7 Maquis Antoine.pdf

Le Maquis Antoine, un « maquis Veny »

 

Les groupes VENY, émanation du parti socialiste, ont joué un rôle important dans notre région, Tarn-Aveyron. Dès 1941, le parti socialiste commençait à rassembler ses troupes en vue de la constitution de formations paramilitaires. En 1943, des relations sont établies avec le colonel VENY (colonel Vincent)[1]. Cet officier d’active de l’armée française, avait pris un congé spécial pour aller aider les républicains espagnols. Ayant rejoint l’Angleterre, il entra en contact avec le S.O.E. britannique (réseaux Buckmaster). Parachuté dans le Lot, courant 1943, il constitua son état-major et organisa un mouvement purement militaire.

 Le premier noyau fut constitué à Carmaux. Des officiers de liaisons alliés, notamment la capitaine Georges Hiller « Georges » vinrent fournir des conseils techniques et c’est en février 1944 que commencent les parachutages. Un plan d’action fut dressé pour déclencher simultanément, en liaison avec les Alliés, des actions de destructions et de guérilla contre les troupes d’occupation. Elles se sont intensifiées à partir du 6 juin.

Il fut décidé, lors d’une réunion à Villefranche-de-Rouergue, que les groupes Veny,  du Tarn et de l’Aveyron, seraient soumis à une seule autorité. Les cantons de Sauveterre et de Naucelle constituant un territoire exclusif, l’autorité du maquis Antoine s’y exercerait seule.

 

Origines du maquis Antoine de Villelongue

(Extraits)[2]

« (…) C’est dans ces conditions que les responsables carmausins furent chargés de créer une zone de parachutage à la limite des départements du Tarn et de l’Aveyron. Cette zone devait être une zone de complément et, si nécessaire, une zone de remplacement des zones du Lot. Elle devait en outre permettre la vie d’un maquis d’une soixantaine d’hommes. C’est ainsi que Carmaux entra dans l’histoire de Sauveterre. (…)

Antoine Pech n’était pas mineur, mais il était pêcheur. En temps de paix, il était boucher à Carmaux. (…) Il allait  aussi souvent qu’il le pouvait chez son ami Lucien Bousquet à Sauveterre. (…) Lucien Bousquet était aussi originaire de Carmaux, il avait été gendarme et avait même commandé la brigade de gendarmerie de Sauveterre. Arrivé à l’âge de la retraite, il était resté à Sauveterre où il tenait sur la place l’ancien café Caussanel. Ses activités de gendarme l’avaient mis en contact avec toute la population du canton. Il possédait toues les aptitudes que l’on attend d’un agent de renseignement.

Quand le colonel Veny les chargea de créer ce terrain annexe de parachutage et ce maquis, les responsables carmausins se tournèrent tout naturellement vers Antoine et lui confièrent tout d’abord une mission d’études : rechercher la possibilité de faire vivre en sureté un maquis de 60 hommes environ et d’y réaliser avec lui des parachutages importants. Antoine et Bousquet n’hésitèrent pas. (…) Ainsi naquit le maquis de Villelongue que l’histoire appela bien vite le maquis Antoine. (…) »

 

Le site de Villelongue

 

Villelongue , commune de Cabanès, canton de Naucelle, est un hameau de quelques maisons, abandonnées et parfois en ruines, au confluent de la Lézert et du Lieux. Agrippé à flanc de colline, il est difficile d’accès par un chemin muletier.

Dans ce sud du Ségala, aux confins du Tarn et de l’Aveyron, le relief bien qu’accidenté comporte de petits plateaux. Les maisons furent plus ou moins restaurées. Mais son intérêt essentiel est la proximité du plateau de Lucante, destiné à devenir le terrain de parachutage « Tilleul » qui en reçut de nombreux et bien achalandés[3].

 

 



[1] Voir, Les Chemins de la Mémoire, n° 224, Mars 2012

[2]Le Maquis ANTOINE de Villelongue par P. GINESTET

[3] Témoignage écrit d’Hubert Campergue, avril 1997

Antoine.jpg
Repression_du_5_aout_1944.jpg
Villelongue la Chapelle.jpg

Effectifs - Evolution


« Les mois de mai et juin se passent à peu près sans histoire entre les diverses missions des maquisards encore pas très nombreux (garde, veille les nuits de parachutage puis récupération parfois scabreuses des containers dans les pentes escarpées, missions de toutes sortes, notamment pour le ravitaillement. Fin juin, début juillet, les effectifs ont grossi et les parachutages permettent d’armer pas mal de volontaires. Il faut tout d’abord déchiffrer les notices en anglais, monter et démonter les armes et en apprendre le fonctionnement. [1]»

Le 5 mai 1944, c’est en effet quelque soixante hommes au départ dans le groupe de récupération. A partir du 6 juin, les effectifs grossissent par l’arrivée de patriotes et de gendarmes de Naucelle. Fin juin, ce sont près de 300 maquisards que l’intendant Carles peut équiper grâce aux uniformes parachutés.

Les effectifs grossissant, le cantonnement d’origine s’avéra insuffisant. L’organisation fut réadaptée : 4 sections reliées à Villelongue par un téléphone de campagne ; des installations à La Planque, dans le parc du château de M. Roques, et à Albagnac.

« Les résistants vivaient dans le village. Les cuisines et le réfectoire étaient à l’école ; la maison de M. Malgouyres servait de dépôt d’armes et de dortoir. Quant au P.C. de la section, il était à La Borie, ferme de M. Vacquier, située à 300 m. du village. Deux armuriers entretenaient les armes parachutées. (…) Les sections  du maquis Antoine ont quitté Albagnac le 4 août (…) Tout le maquis s’est replié sue La Planque et les parachutages ont continué là-bas. Les 4 sections sont commandées par le lt Hervé, l’adjudant-chef de gendarmerie Darros, Rampin de Carmaux et un instituteur Amiel. Au début d’août, le commandant Antoine décide de créer une 2ieme compagnie qui aura à sa tête le capitaine Delaure, instituteur de Saint-Just-sur-Viaur(…)L’A.S. de Naucelle se met à la disposition du maquis Antoine au début de juillet, mais les résistants restent chez eux en attendant un appel. Le capitaine Delaure cherche des futurs cadres.  Vers le 13 août, le 2ieme compagnie a une trentaine d’hommes. Les adjoints du capitaine Delaure sont un adjudant d’artillerie d’active Delclaud et un adjudant d’infanterie d’a    ctive Mattei. Une mobilisation de 5 classes est décidée, les affiches posées dans les villages et les parachutages qui ont lieu au Pouget-Vieux, près de La Planque, permettent d’habiller et d’équiper la centaine d’hommes que la compagnie comprend au 16 août 1944. » [2]

 

 

 

 



[1] Témoignage écrit d’Hubert Campergue, avril 1997

[2] Enquête d’A. Albagnac,  1963

Actions de sabotages [1]


1 - Sabotages ferroviaires :


·          Dans le Tarn:

-Vol important d’explosifs au puits de mine de la Tronquié.

-Sur la ligne SNCF Carmaux-Rodez, destruction du ponceau des Crémades et du pont de La Favarelle (2 fois), de la pompe d’alimentation des locomotives en eau de Tanus, destruction du pont de Mouralès, blocage du tunnel du Viaur (avec le maquis Antoine)

-Destruction de wagons à la gare minière de Carmaux, d’aiguillages en gare de Carmaux

-Destruction sur la ligne Carmaux-Toulouse des ponts de Pignès, Blayes, (plusieurs fois)


·         Importance du tunnel du Viaur

La gare de Carmaux apparaît comme un nœud ferroviaire majeur, pour le passage de troupes et la circulation du charbon y compris celui venant de Decazeville. D’où la nécessité de bloquer le tunnel du Viaur. Le groupe Baron ayant agi, côté Tarn, provoquant un déraillement, le maquis Antoine complète l’obstruction du tunnel avec des wagons et une locomotive, côté Naucelle……


·         Près de la gare de Rancillac

« Le 1er Août, une colonne allemande de 4 camions et 2 voitures, arrêtés près de la gare de Rancillac, sur la route nationale 88, est signalée au groupe Antoine. Les hommes auraient pris position de part et d’autre de la voie ferrée et de la route.

Immédiatement, une reconnaissance est envoyée pour préciser leurs positions et leurs intentions probables. Cette colonne était arrêtée par suite d’ennuis mécaniques et non pour surveiller la voie ferrée. Elle quittait ses positions vers 18 heures, pour reprendre la direction de Rodez en abandonnant un camion en panne.

Au cours de l’enquête, l’officier commandant la patrouille de reconnaissance apprend qu’un train de troupes allemandes va passer sur la voie aux environs de 20 heures. Le même renseignement est donné par des cheminots de Carmaux. Immédiatement, une voiture légère amenant 6 artificiers du groupe Antoine, est envoyée sur les lieux. Le pont est miné avec 40 kg de plastic, avec mise à feu électrique. Les hommes se pressent, ils ne disposent que de peu de temps. Tout est terminé à l’arrivée du train. On laisse passer la        locomotive et un ou deux wagons ; nous avons fait avertir le chauffeur et le mécanicien, il faut essayer de les sauver. La mise de feu est déclenchée. On voit voler les morceaux de ferraille, les Allemands tirant au hasard dans toutes les directions et de toutes leurs armes automatiques. (…)

L’explosion aurait dû entrainer la chute d’au moins 3 ou 4 wagons de  troupes, mais un accident dû, soit à un défaut du cordon détonnant, soit à la précipitation, forcée de nos artificiers, fut que seule une charge sur quatre a explosé. Le pont a résisté, les Allemands n’ont que 2 morts et 35 blessés.

Pendant ce temps, la patrouille de reconnaissance prend en remorque le camion allemand laissé sur les lieux. Les Boches nerveux s’installent toute la nuit autour du train et ne repartent que le lendemain matin. Profitant du désordre, le chauffeur et le mécanicien ont pu décrocher leur locomotive et partir en direction de Rodez. Ils sont sauvés. (…)

(Témoignage anonyme)

 

2-  Destructions routières en Aveyron (par Antoine):

·         Ponceau sur le chemin d’I.C. 29 reliant la N. 111 à Rodez

·         Pont de Tanus

·         Ponceaux sur la N.88 entre Tanus et la Barraque-Saint-Jean et sur la G.C. 78 (doublant la N.88)

·         Pont enjambant la voie ferrée entre Le Lac et La Primaube



[1] A partir de l’enquête d’Albagnac sur le maquis Antoine(1963), dossier privé H. Campergue et  P. Ginestet op. cit

Parachutages Antoine.pdf

Hommes du Maquis ANTOINE

(donnés à titre indicatif)


 

  « Antoine »

PECH Antoine

Boucher à Carmaux,  Chef du maquis

 

BOUSQUET Lucien

Ancien gendarme, avait commandé la brigade de Sauveterre. Cafetier et ami de Pech

 

CARLES  Paul

Boulanger de Sauveterre. Intendant du maquis.

Avait comme adjoint Roger BLANQUET, boucher

DANVILLE (de) capitaine

Ancien de la Légion, venu de l’ORA, conseiller technique de CASTAN, chef du secteur D

 

DELAURE, capitaine

Instituteur de St-Just-sur-Viaur, Cdt la 2ie compagnie

Deux adjoints,  militaires d’active,  DELCLAUD  et MATTEI

GINESTET P. capitaine

Adjoint de  Pech  Antoine 

 

LAVIGNE- DELVILLE H. lieutenant  « HERVE »

Saint-cyrien, jeune officier  d’active, véritable responsable militaire

Prisonnier politique, évadé de la prison de Gaillac

MALBOUYRES « René »

Chef du groupe franc

 

MALGOUYRES

Propriétaire à Albagnac. Sa maison a servi de dépôt et de dortoir.

 

MAGOUX

Mineur venu d’Albi, spécialiste des explosifs

 

MAZARS Jean

De Sauveterre, officier marinier de Toulon, responsable de la section gonio-radio

Adjoints Yves QUERE  marin breton et DELEADE, gendarme de Naucelle.

MAZENC

Propriétaire d’une grange à Lucante, dépôt des parachutages

 

PASCAL, lieutenant d’active

De Sauveterre

 

PUEYO

Armurier du maquis. Beau-frère d’Antoine et ajusteur à la mine

 

ROQUES

Propriétaire du château de La Planque. A accueilli le maquis.

 

RUDELLE  André

De Baraqueville.

 

VACQUIER

Propriétaire de la ferme  La Borie à Albagnac ; P.C

 

ce site a été créé sur www.quomodo.com