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ARQUEBUSIERS DU COSTENTIN
Section ADF n° 70
Le fusil Modèle 1866 dit Chassepot du nom de son créateur Antoine Alphonse Chassepot est un fusil de l'armée française mis en service en 1866.
 
 
3 Novembre 1867

Les chassepots font merveille à Mentana


Le 3 novembre 1867, Giuseppe Garibaldi et 8 000 volontaires (les « Chemises rouges ») tentent d'entrer à Rome afin d'en chasser le pape Pie IX.
Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II et parachever ainsi l'unité politique de la péninsule. Mais le roi désapprouve cette initiative et la juge prématurée...
Qu'à cela ne tienne, le fougueux Garibaldi viole les injonctions de son roi et prépare l'invasion du Latium !

L'empereur Napoléon III envoie un corps expéditionnaire à Rome pour protéger les possessions du pape. Un premier contingent quitte Toulon le 26 octobre 1867 et arrive à Civitavecchia trois jours plus tard alors que les volontaires garibaldiens ne sont plus qu'à 25 kilomètres de Rome. Dès le lendemain 30 octobre, une avant-garde aux ordres du général de Polhès entre à Rome et rejoint les troupes pontificales. 
Le 3 novembre au matin, trois mille soldats pontificaux sortent de Rome et font leur jonction avec les soldats français. Devant eux, autour du village de Mentana, campent les huit mille volontaires garibaldiens, mal équipés, indisciplinés et dépourvus d'artillerie.



Les zouaves et carabiniers pontificaux s'avancent vers Mentana. Craignant une sortie des garibaldiens, ils appellent à la rescousse les Français, lesquels usent de leurs nouveaux fusils. Leur feu, efficace et précis, provoque la débandade des adversaires. 
Les Chemises rouges battent en retraite, laissant sur le terrain près d'un millier de morts et de blessés, ainsi que 1500 prisonniers et 2000 fusils. Les troupes pontificales ne déplorent quant à elle qu'une centaine de tués et blessés.

Pour les militaires français, c'est un franc succès. « Les chassepots ont fait merveille », dit-on à l'état-major à propos des nouveaux fusils sur lesquels on avait quelques inquiétudes. Mais les Français se sont bien gardés de poursuivre Garibaldi, personnage populaire dans le monde entier.
Le roi d'Italie comprend qu'il n'a plus rien à espérer de Napoléon III. Quand celui-ci va entrer en guerre contre la Prusse, trois ans plus tard, il profitera de sa défaite pour se saisir enfin de la ville de Rome et en faire sa capitale.
 
 
 
Chassepot, culasse.
 
Chassepot, culasse ouverte, cartouche.
 
Le Chassepot est le premier fusil à verrou réglementaire à percussion à aiguille de l'armée française à utiliser le chargement par la culasse, et non plus par la bouche. Il permet donc le tir et surtout le rechargement couché, ainsi qu'une cadence de tir accrue.
Innovation importante pour l'époque, l'étanchéité entre culasse mobile et chambre était assurée par une épaisse rondelle de caoutchouc protégée par un masque mobile en acier. La pression des gaz de combustion pendant le tir faisait reculer le masque qui comprimait la rondelle caoutchouc assurant ainsi une étanchéité relative aux gaz de combustion. Ce système était très supérieur à celui, métal sur métal, qui existait sur le fusil Dreyse ce qui devait accroître du simple au double la portée et l'effet vulnérant du fusil Chassepot.
 

Munition de 11 mm Chassepot

 
Cartouche de Chassepot (en papier).
Le diamètre de la cartouche est de 13,35 mm pour un poids de 32 grammes. Le diamètre de la balle est de 11,8 mm pour un poids de 24,5 grammes.
La cartouche est un assemblage assez complexe d'une dizaine de pièces : outre la balle cylindro-ogivale en plomb, elle comprend un étui en carton mince recouvert de soie contenant la charge de poudre noire. Une rondelle en carton au fond et à l’arrière de cet étui contient une amorce de fusil à piston inversée qui sera ultérieurement percutée par l'aiguille du fusil Chassepot. L'étui et la balle sont reliés ensemble par un calepin qui est maintenu en place par une ligature. La cartouche Chassepot, un ensemble demandant la précision et l'uniformité de confection, était fabriquée en ateliers et n'était pas assemblée par le soldat.
Cette cartouche est du type combustible : l'enveloppe de carton qui contient la charge de poudre noire brûle au moment du tir. Ce qui entraîne son défaut : l'encrassement, qui peut provoquer l'interruption du tir après une vingtaine de coups tirés. Le fusil Chassepot était néanmoins très supérieur au fusil prussien à aiguille Dreyse en ce qui concerne la portée, la précision et le pouvoir vulnérant. Néanmoins cet encrassement, la difficulté de l'approvisionnement en munitions lors de la guerre de 1870. Il y a bien eu plusieurs millions de cartouches fabriquées, mais les quantités furent insuffisantes pour ravitailler le million d'hommes qui combattait à l'époque...
Le problème d'encrassement sera corrigé en 1874 par l'adoption du fusil Gras qui est, en fait, un Chassepot modifié pour le tir d'une cartouche à étui métallique (laiton) de type moderne.
Cette munition, ancêtre direct de la cartouche métallique de 11 mm Gras, a les données techniques suivantes :
  • charge (poudre noire) : 5,6 grammes
  • masse totale de la munition : 32 grammes
  • vitesse initiale : 405 mètres par seconde
  • longueur totale : 68 mm environ