentissage des langues",

Principal outil de communication électronique depuis quelques années, le web social peut également être utilisé à des fins pédagogiques, en particulier dans l'apprentissage des langues. Développer les compétences de l'écrit, favoriser le dialogue interculturel, ouvrir les cours de français sur des échanges internationaux : le web social s'inscrit d'ors et déjà dans la lignée des technologies à inviter en classe.

La présentation s'est faite sous la forme d'une discussion entre trois intervenants et un "animateur":

- Mme Edna Castello - Doctorante - Laboratoire LIDILEM, Université Stendhal Grenoble
- Mme Muriel Grosbois - Enseignant chercheur - Université Paris IV Sorbonne, auteure de Didactique des langues et technologies PUPS 2012

- M. Lucas Pruet - Responsable pôle innovation et projets pédagogiques - Alliance Française Paris IdF.


- Animateur : M. Sébastien Langevin - Rédacteur en chef - le FDLM.



2.1- Définition du Web social : le Web 2


Howell a définit les 5 principes du web 2.0: créer, diffuser, partager, manipuler et interagir.

Mais il convient de parler désormais de Web 2, et non plus de web 2.0, le zéro n'aillant aucune signification utile.
Le maitre mot du Web 2 est Interagir, c'est à dire qu'il est participatif et collaboratif.

Il s'oppose ainsi au Web 1 qui était statique et bientôt à ce qui est déjà en train d'apparaitre, le Web 3.



2.2- De quoi est-il constitué ?


Des blogs, Wikis, Forums, réseaux comme FaceBook ou twitter (à ne pas confondre avec Tweeter qui est un logiciel qui permet de mettre à jour facilement les statuts des internautes sur les réseaux sociaux tels que FaceBook, Twitter, Amazon, etc.) sont d'excellents exemples de la collaboration à travers Internet, une caractéristique de l'interaction du groupe qui caractérise le Web social.


Le n°15 du volume APTIC y mentionne aussi Youtube et Dailymotion, introduisant plusieurs canaux d'interaction avec du texte, des images et un changement de paradigme où les usagers deviennent des acteurs sociaux. 


Parmi les réseaux sociaux, on compte aussi LinkedIn, Viadéo, MySpace, Profils Google ...

Avec les flux RSS, chacun peut à tout moment avoir accès à toutes les données, en tout lieu.



2.3- Système ouvert/fermé ?


Le web social a donc une définition publique.
Le 1er niveau du web social est par exemple Doctissimo, site Web francophone dédié à la santé et au bien-être, organisé en grandes catégories relatives à ces thèmes, d'autres avec des rapports moins évidents voire plus lointains, comme la cuisine, la beauté/mode, forme/sport, environnement, sexualité... ouvrant chacune sur des forums de discussions spécifiques.
Doctissimo regroupe aussi des articles, des conseils, des astuces. Plus récemment, Doctissimo s'est doté de "Doc Tv", avec des micro-reportages. Il s'agit de ressources collectives et partagées pouvant aller à l'extrême à ce qui est définit comme "intelligence collective"

Mais il peut y avoir des usages fermés et orientés à des fins plus pédagogiques.
Le blog en est un exemple. Il s'agit d'une forme simplifiée de site sur lequel on publie des textes, des images, des sons.
Un blog peut être multi-auteur, avec une gestion des droits qui est souple, ouvert en lecture à tous ou réservé à une classe ou une institution

NDR: Bien que présent au premier rang dans la salle, nous n'avons pas souhaité intervenir pour signaler que notre site ici présent - la BND- non seulement en présentait les mêmes caractéristiques, mais qu'il ne s'agissait pas d'un blog!



2.4- Utilisation en interaction. Exigence de qualité.


En classe, il y a des activités de réception et de production avec 2 mots clef dans la perspective actionnelle actuelle, qui sont: "interaction" et "authenticité".
Tout ceci n'est que de la théorie, car en réalité, dans un travail en classe, si le professeur demande à ses apprenants de rédiger une lettre à leurs amis, les apprenants, qui ne sont pas dans la vie réelle, vont en fait adresser la lettre au professeur, avec pour objectif de ne pas le décevoir.

En revanche, lorsqu'un étudiant poste des conseils sur un site comme tripadvisor ou autre pour un voyage ou répond à un interlocuteur, il est en revanche dans une situation réelle et en véritable interaction. Il va donc s'engager d'avantage.

Le fait que les échanges soient publiés et publics incite à une plus grande vigilance de la part de l'élève avec une certaine qualité du message transmis.

Christian Ollivier note par exemple concernant Wikipédia (article de 2007: l'expérience de l'écriture collaborative) que les retours se faisant par des modérateurs et non le professeur, la volonté d'être "juste" concernant la qualité de l'information transmise était beaucoup plus importante de la part des auteurs de messages.



2.5- Développement de stratégies de communication

Souvent l'étudiant imagine que son niveau de français ne lui permet pas de communiquer avec un natif, mais en fait, l'utilisation pratique de ces outils lui démontre qu'il peut s'adapter et trouver des moyens pour le faire.
Dès le niveau A1, on peut très bien imaginer des séquences de projet avec un travail préliminaire en groupe fermé.



2.6- Modalités d'application variables mais adaptées aux classes et  contextes.

Le web social permet de redonner du sens à la communication et tout dépend de la tâche didactique ou du projet pédagogique proposé.

L'exemple de l'utilisation du web social par l'une des intervenantes lors d'un stage en Inde avec des amphis de plus de 60 personnes, ingénieurs débutants, mais également apprenants de français débutants, va permettre de mettre en avant l'une des caractéristiques de cette utilisation: elle doit être ADAPTEE au contexte et à la situation. Il n'y a pas de schéma-type strict.

En effet dans ce cas particulier, un groupe Facebook a été constitué et le professeur a donné des informations à visée culturelles avant ses cours. En fait lorsque les étudiants arrivaient en cours, ils avaient déjà consulté ces informations et il suffisait donc d'exploiter les séquences de cours en présentiel comme des séances de questions/réponses complémentaires à ce qui avait été mis en ligne.

En d'autres termes, le professeur a amplifié l'usage du Web 2 de ces ingénieurs et informaticiens débutants pendant leur temps libre pour  un apprentissage en autonomie, pour l'intégrer dans un apprentissage formel en classe, sur le temps scolaire, de manière complémentaire.



2.7- Les appréhensions courantes (technique et de temps) des profs sont-elles vraies ?


Il y a deux grands types d'appréhensions pour l'utilisation en classe des différents outils qui sont leur aspect "technique" d'une part et l'aspect "chronophage" de ces séances.

En fait, le web 2 peut être une utilisation ponctuelle pour compléter une séquence de classe.
Il est facile à mettre en pace pour notamment organiser des recherches hors-classe.

On sous-estime souvent ce que les élèves utilisent et ont l'habitude de faire. Faire un bilan de leurs compétences peut être intéressant et on se rendra compte que le web social est devenu une pratique quotidienne.

2.8- Quelles sont les caractéristiques d'utilisation et intérêts du Web 2 en classes ?


Pour résumer les différentes caractéristiques de l'utilisation des outils web 2 en classe, évoqués jusqu'à présent, nous dirons ceci:

- Ils peuvent doivent être adaptés au public et son contexte

- ils entrainent une exigence de qualité

- ils suscitent la motivation des apprenants

- ils permettent aux plus "timides" de s'exprimer avec un souci de partage, favorisant l'aide et les interactions entre pairs.

- ils autorisent l'expression de témoignages personnels.

- Ils comprennent plusieurs niveaux de sécurité dans leurs caractères fermé/ouverts.

NDR: quelques points n'ont pas été évoqués au cours de ces disssions mais méritent un rappel:
- Concernant les niveaux de sécurités, il est évident que l'exemple le plus parlant pour nous autre est celui des groupes
  Facebook avec leurs trois niveaux de partage: groupes "ouverts", "fermés", "secrets".
- les réseaux sociaux développent également la notion d'appartenance à une communauté. Que l'on se situe dans
  l'univers des jeux (sérious games ou jeux sérieux et simulation) ou des mondes synthétiques, ou bien que la
  communication passe par FaceBook,Twitter, MySpace ou LindedIn, participer signifie appartenir à des communautés.
- Le couplage de l'usage des outils web 2 avec les technologies nomades renforce encore cette notion
  d'appartenance à une communauté d'apprentisage.


2.9- Quelles peuvent être les applications de Twitter sur le site du Café Pédagogique ?


NDR: Rien de clair et intéressant n'a été noté ni ne sera rapporté ici...  Veuillez acepter nos excuses !



2.10- Le niveau de langue sur le Web 2 ?


Doit-on tout corriger ? Quel niveau de langue doit-il être exigé en admettant que ce mode de communication implique un abandon de certaines normes écrites ?

C'est une question qui crispe plus les enseignants que les étudiants !

Il est sans doute sain de savoir prendre un certain recul vis à vis de cette attitude car se concentrer sur la FORME peut être un frein cognitif et affectif. Les enseignants doivent essayer de se décrisper vis à vis du coté sacré du Français à l'écrit.
C'est ce même aspect sacré qui prévalait d'ailleurs dans les années 60 où l'erreur n'avait pas de place sous prétexte que l'élève risquait de mémoriser des formes erronées.

La norme n'est pas nécessairement ce qui doit être recherché. Des chercheurs de langue anglaise ont effectué plusieurs travaux dans ce sens et ont conclu que la langue est en mouvement, le "Netspeak" consiste à apprendre en s'adaptant aux différents cas de figure et aux interlocuteurs qui sont en communication. La translittératie numérique considère deux normes, la norme académique et la norme d'usage. Dans cette dernière, la langue bouge. Le référent n'est plus le français des livres ou du manuel.


Cette même attitude se retrouve dans notre attitude didactique actuelle en prenant comme matériau de travail désormais les productions des apprenants eux-mêmes.


NDR: D'autres éléments interviennent dans les média de discussion actuels, qu'ils soient appelés messageries instantanées en France, clavardage au Québec (contraction de clavier et de bavardage), ou encore chat dans les pays anglo-saxons, avec un développement de plus en plus massif. Ce système d'échanges met en relation en temps réel des personnes pour lesquelles l'économie de la frappe sur le clavier est privilégiée par rapport au respect de la norme classique, à l'origine d'un sociolecte spécifique, fait d'abréviations et d'acronymes. Ce mode de communication est d'ailleurs aussi utilisé dans les SMS. Nous pouvons même dire que certains de ces acronymes sont antérieurs à l'avènement de l'Internet, voire antérieurs aux ordinateurs.
Un autre élément intervient dans ces échanges: c'est l'absence du non-verbal et du para-verbal, infidèlement compensé par l'utilisation d'
émoticônes. Elles permettent de communiquer brièvement, à l'écrit, une information comparable à une expression faciale, au ton de la voix ou à une gestuelle à l'oral, en précisant le sens que l'on souhaite donner au message. Cependant, tout comme toutes communications interculturelles, ces émoticônes répondent à des codes d'usages variés selon les pays et les cultures.
Enfin, se développe également les messageries avec un canal image, que ce soit sur des plateformes de type Moodle, mais aussi moins spécifiques, par des logiciels permettant de téléphoner gratuitement (ou pas!) type Skype ou MSN-Messenger etc... là encore, ces approches impliquent des "évidences invisibles" auxquelles on ne pense pas nécessairement. Vous pouvez consulter à ce sujet la page de Votre site les concernant


Il y a 3 attitudes possibles:

- On effectue une correction en amont par crainte que l'apprenant ne mémorise des erreurs

- On tolère un certain écart

- On ne corrige pas du tout en amont


2.11- À propos de quelques sites communautaires. Quelques exemples.


Existent sur "la toile" différents types de sites communautaires sur lesquels par exemple des natifs vont aider d'autres internautes allophones avec certaines conditions de participation et des négociations.


Parmi ces sites, ont été cités:

- Busuu.com
- Babbel.com

- Polyglotclub.com

- LiveMocha

NDR: En fait, ce type de sites fleurit sur l'Internet et on peut le constater en visitant une page, retrouvée au hasard d'une navigation. Celle-ci répertorie pêle-mêle de nombreux sites de langues, classés simplement par ordre alphabétique, sans vraiment tenir compte de leurs contenus. Cette page peut cependant être utile. Pour la voir --> Cliquer ici.

Leur fonctionnement (en partie gratuit) et shématiquement le suivant:

- un contenu de base qui comprend des leçons, des exercices structuraux, des exercices de production écrite et orale,

  des outils d'interaction synchrones ou asynchrones.

- des apprenants qui endossent aussi le rôle de tuteurs en ligne, car ce sont eux qui, en tant que natifs, corrigent les

  productions des autres utilisateurs (principe du Tandem.




Retour au Sommaire

 

3- Conclusions sur le Café pédagogique

Ces derniers sites évoqués proposent tous plus ou moins des ressources en ligne sur le principe du tandem avec réciprocité.
Le pair est un natif, qui se pose aussi comme tuteur, mais sans compétence réelle, ce qui est une limite de ce système.
Il serait souhaitable qu'un expert pédagogique un complément didactique et technique.

Mais en fait, il est encore trop tôt pour évaluer l'impact réel de l'usage des outils web 2 dans l'enseignement apprentissage des langues.

En revanche, ce qui est certain, c'est qu'il ne faut pas laisser se creuser un fossé entre les usages sociaux et les pratiques pédagogiques.

NDR: Le café pédagogique présente l'intérêt d'aborder des sujets d'actualité avec des avis de plusieurs personnes choisies. La forme de présentation de table ronde, presque comme si nous assistions à l'enregistrement d'un magazine télévisé avec 3 invités et un animateur, est très "innovante", mais a manqué un peu d' interactions avec la salle. À notre humble avis, ceci est un peu dommage. À la décharge des organisateurs, nous dirons qu'il ne s'agit que de la deuxième édition. Il est à noter que l'assistance était conséquente, puisque plus de 100 personnes étaient présentes. Assister à ce genre de rencontres est très intéressant : ces rencontres permettent de faire le point sur nos connaissances, de connaitre ce qui "se dit" dans les milieux autorisés, de nourrir ainsi notre réflexion et enfin de rencontrer nos collègues autour d'un café et quelques petits gâteaux!


À la lecture de ce compte-rendu et de sa conclusion, vous pouvez avoir un avis tout à fait différent.

N'hésitez surtout pas à le formuler dans la boite de dialogue ci-dessous!

C'est avec plaisir que nous l'accueillerons.




Retour au Sommaire

Pour faire un commentaire sur cette page
CLIQUEZ sur la barre ci-dessous
 
 
 
 
ce site a été créé sur www.quomodo.com