AS TIERCE CHEFFES FOOTBALL
 
 
 
 
 
 
PRÉSENTATION : 

Prénom, Nom, âge, commune de résidence : 
Jacques Fauché, j’ai 24 ans et j’habite à Angers.
 
Métier/Études :
Cette année, je finis un Master 2 en Intelligence économique à l’Université d’Angers à Saint Serge.
 
Être arbitre est-ce une vocation ? C’est arrivé comment cette idée de prendre le sifflet ?
Je me suis lancé en 2010 dans l’arbitrage à la demande de mon premier club, le SCA d’Angers qui cherchait des jeunes susceptibles de devenir arbitre pour pouvoir engager leurs équipes séniors en championnat.
 
Peux-tu nous parler de ton parcours personnel et aujourd’hui à quel niveau exerces-tu ?L’arbitrage s’est fait au rythme de mes études, si les résultats suivaient alors je pouvais continuer à arbitrer. J’ai commencé à 13 ans chez les jeunes en PH chez les U15, en DS chez les U17, DH chez les U19. J’ai par la suite arbitré en D3 pendant un an en sénior avant d’intégrer la D2 pour mes deux dernières années d’arbitrage. En parallèle, j’ai pu faire quelques touches en R2 sénior.
 
Quel niveau ambitionnes-tu d’atteindre ?
En raison des études, cette saison était pour moi la dernière et je ne souhaite pas continuer dans une autre ligue.
 
 
 
 
 
 
Quel est ton meilleur souvenir en tant qu’arbitre ? À l’inverse, ton pire souvenir ?
Une équipe qui perd 3/0 et qui revient à 3/4 c’est assez fort. Sinon,  le meilleur geste de faire Play et souvenir ça reste sur un match de coupe où un joueur se blesse seul et le ballon reste en jeu pour son équipe, le jeu continu et l’équipe perd le ballon. Le coach adverse demande à ses joueurs de sortir le ballon, mais un joueur ne l’ayant pas entendu marque le but. Au coup d’envoi le coach adverse demande à ses joueurs de laisser l’équipe adverse marquer également un but car je ne pouvais pas l’annuler, n’ayant pas arrêté le jeu.

Le pire qu’il puisse y avoir, les joueurs qui s’arrêtent de jouer et s’insultent entre eux et là tu comptes les minutes et c’est long parce que tu sais qu’il reste encore une bonne trentaine de minutes, que l’équipe d’en face veut jouer et que tu ne peux rien faire.

Pour un jeune, est-il difficile d’assumer son désir de devenir arbitre ?
L’arbitre doit garantir la bonne tenue du match parce qu’il en a l’autorité et l’ordre c’est impopulaire. Ce qui est difficile n’est pas d’assumer mais c’est l’image que renvoie le monde du football sur l’arbitrage. Même si la plupart des clubs respectent le rôle de l’arbitre, il n’y a pas de saison sans qu’il ne soit question d’agressions sur le terrain ou en dehors.

De plus, les joueurs de haut niveau ont parfois un comportement agressif et contestataire envers l’ensemble des décisions arbitrales, ce qui se répercute inévitablement sur les matchs le week-end.

À ce sujet, quels conseils donnerais-tu à un jeune voulant se lancer dans l’arbitrage ? 
Malheureusement, les contestations de la part des joueurs restent récurrentes, il faut donc avoir du répondant en gardant son sang-froid et ne pas hésiter à communiquer avec les joueurs. Astuce maison, chez les jeunes, lorsque le match risque de déraper j’avais pris l’habitude d’appeler les deux capitaines et leur demander de calmer leurs joueurs en leur expliquant la situation. Il faut essayer d’avoir un joueur de référence dans chaque équipe qui communique avec ses partenaires naturellement notamment lorsque le capitaine de l’équipe est le gardien de but, un joueur avec qui on peut échanger de manière informelle sur le terrain.

Qu’est-ce qu’un bon arbitre ?
C’est un arbitre qui va faire des mauvais choix selon le spectateur, mais qui auront été les bons dans son match. Il ne faut pas oublier qu’il y a autant d’arbitres que de spectateurs autour du terrain qui n’ont pas tous la même vue, le même ressenti de la rencontre que l’arbitre qui lui est, dans le match et impliqué dans la rencontre.

Comment selon toi peut-on améliorer la relation joueurs, éducateurs, arbitres ? Comment être à la fois respecté et apprécié par les joueurs ?
La relation joueurs, éducateurs, arbitres ne peut s’améliorer qu’en passant par de la pédagogie. L’explication des lois du jeu qui parfois même en séniors sont inconnus par les joueurs en est la base. Le haut niveau du football français est aussi à revoir, si les professionnels étaient sanctionnés systématiquement pour les insultes ou gestes déplacés et prenaient directement au moins deux matchs de suspension envers un acteur du jeu alors les matchs du week-end seraient beaucoup plus agréables à disputer. Le spectacle serait lui aussi plus agréable et les joueurs prendraient plus de plaisir à venir jouer.