La tragédie du 17 août 1944

 

Aujourd’hui encore, en Aveyron, 70 ans après les faits, le nom de cette commune proche de Rodez est assimilé à la  fusillade qui, le 17 août 44, en fin d’après-midi, entraîna la mort de 30 otages, sous les balles de la Wehrmacht. Par son déroulement, elle ne peut échapper à la qualification de crime de guerre. Le site actuel a été rehaussé par un aménagement récent de tout l’espace, champ de tir et tranchée de la cible. Sur le  mémorial central, de dimensions imposantes, sont regroupés les noms de toutes les victimes en Aveyron de la barbarie nazie.   Chaque 17 août, depuis 1946, en ce lieu, et à l’heure, où furent sauvagement exécutés les prisonniers, se déroule une commémoration de grande ampleur. Si le contenu des discours a évolué, le souvenir de la barbarie nazie perdure tant la mémoire collective reste profondément marquée par ce  que l’on nomme le drame de Sainte-Radegonde.            

 

  1. « Le carnage de Ste-Radegonde »[1]

Dans son n° 1,  le tout nouveau quotidien Le Rouergue républicain, sous la plume de trois personnalités, évoquait Les Trois journées de la Libération de Rodez. L’animation et l’enthousiasme dominent en ce 18 août, dès le constat du départ de l’occupant.  Mais, écrit Louis Pécourd, « ces délicieux instants impérissables » sont brutalement interrompus par l’épouvantable nouvelle qui  « propage un frémissement d’indignation et de colère : ils ont assassiné les détenus français prisonniers de la gestapo [2] . Une trentaine que l’on vient de découvrir mi-ensevelis au terrain de tir de la cible. Hélas ! On ne sait encore toute l’horreur du supplice. »  Pierre Loubière insiste, pour sa part, sur l’infatigable enthousiasme et l’animation « dans des rues frissonnantes de drapeaux et de banderoles ». Une même allégresse et une même chaleur dans les acclamations vers les FFI donnent à Rodez, en ce 19 août, « un étrange visage de guerre ». Mais sa narration se termine par une réflexion sur la vision des trente victimes : « Je doute que le temps puisse effacer un jour cette page de sang et de chair d’une sauvagerie sans précédent dans notre histoire locale ». La troisième journée, le dimanche 20 août, est celle de la gravité et du deuil : « La population ruthénoise se devait de rendre hommage aux trente patriotes victimes de la barbarie allemande » justifie  le journaliste Raymond Nadal qui décrit la foule innombrable groupée place d’armes avec toutes les personnalités de la Résistance, autorités religieuses et  détachements FFI. « Tout Rodez : hommes, femmes, enfants étaient-là, unis dans une pensée commune et dans la même douleur ». Splendide et émouvante cérémonie regroupant une foule immense autour des familles  et des dépouilles, dominées par une multitude de drapeaux tricolores et de croix de Lorraine. Le digne recueillement, en cette journée, ne pouvait effacer des esprits les sentiments d‘horreur à l’évocation du supplice subi  par « trente Français dont le seul crime était d’être français ». 

 

  1. Un été meurtrier

Depuis juin 44, la lutte armée s’intensifie dans le département malgré une répression souvent féroce non seulement sur des individus mais sur des unités du maquis : les événements du 3, 5 et 6 mai (Rodez, St-Félix sous Rodez, Le Bouscalous) ou encore l’arrestation de responsables de la Résistance à St-Victor-et-Melvieu, le 15 juin, l’illustrent tragiquement. D’autres suivront avec leurs lots de morts, déportés ou emprisonnés dans la caserne Burloup, geôle de la gestapo ruthénoise. L’Aveyron connaît ainsi une escalade de la cruauté dont le point d’orgue fut, le 17 août , le massacre des 30 otages au champ de tir de Sainte-Radegonde, par l’armée allemande, la veille de son départ précipité de la préfecture aveyronnaise. Ces unités, harcelées par les maquis, se livreront encore, entre Rodez et Millau, tout au long de leur retraite à bien d’autres exactions sur des prisonniers ou des civils. Le combat de La Pezade, livré le 22 août, par la  section de sabotage du maquis Paul Clé, aux confins de l’Hérault, marqua, avec la mort des 23 jeunes maquisards, la fin de l’occupation de l’Aveyron. [3]

Ces trois mois d’été 44 avaient entrainé une forte dégradation pour l’occupant par l’intensification de la lutte armée et les initiatives de la résistance locale  : « chacun y va de son embuscade et rivalise dans la pratique de la guérilla » [4] . L’été est meurtrier, les colonnes de répression de la 11 e DB, Wilde ou Spectre gris, ne parvenant pas à anéantir, malgré les pertes infligées, les maquis. Sur le Lévézou et le Réquistanais, dans le Bassin houiller et Capdenac, dans le sud-Aveyron et le Sévéragais, dans le nord-Aveyron ou le Ségala, en juin, juillet et août se livrent de durs combats. Ils traduisent la perte de contrôle de ce département pour l’armée allemande. Dès le 29 juillet, le général Blaskowitz reconnaissait cette réalité dans toute la zone sud et préparait la retraite. Le débarquement de Provence accélérait des événements que les colonnes blindées légères de répression n’avaient pu inverser : la retraite générale, vers la vallée du Rhône, pour les troupes stationnées à l’est d’Agen, était décidée afin d’échapper à un éventuel encerclement.

Le 17 août, en fin de matinée, l’ordre de repli parvient au Verbindungstag 802 de [i] Rodez qui, depuis plusieurs jours, se préparait à cette éventualité. Le départ devait s’effectuer, le 18 à 4 h. du matin, pour les 1800 hommes avec véhicules divers, armes et munitions. [5] Des barrages de blindés entourent la ville où des réquisitions de toutes sortes sont opérées : véhicules disparates, chevaux et charrettes et même des bicyclettes.

 

C’est dans un climat de tension extrême et de nervosité visible que la garnison vit ses dernières heures de présence à Rodez. Tirant les leçons de l’échec de la révolte des Croates de Villefranche-de-Rouergue en septembre 1943, « Nous avons fait à Rodez, écrit le cdt Richard, chef départemental des FFI, une tentative plus modeste puisqu’elle ne devait concerner que cette garnison. Par un agent de Raymond Chauliac, qui était d’un courage et d’une efficacité remarquables, Clément de Brauwer, j’ai été mis en contact avec 3 sous-officiers Vlassov comme nous les appelions…. Je n’entrerai pas dans les péripéties de ces contacts d’autant plus difficiles et dangereux que les Allemands surveillaient de très près ces unités. Les trois hommes ont pu tout de même déclencher une mutinerie dans la caserne qu’ils occupaient à Rodez. » [6] Le 15 août, Grégoire Romaniuk, d’origine polonaise, agent de liaison des groupes Veny, en rapport avec des éléments azéris–arméniens, est arrêté [7] . Aux incertitudes d’une retraite à hauts risques, s’ajoutait donc la mutinerie génératrice de combats « fratricides ». Le 16, en effet, la révolte d’une partie de la Légion azerbaïdjanaise fut durement réprimée : arrestations de 60 officiers et sous-officiers avec, pour 19 d’entre eux, une condamnation à mort. La fuite de certains, lors du transfert vers le lieu d’exécution, entraîna des représailles  au sein de l’unité et de nouvelles exécutions sommaires. Les contacts établis entre certains groupes résistants et les insurgés, connus par une trahison ou des imprudences, ont-ils fait craindre à l’Etat-major une possible débandade des troupes ?

 

  1. Responsabilités allemandes

Les désordres dramatiques de Rodez, ainsi que les durs combats signalés dans tout le département, ont dû incontestablement, faire réfléchir  le commandement  militaire et la gestapo. En l’absence de Bootger chef de la police politique, éloigné de Rodez par une visite dans le Bassin de Decazeville et depuis le 10 bloqué dans le Tarn, Stettien détenait l’autorité avec  le caporal-interprète Fienemann dit  «  le grand Luc ».  Leurs méthodes cruelles, leurs implications directes dans la répression meurtrière et la pratique de tortures mortelles en font des serviteurs zélés de l’ordre nazi en Rouergue, dans ce poste avancé, depuis 1943. [8] De plus, dans la caserne Burloup, devenue prison de la gestapo, sont détenus des résistants et des otages. Si  l’un fut libéré, 31 étaient toujours internés ce 17 août et constituaient une cible commode, pour créer un climat de terreur sur la population locale et annihiler d’éventuelles agressions contre les T.O. Ils ne furent ni abandonnés ni oubliés alors que les archives brûlent au siège de la gestapo, villa des Roses, rue Grandet. « Seule se manifeste, l’implacable détermination de les faire fusiller le jour même. Détermination qui leur est bien personnelle, même s’ils la savent conforme aux directives générales, données par les chefs de Berlin, sur le sort réservé aux otages et résistants prisonniers, en cas de retraite d’une région occupée. Détermination bien personnelle, que le chef du centre de Montpellier, leur chef direct, ne prendra pas pour ses propres prisonniers. » [9]

La volonté de la gestapo d’exécuter les prisonniers affirmée, la décision finale incombait cependant au colonel Steuber, commandant de la place. Lui seul pouvait ordonner, en signant un ordre écrit, l’exécution. Dans quelles circonstances, cette signature fut-elle donnée ? Dès la fin de la matinée, le 17, Stettien arrache cette approbation après l’avoir exigée ; l’hypothèse de menaces contre l’officier supérieur ne saurait être exclue. En effet, le témoignage du cdt Richard, relatant sa rencontre du 1 août avec Steuber, à la suite du drame de Cantaranne, décrit un officier traditionnel, homme de discipline et d’autorité mais de parole, se méfiant de la gestapo et condamnant  ses exactions. [10]  Il affirme que cet officier eut à son égard une  attitude honorable : « C’est  à mon avis un homme qui faisait partie des officiers qui voulaient abattre le führer ». Le colonel Steuber, contre son gré, n’aurait donc apposé sa signature sur l’ordre d’exécution que par peur. [11] La connaissance des antécédents de Stettien et Fienemann, leurs cruautés effectives rendent cette version crédible.

Ce sont ces deux hommes, en tout cas, qui font tout pour constituer le peloton d’exécution, dans les plus brefs délais. Leur demande formulée auprès du capitaine Lieb, du bataillon azerbaïdjanais, se solde par un refus car cette unité  désorganisée est en effervescence après les tragiques événements et la répression interne de la veille. Ils ont, en revanche, plein succès, auprès de  Brettnacher, oberleutnant d’une colonne de répression de la Luftwaffe, arrivée depuis peu à Rodez. Ce dernier met à leur disposition un peloton d’une trentaine d’hommes. En complément, cependant, la Légion fournirait quelques sous-officiers pour surveiller les abords du champ de tir et de la tranchée de Sainte-Radegonde, site choisi pour l’exécution. [12]

              

  1. Le  choix du lieu

Les raisons justifiant le  choix du champ de tir de Sainte-Radegonde s’imposent d’elles-mêmes. C’est le lieu habituel des exercices  depuis des décennies pour les régiments de Rodez, utilisation qui se poursuit avec l’occupant [13] . Entendre des déflagrations d’armes ne devait donc pas surprendre des riverains d’ailleurs assez éloignés et rarement poussés par la curiosité en ces temps troublés. Les allées et venues de troupes ou de véhicules militaires faisaient partie de cet environnement sans éveiller des inquiétudes. De plus, la rapidité s’imposait pour partir sans retard le lendemain 18 août. La tranchée existante recevrait facilement par son ampleur  les corps des fusillés, sans avoir à creuser et se transformerait en une fosse commune. La proximité de talus et les arêtes de la tranchée rendraient le travail facile pour recouvrir sommairement de terre les corps, précipités par simple gravité dans le fond. Enfin, la mise en place de sentinelles et la surveillance des accès, empêcheraient les surprises et éloigneraient curieux éventuels ou témoins accidentels. L’éloignement cependant du lieu par rapport à la caserne Burloup, lieu de détention, générait un problème de transport des prisonniers. Il fallait aussi traverser la ville.

L’organisation du transport n’est pas connue avec certitude. En effet, divers témoignages donnent des variantes entre lesquelles, il n’est guère facile de choisir. [14] Toutefois, on peut en dégager un scénario vraisemblable à partir de leurs points communs [15] . Les détenus ont été transportés en deux convois successifs et par deux itinéraires différents, solutions offrant  sécurité et facilitant la surveillance pour se prémunir d’éventuelles tentatives d’évasion ou surprises.

  1. L’exécution

En cette fin de journée d’août,  l’organisation méthodique triomphe ainsi que la rapidité. Les prisonniers ont été ligotés deux par deux avec du simple fil électrique et solidement encadrés par les soldats en armes. Les deux convois successifs déposeront les cargaisons humaines, otages et soldats, non loin de La cible, sous le contrôle permanent de Fienemann. C’est alors qu’un événement fortuit se produisit : la fuite d’un 31iè  prisonnier, seul à ne pas être attaché.  Il aurait trouvé refuge dans un champ de maïs proche et aurait échappé, dans cette haute culture, aux tirs des gardes. [16]

Ce sont bien 30 otages que les soldats poussent vers la butte et la tranchée. Malgré l’éloignement et le vent, les témoins oculaires indiquent avoir entendu des bribes de la Marseillaise, dernier défi de patriotes à leurs bourreaux. Les silhouettes des uns et des autres, face à face, se dessinent dans le soleil couchant, les deux lignes n’étant séparées que d’une dizaine de mètres. Sur un monticule proche, une autre silhouette, celle de Fienemann, dont vient l’ordre de tir. Les rafales de mitraillettes crépitent et les corps, liés, s’effondrent sur le sol ou dans la tranchée, heurtant les parois verticales. D’autres rafales achèvent les agonisants et les corps restés sur le sol sont précipités dans la fosse. [17]

Tous les observateurs, le lendemain, firent les mêmes constats : corps déchiquetés, cheveux accrochés aux pierres de la paroi, faible couche de terre et de pierres recouvrant les morts. Tous évoquent plus un charnier négligé qu’une digne sépulture. Tout indique, en effet, la volonté des exécuteurs d’en finir rapidement, de ne pas s’attarder sur le lieu de leur crime, la veille de leur retraite.

 

  1. Sainte-Radegonde dans  l’opinion

« Barbares, bandits tortionnaires, quelle haine vous laissez ! Mais nous touchons à la vengeance » [18] . «  Cette haine  est  sainte » et de réclamer une « besogne de premier et gros nettoiement ».  « Aussi pas de murmure de pitié… » [19]

Cette première appréciation accusatrice contre les troupes d’occupation, désormais en fuite, résume bien le sentiment général de toute la population ruthénoise, en ce lendemain de la fusillade. La réalité fut tout autre. Certes, la vindicte populaire s’acharna sur des femmes tondues ou accusa des collaborateurs. Les FTP éliminèrent un ancien gardien de prison passé au maquis et le rédacteur en chef du journal L’Union catholique. Toutefois, Chambre civique et Tribunal militaire s’efforcèrent de rendre une justice  plus conforme au droit sans exclure sévérité et  peines capitales [20] .  Le colonel Steuber ne rendit jamais de compte à l’Aveyron. Arrêté en Ardèche, le 3 septembre 44,  il fut  exécuté,à Vals-les-Bains, par l’armée de libération, en compagnie du commandant Reisner et du capitaine Lieb ainsi que soixante soldats. Ce n’est qu’en 1951 que se déroula, à Toulouse, le procès de la gestapo de Rodez. [21] Les temps avaient bien changé et ne restaient pour répondre de leurs crimes que Bottger et Fienemann. Le verdict choqua par sa mansuétude au vu de l’acte d’accusation : « vingt ans de travaux forcés pour Fienemann, dix ans de la même peine pour Bottger et vingt ans d’interdiction de séjour pour les deux hommes. » Une telle sentence souleva stupéfaction et réprobation.  Par son indulgence, la Justice donna l’image d’une répression bâclée, inachevée puisque d’ailleurs certains accusés étaient absents. La déception fut immense.

Bientôt, soixante dix ans, que le crime de Sainte-Radegonde perpétré par l’occupant nazi reste gravé dans la mémoire collective. Quelles que soient les péripéties de notre histoire politique, nationale ou local, le 17 août est une journée de commémoration  et d’émotion. Depuis l’été 1946 [22] , en effet, s’élève à proximité du champ de tir un mémorial départemental où se réunissent personnalités de tous bords, anciens combattants et  citoyens de tout le département. La mémoire douloureuse s’estompe malgré la présence de quelques parents des victimes, parfois venus de fort loin.  Mais c’est une mémoire sacralisée dont le rituel commémoratif évolue d’année en année. 

Ce lieu de la tragédie, par la volonté commune, est aujourd’hui un espace sanctuarisé. Une modification des infrastructures anciennes a  donné  unité  et sécurité à tout le site désormais globalisé. Il s’est enrichi d’une allée et d’une esplanade, où divers panneaux  créent un parcours mémoriel en relation avec les victimes répertoriées. Tout visiteur peut aisément comprendre ce que l’Aveyron a subi pendant les Années noires : occupation brutale, rafles de juifs, barbarie de la gestapo, résistants morts aux combats ou en déportation, massacres de civils.  Le 17 août, le souvenir du crime de Sainte-Radegonde, loin d’être réducteur, fédère donc toute la mémoire départementale liée aux souffrances subies.

Il appartient désormais au Comité  du Mémorial départemental de Sainte-Radegonde, réorganisée depuis deux ans, de perpétuer le souvenir. Il impulse des initiatives  vers les jeunes et s’implique  dans   tous les travaux ou animations répondant aux objectifs fixés par ses statuts ainsi que lors des commémorations.

Certes, les drapeaux sont toujours aussi nombreux, l’accompagnement musical codifié mais les discours eux se sont considérablement transformés. Comme les témoignages et la connaissance des faits, « ils empêchent l’oubli, sans alimenter nécessairement la haine entre les peuples tout en condamnant l’idéologie et les hommes du nazisme. Ils nourrissent la réflexion sur les victimes et leurs bourreaux, sur les mobiles, la valeur humaine et la légitimité de leur action ou de leur comportement, sur les rapports nouveaux à créer, dans la clarté, entre les peuples déterminés à ne plus vivre ni leurs anciens affrontements ni pareils crimes. » [23] Cette mémoire consolidée veut servir la Paix pas l’oubli.


[1] Le Rouergue républicain, n°1, 23 août 1944

[2] Cette appellation impropre est toujours utilisée. Nous la conservons ici par commodité.  Il s’agit cependant du S.D.  « Sicherheitsdients », police politique, simple poste extérieur dépendant du K.D.S.de Montpellier dirigé par Tanzmann « à la réputation bien établie ». cf. Le procès de la gestapo de Rodez, Revue du Rouergue, avril-juin 1951.

[3]   Voir la chronologie des événements dans Maquis et combats /FONT-MOIZET

[4] Henri Noguères, Histoire de la  Résistance, t. 10, p. 241

[5] Information que la Résistance PTT (Durand et Méravilles) avait interceptée téléphoniquement et transmise au S.R. d’Entraygues.

[6] B. Bonnafous alias cdt Richard, colloque de Saint-Affrique, juin 1994. Dans son témoignage, La Résistance telle que l’a vécue,… fascicule dactylographié, Juin 2007, le cdt Richard donne des informations plus précises sur tous ces faits.

[7] Il fait partie des 30 fusillés de Sainte-Radegonde. Un autre contact avec les soldats azéris-arméniens fut arrêté le 17 à Rodez. Mais, par un heureux concours de circonstances, Paul Langenbacher fut sauvé de l’exécution. Voir Sainte Radegonde…Témoignages, op.cit.

[8] Deux exemples : les supplices et morts atroces d’A. Merle et de M. Pleinecassagne, février-mars 44. Voir Maquis et combats op.cit.

[9] A. FOUCRAS, 35ième anniversaire de la Libération, Le drame de Sainte-Radegonde, Centre-Presse 9-08-79. Au procès de la gestapo de Rodez,  à Toulouse en 1951, Fienemann déclara que le 15 août 44, le chef régional Tanzmann prescrivait par téléphone de faire fusiller, avant le repli des troupes, tous les prisonniers et rejetait toute la responsabilité sur Stettien, (il est vrai, décédé !).

[10] B. Bonnafous, alias cdt Richard, Témoignage, colloque de Saint-Affrique, juin 1994 et La Résistance, telle que l’a vécue…fascicule dactylographié, Juin 2007

[11] C’est aussi la thèse d’A. Foucras  dans l’article de Centre-Presse, 9 août 1979, Le drame de Sainte-Radegonde.

[12] Pour plus de renseignements, voir Mémorial du Rouergue en résistance, 1991, ONAC- CDIHPP, Rodez, 2é éd.

[13] Des exécutions de soldats allemands s’y étaient déroulées  aussi, peu de temps auparavant.

[14] Sainte-Radegonde, La butte et la tranchée des fusillés, Témoignages, le drame tel que l’ont vécu quelques témoins, Editions Subervie, 1977, Rodez.

[15] D’après A. Foucras, Centre-Presse, août 1979, Le drame de Sainte-Radegonde

[16] Cette version donnée par plusieurs témoins est contestée. Voir, Un drame qui suscite encore quelques interrogations, J.M. Cosson, La Dépêche du Midi, 17 août 1998

[17] Le n° 31, octobre 1992,  La Revue du Rouergue publia le témoignage de Gilbert Gauthier, inconnu jusqu’alors, conservé à la Société des lettres, sous la forme d’un original dactylographié et authentifié par son auteur. Il comporte une autre version, l’utilisation de grenades lancées dans la tranchée.

[18]   Le Rouergue républicain, n°1, 23 août 1944, Rodez

[19] L’exécution sommaire du directeur de la LVF et du maire de La Mouline « accusé de ne pas avoir protégé le résistant Lavergne, blessé à St-Félix» semble être dans la ligne de cette exigence, les 23/24 août.

[20] Hochman, interprète auprès de l’OPA, par exemple.

[21]   Voir, Revue du Rouergue, avril-juin 1951, Le procès de la gestapo de Rodez

[22] En juin 1946, le site a été visité par le ministre Edmond Michelet. En août, l’inauguration est faite en présence du ministre Bichet.

[23] A. Foucras, Cinquantenaire de la tragédie de Sainte-Radegonde, (tiré à part, 1994)



 


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Liste des  fusillés :       

                ALDEBERT Alban : 30 ans, né à St-Geniez d’Olt, plâtrier, sergent au maquis Testor, arrêté à Sévérac, blessé suite à un accident de moto, lors d’une mission.

AMANS Georges : 24 ans de Labastide-L’évêque, né en 1920 , mineur,  arrêté pour « menées anti-allemandes »  le 22 juillet.

                AUSTRUY Albert : 33 ans,  né en 1911, de Millau, entrepreneur de transport public, arrêté le 26 juillet à Engayresque pour transport de membres de la Résistance (Caumes et Douzou)

                BARRE Robert : 19 ans, né en 1925, de Vierzon (Cher), garçon d’hôtel à Souyri, arrêté le 14 juillet après dénonciation, à Millau.

                BESSOLES Louis : 33 ans, né en 1911, de Rodez, plombier.

                BLASI Louis : 53 ans,  né en 1891, de Toreilles(P. O)  commissaire de police , membre du  réseau Gallia, arreté le 14 juin à Rodez.

                BRAVO – Arroyo Esteban : 24 ans, né en 1920, espagnol, mineur à Decazeville, aurait été fait prisonnier au combat des Albres-Montbazens, 21 juillet.

                CAUMES Henri : 18 ans, né en 1927, de Laroque-Ste Marguerite, apprenti gantier Millau, arrêté alors qu’il rejoignait le maquis Testor de Sévérac, le  26 juillet

                DELAIRE René : 23 ans,  de Versailles,  employé de banque, Compagnon de Thévenon au maquis du Bouscalous , arrêté le 15 juin à St-Victor et Melvieu.

                DERDERIAN Garabed : 34 ans, né en Arménie en 1909, Erzeroum, forain, arrêté à La Bastide   en Lozère.

                DEVILLERS Edmond : 29 ans, né en 1915, de Roubaix, ingénieur à la société électrique Sorgues-et -Tarn de St-Affrique. Membre du Directoire départemental des MUR, arrêté le 9 août  à La Primaube, avec Ethève, lors de la sépulture de l’ingénieur Thoumas, fusillé le 6 août à Bonnecombe.

                DOUZOU Roger : 20 ans, né en 1924,  de Nîmes, habitant Millau, ouvrier teinturier, arrêté le 26 juillet, en route vers le maquis Testor, avec Caumes et Austruy.

                ETHEVE Maurice : 39 ans, né à Arrènes, (Creuse) en 1905, de Villefranche de Panat , collègue de Devillers à Sorgues-et -Tarn,  arrêté dans les mêmes circonstances à La Primaube, le 9 août.

                FRAYSSE Maurice : 36 ans  né len1907 à  Lodève, agent des lignes PTT, arrêté le 13 juillet à rodez

                HAAG Marcel :  32 ans , né en 1912,  de Pompey, Groupe Franc de Cransac, fait prisonnier lors du combat des Albres-Montbazens/  La Rivière  le 21 juillet

                KROL Jean : 18 ans de Cransac, mineur

                LADURELLE Félix : 34 ans, né en 1910, en Meurthe- et- Moselle, ouvrier, Groupe Franc de Cransac , fait prisonnier lors du combat des Albres-Montbazens/  La Rivière  le 21 juillet

                LAIGNEL Maurice : 37 ans, n é en 1908, originaire de St-Maur- des- Fossés, plombier à Salmiech. Otage civil, pris après le combat de Bonnecombe, 6 août, par les Allemands de passage à Cassagnes-Béghonès.

                LAROMIGUIERE Robert : 32 ans, mineur, né en 1911, à St-Félix , (Lot) Groupe Franc de Cransac, arrêté mi-août secteur de Montbazens.

                LAVERGNE Roger : 21 ans, né en 1923,  de Paris, ouvrier à Privezac . Avec son groupe du maquis Du Guesclin, participe à l’attaque de St-Félix , dans nuit du 5-6 mai, blessé, se réfugie à La Mouline.  Arrêté à l’hôpital  de Rodez par le S.D. de Rodez.

                LOUBIERE Fernand : 34 ans, né à Centrès en 1910,  gardien de la paix Rodez. Arrêté dans un car, lors d’une mission  vers Rancillac-Naucelle, le 29 juillet ou 1 août, par un détachement SS. Membre des Groupes Francs régionaux.

                MATHYS Marcel : 16 ans, 18-8-1927, de Saint-Germain en Laye. Fait prisonnier après le combat de Lavayssière  (entre Figeac et Capdenac) livré par les commandos Hubert, installés en Aveyron depuis le 15 juin.

                MULLER Raymond : 35 ans, né en 1909, de Béziers, plâtrier, pompier bénévole à Rodez. Membre d’un G.F, arrêté le 29 juillet  à Rodez .

                MULOT Paul : 24 ans de Mirecourt (Vosges),  chef de GFR, maquis de Stalingrad.  Arrêté le 18 juin, au retour d’une mission à Carmaux.

ROMANOWSKI Zénon : 39 ans, polonais

                ROMANIUK Grégoire : polonais, ouvrier agricole, agent de liaison pour Vény,  en contact avec les Azeri et Arméniens de la garnison de Rodez, arreté le 15 août.

                THEVENON Albert : 21 ans, né en 1922, de La Tour du Pin (Isère), ouvrier de chaussure, chef du maquis du Bouscalous, arrêté le 15 juin à St-Victor –et- Melvieu,  avec Delaire et  Birebent chef de l’AS Aveyron depuis mai.

                WEINGARDT Henri : 22 ans, allemand de la  Sarre, manœuvre à Decazeville.

                WORMSER Paul : chirurgien-dentiste, né  en 1905 à Colmar, venu de Tulle, arrêté à Lassouts  pour avoir tenté de porter secours aux blessés du combat de La Quille le 19 juillet, près d’Espalion. En 1936, aux J.O de Berlin, il avait obtenu une médaille de bronze en escrime (compétition par équipe d’épée).

  Un inconnu)


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