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LE GAINAGE(Christian Baffoigne)

 
Ce que l'on appelle "gainage" est facile à situer , il suffit de penser aux gaines de nos grand-mères ... La taille ... Cet ensemble musculaire (abdominaux-dorsaux) est le maillon faible du coureur . En effet , situé entre la partie inférieure du corps naturellement musclée par la course (des mollets aux fessiers) et la partie haute massive et source de porte à faux , il est très inégalement développé par la course (des dorsaux fessiers très sollicités , et des abdominaux fréquemment "sous développés" car peu utilisés) d'où une liaison fragile entre ces deux parties . Cette disparité et cette faiblesse sont potentiellement à l'origine de nombreux problèmes .
 
Le déplacement d'un coureur est la résultante de lignes de forces partant de l'appui au sol et transmises par une chaîne dont la bonne position bassin-charpente osseuse fait partie intégrante .
Pour les athlètes de haut niveau , le renforcement musculaire du gainage est absolument indispensable , il permet une haute efficacité de la foulée .
 
Pour des athlètes de notre niveau , des "abdos solides" ont l'avantage de maintenir plus longtemps , sans dépense d'énergie supplémentaire , l'efficacité de la foulée , induisant donc un meilleur résultat pour une même dépense énergétique . Complémentairement , cela annule (dans le meilleur des cas) ou retarde l'apparition de ce que l'on remarque chez de nombreux coureurs lorsqu'ils commencent à ressentir la fatigue au terme de leur course : ils semblent affaissés , "écrasés"  , subissant la fatigue prenant très involontairement une position génératrice de certains traumatismes .
 
Si cette déficience de gainage est un problème pour de nombreux "vieux coureurs" , qu'en est-il alors des débutants ! ... En effet beaucoup de novices se lancent prématurément dans des distances trop longues , ou débutent , hélas , leur "carrière" par des trails difficiles sans en avoir la capacité . Ils ne sont pas réellement prêts , quelques mois d'entraînement leur donnent de fausses impressions et l'envie d'y aller est là , dur de se raisonner ! L'organisme , trop tendre , subit de plein fouet cette impréparation .
Seuls piste et route , offrant des foulées régulières aux appuis stabilisés , et aux distances "modestes" , sont adaptées à la découverte de la compétition . 
Le pire est sans doute à venir ... Cette actuelle mode des trails , irresponsable et dangereuse avec sa surenchère aux difficultés et à la distance , où les muscles fatigués ne peuvent plus gérer avec efficacité les déséquilibres du corps (descentes aux appuis instables : Dos) , les nombreux devers (effets de cisaillement : hanches - vertèbres - genoux) , les relances courtes (virages secs : bassin)...
Je ne suis pas contre les trails , mais contre ces distances ahurissantes aux efforts non gérables .
On trouve en effet de plus en plus de trails de 40/60 km , aux difficultés  multiples .
 
On ne verra , à mon avis , pas de "traileurs" courir en V3 , V4 ... Ils seront occupés à gérer leurs misères physiques (Genoux , lombaires , cervicales ...)
 
En conclusion , si quelques années de course développent naturellement le système musculaire inférieur , le gainage abdominal très peu sollicité reste à la traîne ! Seuls ceux qui font un travail de puissance à l'entraînement sont sur le bon chemin : travail en côte ou au stade ... Mais ce n'est pas suffisant ! Seul le travail spécifique de ce système peut apporter un véritable bénéfice . Des abdos ... des abdos ... des abdos ... On pourrait inventer une maxime dans le genre : "Abdos d'acier , coureur parfait" ou quelque chose d'approchant !
C'est facile si l'on en fait un peu tous les jours ; évitez les séances occasionnelles où on en "fait un max"  . C'est contre productif , démoralisant et dangereux .
Donc , désormais , une petite séance journalière de quelques minutes , raisonnable et motivante ; qui le sera d'autant plus lorsque vous exhiberez vos "tablettes de chocolat" à la plage , et que vous aurez , enfin , une foulée aérienne , à rendre jaloux Ladoumègue , à la fin de votre semi !