5.5 - Nanterre 19/12/12. Singularité culturelle

Evidences invisibles : approches transdisciplinaires de la singularité dans la communication interculturelle - 19 décembre 2012

Université Paris-Ouest Nanterre La Défense - Salle des conseils, bâtiment B


Gilles Louÿs et Emmanuelle Sauvage (F.ET.E : Français pour Etudiants Etrangers & EA 1586 Centre des Sciences de la Littérature française, Université Paris Ouest) avec le concours de l’Union des Professeurs de langues des Grandes Ecoles (UPLEGESS) et le soutien du Centre des Sciences de la littérature française (CSLF) et de l’ED 139 (Université Paris Ouest).


Il y a vingt-cinq ans, l’ethnologue française Raymonde Carroll ouvrait la voie à une approche de type anthropologique sur ce qu’il est convenu d’appeler, aujourd’hui, l’interculturel. Elle tentait de comprendre ce qui sépare « américains et français au quotidien » en fondant son enquête sur les témoignages de divers « informants » interrogés des deux côtés de l’Atlantique. Tous avaient une anecdote à raconter sur un malentendu survenu à la suite d’un échange qui avait révélé un malaise ou bien un désaccord plus profond, sans qu’il y ait barrière de la langue. Tous avaient mésinterprété chez l’autre, conjoint, ami ou collègue, ces « évidences invisibles » qui sous-tendent nos comportements le plus souvent à notre insu et que nous croyons partagées par ceux qui nous sont proches.


C’est sur cette zone de turbulences que nous voudrions jeter la lumière, sur ces implicites qui nous gouvernent malgré nous, quelles que soient nos appartenances identitaires. Car les implicites culturels sont partout : pas seulement dans la langue et ses idiomatismes, mais dans les rites de sociabilité, le langage du corps, les modes de relation au temps, à l’espace, au pouvoir, à la prise de parole... Ils peuvent perturber nos interactions s’ils ne sont pas pris en compte, explicités, voire dédramatisés.


Communiquer en contexte interculturel conduit à mesurer l’écart entre plusieurs singularités, de moi et d’autrui, « étranges étrangers » aux yeux l’un de l’autre, de manière à construire un lieu de partage qui puisse nous rapprocher. Cette singularité plurielle devient dans le meilleur des cas une source d’ouverture et de réciprocité, si elle sait déjouer les pièges que sont les préjugés et les implicites mal identifiés, les résistances au contact et au changement, le sentiment d’être nié dans son identité. Mais, quand l’incompréhension s’installe, à quels moyens recourir pour dénouer les situations conflictuelles ? Ou, plus simplement, comment accepter ce qui dérange, désoriente, déstabilise à défaut de pouvoir le comprendre ?


Les intervenants sont invités à se saisir de cette expérience de l’étrangeté à partir de leur propre discipline : français langue étrangère, didactique des langues, sciences du langage, anthropologie, ethnopsychiatrie, philosophie, littérature, pour n’en citer que quelques-unes. Comment mettre en mots et en images la rencontre avec l’autre aujourd’hui ? Quels sont les nouveaux outils forgés par les différents acteurs de l’interculturel ? Nous voudrions que cette journée scientifique soit à l’image de son sujet, qu’elle décloisonne les pratiques et les domaines de recherche, qu’elle favorise les échanges entre disciplines.

AVERTISSEMENT

Les résumés qui figurent ci-dessous ont été rédigés à l'aide de notes prises par une seule personne.
Son auteur ne peut prétendre être absolument fidèle aux idées exprimées par les différent(e)s conférencier(e)s.
La présentation sur l'ethnopsychiatrie n'a posé aucun problème évident au scripteur, car il s'agit d'un domaine proche de ce qui a été le sien. Il parle donc la même langue, avec les mêmes implicites, partage les mêmes évidences invisibles et pense en avoir rapporté l'essentiel.
En revanche, les autres conférences concernaient d'autres disciplines qui, bien que devenant un peu plus familières, conservent de nombreuses notions obscures pour l'auditeur/scripteur qui n'est pas de formation littéraire, encore moins un linguiste distingué. Il a pu commettre des erreurs de compréhension.

Gardez un esprit critique !
1re PARTIE :

1 - Conférence sur "l'ethnopsychiatrie"   de   Tobie Nathan



2 - Communications: L'interculturel en contexte

2.1 - "Mineurs isolés étrangers"      par  Catherine Grandsard
2.2 - "L'interculturel en entreprise"  par  Emmanuelle Sauvage
2.3 - "Les tribunes du stade"           par  Matthieu Genty
2.4 - "Guide interprète en Chine"    par  Geneviève Clastre

2nd PARTIE :

3 - Communications : Effets de singularité en langues

3.1 - "Comment se faire un accent ? L'étranger et le singulier" par Elie During
3.2 - "La nouvelle phénoménologie d'Hermann Schmitz"          par Werner
           Müller-Pelzer
(tableau des évidences Invisibles et visibles)

4 - Communications : Modes de la rencontre interculturelle

4.1 - "Ouverture sur le théâtre de la vie"             par   Graça Dos Santos
4.2 - "Les premiers romans de Faïza Guène"     par   Matthias Aronsson
4.3 - "Horloges, orgues et babioles"                    par   Marie Christine
          Gomez Géraud

4.4 - "Cultures croisées : la Grèce et la France"  par   Danielle Josèphe
4.5 - "Le cheval et le singe, poétique de l'altérité et du malentendu chez 
          Michaux"                                                     
par   Mathieu Perrot.

Première Partie - 1 - L'Éthnopsychiatrie

Introduction:

La notion d'interculturel est presque devenue envahissante. Elle est en tout cas politiquement correcte. Mais en réalité, il y a toujours de l'incompris et des dissensions dans notre société, un malentendu culturel. Pour essayer de l'expliquer, cette journée se donne pour objectif de revenir aux sources, plus de 25 ans en arrière, lors de la proposition d'approche de type anthropologique proposée par l'ethnologue française Raymonde Carroll. Elle définit dans son ouvrage les Évidences invisibles comme étant les codes souvent inconscients qui régissent les comportements de deux populations supposées de même culture occidentale proche, mais pourtant bien différentes sous différents aspects inattendus et leurs modalités, en s'attachant à la singularité.


Il est important d'en avoir une approche trans- ou pluridisciplinaire pour construire des échanges.


Nous n'avons pas moins besoin de communication interculturelle pour mener à bien les échanges. Il suffit de regarder les suds africains, par exemple, pour s'en convaincre. Ceux-ci ont la très grande compétence individuelle de pouvoir modifier leurs représentations dans l'espace et le contexte en fonction de l'interlocuteur. Ceci a même des implications politiques et nous avons beaucoup à apprendre d'eux.

1- "Ethnopsychiatrie" : par Tobie Nathan, Directeur du Centre Georges Devereux.


Ce mot même est un problème. Il a toujours été à l'origine de relations conflictuelles. Mais de quoi s'agit-il ?


C’est un vieux mot, qui vient d'un temps où il y avait de très nombreuses disciplines en quête d'identité et auxquelles on collait le suffixe "ethno", avec l'arrière pensée selon laquelle "les peuples auraient des savoirs (qui ne sont pas des croyances) qui méritent d'être appris et peut-être même étudiés" (années 30) --> exploration de ses savoirs en ethnopharmacie, ethnobotanique, ethnozoologie etc.


Selon Georges Devreux lui-même, le docteur Louis Mars, psychiatre haïtien passionné de Vaudou, a inventé dans la suite l'ethnopsychiatrie, en écrivant sur les zombies, sur le vaudou, sur les rituels thérapeutiques sous forme de transe.


M. Louis Mars a fait ses études de médecine à la faculté de médecine de l'université d'état d'Haïti, et a reçu sa formation psychiatrique à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, et aux Etats-Unis, à l'Illinois Neuro Psychiatric Institute, ainsi qu' au New York Psychiatric Institute and Hospital.
Haïti a été un modèle pour le monde. Ce fût la première République noire (peut-être la première République tout court), d'où l'importance historique de ce pays.
On y pratique comme religion le Vaudou, panthéon de multiples dieux. Le vaudou vient du Togo et est à la fois une religion, une fête et un traitement.


Louis Mars : On ne peut pas faire une psychiatrie en Haïti sans faire aussi une ethnopsychiatrie; Il faut tenir compte des autres dans leur richesse et non dans leur pauvreté.
Les peuples ont des connaissances qui valent le coup d'être connues, étudiées, peut-être aussi pratiquées.


L’ethnopsychiatrie vise donc à restituer une dignité scientifique à des notions traditionnelles.

Ce qui était une approche tout à fait différente des options prises par la psychiatrie française de l'époque, sous l'impulsion de Charcot. En effet, le but, non ouvertement affiché mais effectif, de la psychiatrie était plutôt "de piquer les clients des curés".

De plus, à cette même époque, avant la guerre de 14, en France, on faisait 20 kilomètres, voire, dans certains endroits, on changeait simplement de vallée, et on changeait aussi de langue. Avec la guerre, il est devenu évident que cela posait un problème: les soldats ne se comprenaient pas! Il fallait changer cela. Charcot a participé activement à ce changement de politique, pour une unification linguistique, en excluant "les patois locaux" ("out" les bretonnants).

Louis Mars y a certes aussi participé, mais il a théorisé l'ethnopsychiatrie.


Théorie de l'ethnopsychiatrie : Chaque peuple a une psychiatrie spécifique et des savoirs tout aussi dignes de reconnaissance que ceux de l'université, pour laquelle en revanche, le savoir est unique, bien classifié, structuré.  Ces savoirs se transmettent, non pas comme à l'université, par un enseignement, mais par une initiation. Tout le monde pouvait essayer de l'apprendre, mais en pratique, il fallait "en être" pour l'apprendre.

L'ethnopsychiatrie a ammené d'autres pensées et d'autres méthodes de traitement.
Une langue, un territoire, un peuple --> une ethnopsychiatrie.
Il y a donc pas une, mais des ethnopsychiatries.  Une seule cependant a été décrite: par Georges Devereux.

Un aventurier de la pensée est venu voir Devereux en 1960. C'était le moment de la décolonisation. La France se retirait des colonies, mais elle formait auparavant les autochtones aux tâches administratives. Henri Colon est ainsi parti faire de la psychiatrie à Dakar. Il emmèna avec lui une équipe (à l'époque, il était facile d'obtenir des crédits pour constituer une équipe !), dont un anthropologue qu'il chargea d'investiguer l'ethnopsychiatrie des Wolof et Wow.
Ces populations s'adonnaient à des rituels à la fois traitement, fête et rite à des divinités plus ou moins cachées (car au Sénégal, la population était presque exclusivement musulmane et la reconnaissance polythéiste ne pouvait être que cachée). Ils en ont sorti un film en 1965: "L'e".
Mieux que "guérisseurs", les praticiens reconnus ont été appelés "psychiatres traditionnels".

  
Idée surprenante, que l’on a du mal à comprendre aujourd’hui, que celle de l’existence de savoirs liés à un peuple. Car si elles constituent de vrais savoirs et concernent de ce fait l’humanité entière, la quintessence de ces ethnosciences était réputée secrète, un peu comme si leur substance avait été confiée à une population déterminée, déposée en son intimité, préservée au chaud, dans sa langue. Il est vrai que ces savoirs se transmettent plutôt de manière initiatique, que leur acquisition est liée à des statuts spécifiques, bien loin de notre culture ouverte à tous. (cf blog de Tobie Nathan)


Quoiqu'il en soit, l'ethnopsychiatrie peut, peut-être, servir à soigner nos migrants actuels, et dans ce cas, il faut le faire dans la langue du patient, avec si nécessaire non pas un, mais au moins deux interprêtes et donc transformer ce qui est une confession, en une discussion en contradiction, avec plusieurs personnes ayant des intérêts différents.


Les djinns : Si on demande de nos jours, à un marocain par exemple, s'il connait les djinns, il répondra que ce sont des histoires de grands-mères, sans importance désormais.
Mais....
Ce sont des évidences pragmatiques, qui persistent dans les mots... Ce ne sont pas des connaissances intellectuelles. Elles se manifestent par des éléments de protection des individus.

Si on parle dans la langue des patients, on se trouve amené à manier leurs propres pratiques.
Ceci semble être une évidence, mais en fin de compte, cela relève de la technicité.


L'exemple d'une patiente Camerounaise. Elle faisait "une dépression" suite au décès de son père en Afrique.
(Il y a des mondes sans dépression, et d'autres avec, notamment depuis qu'il y a des antidépresseurs).

Il a suffit de s'assoir face à elle et de lui prendre la main pour la faire sortir de son mutisme ...avec la voix rauque de son père!
Il disait, (le père s'exprimant à travers la organes phonatoires de sa fille) qu'il voulait parler avec quelqu'un parlant le même dialecte que lui. Et... les 7 enfants qui étaient tous repartis un peu partout dons le monde sont venus écouter le père mort donner ses dernières volontés. La patiente fût guérie. Entre parenthèses, les vrais (ethno)psychiatres en France, ce sont les notaires.
La preuve que les êtres existent, c'est qu'ils parlent.

En somme, l'ethnopsychiatrie est un travail de recherche qui appartenait au monde universel et qui a amené l'ensemble de la psychiatrie française à bouger un peu, c'est à dire, à faire en sorte de suivre des régles minimales d'hospitalité vis à vis des patients étrangers.
C'est un domaine de recherche qui vient fracturer des évidences que l'on croyait acquises.



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Première Partie - 2.1 - L'interculturel en contexte

2.1 - "Mineurs isolés étrangers" : par  Catherine Grandsard  (Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis), Directrice adjointe du Centre Georges Devereux.


Les "mineurs isolés étrangers (MIE) sont des mineurs sans référents parentaux identifiés. Ils sont accueillis le plus souvent à la demande d'un juge des enfants.
Pour eux, au delà des problème de communication liés à la langue elle-même, les malentendus se fondent sur un certain nombre d'implicites d'objectifs et d'erreurs d'interprétations. En fait, il y a un gouffre entre deux mondes très différents.

Plusieurs exemples ont été pris mais nous avons relevé essentiellement celui d'un enfant de 16 ans, venant du Bengladesh. Cet adolescent essaie d'apprendre le français et de participer, mais il est particulièrement surpris d'être nourri, logé et scolarisé. Il se pose des questions: Mais pourquoi donc un pays étranger l'aide-t-il ? Qu'attendent-ils de moi en retour ? et pourquoi jusqu'à l'âge de 18 ans seulement ? car, il le sait, le jour de sa majorité, tout va s'arrêter et du jour au lendemain il sera un cjlandestin sans papier. Et comment peut-on devenir adulte en UN jour ?

Ce qui l'étonne le plus cependant, c'est de voir dans la rue des personnes âgées marcher seules, sans aide. N'y a-t-il personne pour les aider ? Pourquoi ces personnes sont-elles délaissées ?


Quel est leur nombre ?

D'après des chiffres officiels, il y a en France à l'heure actuelle environ 8 à 10 000 mineurs étrangers accueillis, auxquels s'applique une offre éducative et de logement jusqu'à l'âge de 18 ans. Au delà, ces adolescents se transforment potentiellement en étrangers en situation irrégulière, car la majorité n'obtient pas l'autorisation de permis de séjour.

Pourquoi viennent -ils ? Globalement, il y a 4 grands types de situations :
 
1- Pour fuir la guerre : C'est l'exemple des Afghans
2- Mais la plupart le font dans le cadre d'une stratégie familiale : c'est le cas du Pendjab, du Pakistan. Le voyage coûte 10 à 15 000 € et les familles vendent la majorité de leurs biens afin d'envoyer un représentant se former. Il s'agit d'un investissement.
3- Ceux venant du Maghreb évoluent plutôt dans des courants clandestins et s'adonnent aux trafics.
4- Enfin, il existe une dernière catégorie: ceux qui sont "ensorcelés", possédés par les esprits, bannis de leur famille et qui eux aussi se retrouvent dans les réseaux de trafiquants.

Comment prennent-ils contact avec l' AE ?
  
1- Admission directe à l' AE.
2- Jeune en transit approchés par des professionnels
3- jeunes qui sont hébergés dans un premier temps par un "parent"
4- Après une garde à vue pour un délit quelconque.


Que se passe-t-il ensuite ?
 
Ils sont sommés d'abandonner leur bagage culturel sous prétexte d'intégration.

Mais de plus, de nombreux problemes surgissent car il ont été "conseillés auparavant par des pairs ou trafiquants de mentir durablement sur leur véritable identité. La vertue n'a pas bonne presse et dire la vérité est le meilleur moyen de les faire échouer dans leurs objectifs. Ils doivent accepter l'offre de prise en charge et être placés dans une famille d'accueil scolaire.
Cela aboutit à un sentiment complet d'irréalité, tant pour les professionnels que pour les jeunes eux-mêmes.

L'organisation vise à l'intégration, or, aucun de ces jeunes ne vient en France pour devenir français !
les notions de droit de l'enfant, de l'homme, de bienfait de la vérité, de la protection sont absurdes lorsqu'on les regardent à travers les yeux de ces ados.


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Voir aussi le travail de Claudine sur le Français langue de Scolarisation

Ainsi que celui de Linda sur : "ouvrir l'école aux parents pour réussir l'intégration"

Première Partie - 2.2 - L'interculturel en contexte


2.2 - "L'interculturel en entreprise" ou "la réalité de l'intercompréhension culturelle à l'épreuve de l'analyse: les limites de la dimension communicationnelle", par  Emmanuelle Sauvage (Université d'Evry), enseignante en management interculturel.


L'entreprise fait appel à des consultants (pour des audits, des expertises) pour régler des problèmes dont le but essentiel est de faire des bénéfices.
L'altérité = étrangeté.Alors, des techniques sont mises en oeuvre pour se comprendre. Mais lorsque l'on dit qu'on se comprend, se comprend on vraiment ? S'agit-il de se comprendre ou de se tolérer ?


L'interculturalité en entreprise:


Çà se passe généralement plus ou moins bien selon les situations, mais ce n'est pas nécessairement une cata. On dit qu' il faut prendre en compte l'autre dans sa diversité, on se comprend ou on se tolère, on crée une métaculture qui homogénéiserait tout pour former ce que l'on appelle une Culture d'Entreprise.

De même, en contexte international, on collabore et on impose le connaissance du monde de l'autre, sa façon de voir les choses, pour éviter les conflits en gommant les aspérités.

Ex: Une entreprise péruvienne basée à Miami avec à sa tête 3 français, trois chimistes, sans aucune formation en management, concurrents de Loréal. Il n'y a dans l'entreprise aucun nord américain mais 20 nationalités différentes, dont 80% de latinos, un turnover en personnel < 1%. Tout le monde s'entend bien, c'est l'harmonie, le pays des bisousours, super résultat!

En fait, quelle a été la technique ?

Les entretients on lieu dans les langues d'expressions choisies par les protagonistes. Dans la quête de la découverte de l'autre, en fait, il s'agissait d'aller à la rencontre de soi.
Il y a dans ce cas une similitude dans le FAIRE, un identique dans le DIRE, mais qui réponde à une réalité d'ouverture différente: pour le français, c'est l'intellectuel, le monde de l'esprit, pour le latino, le relationnel, le "je partage".

On a une illusion de se comprendre. Au fond de soi, les imaginaires et référentiels restent propres à sa culture, on se réfère toujours aux mêmes, et s'ils se trouvent en harmonie comme dans le cas de cette entreprise, ce n'est pas une technique mais le fruit du hasard.

Conclusion:

Le malentendu culturel n'est pas forcement contre-productif. Ce qui prime, c'est de lui donner un sens positif.
Malentendu = écart de dissonance. Faut-il essayer d'y remédier?. Le manager doit l'accepter car il existera toujours. On peut harmoniser en surface, mais le sens en profondeur va rester bien différent. Il n'est pas utile qu'il y ait fusion, mais comment fait-on pour collaborer ensemble et créer un espace collectif ? Créer un espace commun n'est pas une solution. En revanche, il est judicieux de voir en quoi les deux espaces peuvent trouver une zone de construction commune, même si les mouvements qui en sont à l'origine sont parfois contradictoires. Il n'y a pas forcement antagonisme.

La seule bestpractice est celle que l'on va construire ensemble.



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Première Partie - 2.3 - L'interculturel en contexte


2.3 - "Les tribunes du stade : révélateur d'un malentendu interculturel entre l'Europe et l'Amérique du Nord ?" par  Matthieu Gentil (Université Paris Descartes), enseignante en management interculturel.


Comment le sport entretient-il un certain malentendu culturel entre l'Europe et les USA ?
Le concensus sur les valeurs du sport n'est pas uninime.

2.3.1 Praxéologie motrice

Le Sport: éthnomotricité de la modernité
Le Sport:  incertitude du résultat.

C'est l'exemplarité du duel. Le sport est un rituel éliminatoire.
La mise en spectacle du sport est liée aux faits que:
1 - il s'agit d'un évènement daté et localisé
2 - c'est une réaction et donc un reflet de l'idéal méritocratique des démocraties
3 - le stade est un espace où il y a un rôle à jouer
4 - c'est un espace de création culturelle qui est fondé sur le fait que le résultat dévoile des vérités sociales.

Il y a une phraséologie et des expressions typiques: Que le meilleur gagne !  mais cela ne dit pas le meilleur en quoi ?


2.3.2 Ethnologie des tribunes


La méthode a consisté à observer les interactions, les messages verbaux et non-verbaux. il s'agit d'une analyse praxique de groupess d'individus.

En France, la partisannerie se fonde surtout sur l'autonomie.
Dans les années 30, les gens qui se rendaient au stade se connaissaient. il y avait des collecte, des rapports humains directs, un contrôle social. Mais ce rôle des organisations de supporters disparait avec la professionnalisation, tout comme la gestion de buvettes et les supporters endossent désormais le rôle de 12ème homme, qu'il vont surjouer.

Le sport est un bien public comme produit qui appartient aux supporters
Il s'agit de déstabiliser l'adversaire, y compris par des insultes et des dénigrements qui sont culturellements admis. Le supporter défend l'honneur de son groupe. Ils agissent dans une logique de dénigrement qui trouve une chambre d'écho très importante à travers les médias.


Aux USA, on vient toujours au stade pour voir gagner son équipe.
Mais on joue tous les jours, sauf le dimanche et il y a un côté familial de la mise en spectacle du sport américain. Les institutions ont mis en place dès le XIXè siècle un système pour créer une culture familiale du sport. Il n'y a pas le même phénomène de violence des tribunes. Le sport est l'expression du patriotisme en opposition au Criquet des anglais. Il s'agit d'un outil de distruction identitaire entre des groupes. Cependant, la population afro-américaine constitue 12% de la population des USA, et 80% des joueurs de NBA.

2.3.3 Conclusion


Si le sport globalise, c'est surtout en créant des conflits: on s'oppose pour mieux se connaitre.

Le sport est à l'heure actuelle un ambassadeur clean utilisé par les chinois.




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Première Partie - 2.4 - L'interculturel en contexte


2.4 - "Guide interprète en Chine : entre hôte et voyageurs" par  Genevièvre Clastres (sinologue, spécialiste des voyages en Asie), enseignante , guide-interprète et conférencière en Chine de l'ouest.


La Chine s'étant sur un territoire grand comme 18 fois la France.
La population majoritaire est Yan et représente 98%. Mais, dans les 2% restants, il y a 25 groupes minoritaires, surtout dans les zones pauvres rurales enclavées qui se sont ouvertes recemment, car perçues par les autorités chinoises comme des minorités culturelles pouvant représenter un atout valorisant.

Le scripteur a dû faire face à un problème personnel et a dû s'absenter momentanément. Il est au regret de ne pouvoir remettre ici des notes de façon cohérente car le suivi ultérieur à été délicat.

Conclusion


Le tourisme peut-il aider ?
Se pose la question du pillage culturel. Peut-on tout acheter ?
Peut-on échapper à la folklorisation alors que le plus suptile réside dans l'authentique ?
Les bureaux de la culture ont du mal a obtenir des crédits, alors que les offices du tourismes eux arrivent à en tirer une valeur marchande.




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Seconde Partie - 3.1 - Effet de singularité en langues

3.1 - "Comment se faire un accent ? L'étranger et le singulier"   par   Elie During (Université Paris Ouest)


Il y a une nécéssité d'utiliser les langues de chacun pour une question de sens, d'où l'enjeu de l'accent.
Mais perdre son accent et ne plus être reconnu comme autre crée un malaise chez l'individu qui dit-on inconsciemment, mais aussi de façon un peu volontaire, accentue son accent pour être reconnu.

Arthur Rimbaud disait: Je, est un autre. On n'est jamais soi-même.

2 documents sont alors projetés sans aucun commentaire.
1 - une actrice professionnelle anglophone qui maitrise 21 accents en anglais selon la région du monde

2 - un extrait du film Les tontons flingueurs


Il y a une singularité des traits accentuels en langue étrangère ou native
Chaque locuteur a une singularité quasiment visible par elle-même.

Les choses deviennent plus subtiles quand l'accent n'est plus qu'un simple simple stéréotype:
- "Bienvenue chez les Ch'tis" (2008)
- l'accent snob / jeune / banlieue / générationnel des années 50 / désinvolte (dit "nouvelle vague")

Le stéréotype véhicule des clichés qui rappelent le type même de l'accent différentiel. L'accent n'est qu'une variante par rapport à la norme.

La logique de prestige vertical doit être compliquée par le phénomène de brassage. L'idiolecte provoque un frayage idiophonique de l'individu dans sa langue: on n'a d'accent que pour les autres.

Plus l'accent singularise, plus il devient imperceptible et agit donc comme un opérateur de désidentification.

La stratégie de l'accent peut passer par une désaccentuation qui émousse l'accent.

Le cinéma de Bresson se singularise par la production d'énoncés étranges, pas artificiels mais singuliers.

Toute stratégie d'acquérir un accent pour revendiquer une appartenance passe à coté du but et de la construction. c'est le cas des jeunes ou racailles qui prennent l'accent canadien



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Seconde Partie - 3.2 - Effet de singularité en langues

3.2 - "Communication interculturelle : la contribution de la nouvelle phénoménologie d'Hermann Schmitz"   par   Werner Müller-Pelzer (Université des sciences et arts appliqués de Dortmund, Allemagne)


Hermann Schmitz est un auteur allemand inconnu France car son oeuvre n'a été que tout récemment traduite. Né en 1929 à Leipzig, son oeuvre philosophique a été à l'origine d'un très fort courant en Allemagne: la nouvelle phénoménologie.

Les stigmates de ce nouveau courant figurent déjà à travers plusieurs écrits et penseurs:


- Hüsserl : Zurück zu den sachen selbst ! Husserl est considéré comme un philosophe très proche de Scmitz, mais il n'est pas son disciple.
- Fichte / Heidegger : Die jemeinigkeit ou la subjectivité positionnelle, stricte

- Jean-Paul Sartre : il a finement analysé les conséquences du regard qui m'emprisonne, qui m'affecte dans mon propre

  corps. Mais Sartre ne peut pas imaginer une réciprocité.
- Merleau-Ponty : Le monde du vécu.

Il a défini ce courant dans System der Philosophie, en dix volumes écrits entre 1964 et 1980 : Der leib, die leibliche komminikation die Situationen, die Atmosphären, die Gefühle, die subjektiven Tatsachen ...
Ce n'est pas le subjectif qui est le reste d'un fait objectif, mais l'inverse.

Pourquoi la Nouvelle Phénoménologie ?


Il y a des évidences d'un coté invisible, de l'autre visibles, auxquelles on attribut des valeurs inférieures ou supérieures. La connaissance n'est ni de l'un ni de l'autre coté. Elle est au milieu. (voir tableau ci-dessous).

La question posée dans ce cas :


- Déterminer l'invisible en se servant de la méthode façonnée par la logique du visible est-il possible ?
- Comment rendre explicites les implicites culturels sans les transformer entièrement en évidences visibles ?

- ou comment transformer le flou en cartographie ?


Le modèle scientifique occidental s'appuie sur les éléments suivants:


- Il y a un nombre limité de facteurs qui peuvent être variés librement
- qui sont constitués d'éléments singuliers et comptables dépourvus de signification --> nominalisme.
- Le vécu réduit à des constellations formant un réseau de facteurs relevants.

C'est une méthode très efficace, mais nous devons défendre une position contre un monopole d'explications. Notre monde est loin de cet arrangement artificiel pour donner des résultats valides.
L'expérimentation directe non préparée traite la complexité par l'impression caractéristique mais diffuse à l'intérieur, se détachant du monde ambiant.
Plusieurs courants ont été évoqués pour expliquer: le réductionnisme, le psychologisme, l'intrainjectionnisme.

Le sentir est le 1er volet de la communication interculturelles et n'est pas seulement du discursif.
L'idéal serait de parvenir à l'incorporation réciproque.
L'identité de la personne n'est jamais un acquis, mais un mouvement entre deux poles du vécu.
La compétence interculturelle, c'est aussi accepter l'incompétence pour certaines situations socio-culturelles.



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Les Évidences selon H. Schmitz

INVISIBLE   VISIBLE
- Le sentir Connaissance - Le voir
- Le corporel   - L'intellect
- Les sensations   - Le jugement rationnel
- Le pré-discursif   - L'argumentation
Valeur
Négative
  Valeur
Positive

Seconde Partie - 4 - Modes de la rencontre interculturelle

4.1 - "La reconnaissance de soi à travers le corps de l'autre: quand un cours de langue ouvre sur le théâtre de la vie"   par   Graça Dos Santos (Université Paris Ouest)

4.2 - "La communication interculturelles dans les premiers romans de Faïza Guène"par Matthias Aronsson (Université de Dalarna, Suède)

4.3 - "Horloges, orgues et babioles: les jésuites à la rencontre des peuples du monde (XVI-XVIIe siècles)" par  Marie-Christine Gomez Géraud (Université Paris Ouest)

4.4 - "Cultures croisées : l'exemple de la Grèce et de la France"  par  Danielle Josèphe (Université Paris Ouest)

4.5 - "Le cheval et le singe, poétique de l'altérité et du malentendu chez Michaux" par  Mathieu Perrot (Université Paris Ouest)





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Sitiographie

- Le blog de Tobie Nathan - contre les trous de mémoire

- Pratiquer l'éthnopsychiatrie par Tobie Nathan

- Dialogue inter-culturel : Politique ministérielle /culture et recherche

- francparler : propose une sélection de ressources sur la toile destinées à former à la fois les enseignants et les apprenants à l'interculturel.

- Le Français Langue de Scolarisation : la situation en France par Claudine R. (sur ce site)
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