Qu'est-il devenu ? Charles MARGUERITTE

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 Né le 20 Septembre 1948 à Pointe à Pitre, Charles Margueritte est originaire de la commune de
 Saint François.
 Avec une scolarité tout à fait normale, il a fait les quatre-cent coups avec ses amis d'enfance, il
 s'adonnait à toutes les betises de l'époque, aimait jouer au football et nager dans la mer toute
 proche. Dès 14 ans, Charles commençait à devenir ingérable, donc ses parents décidèrent de
 l'envoyer à Port Louis chez une de ses tantes. Dans cette commune du Nord Grande Terre,
 avec de nouveaux amis il découvrit le sport cycliste. Dans cette région, il y a de grands
 champions cyclistes tous les cinq cent mètres, donc c'était facile pour lui de voir passer des
 pelotons lors des passages de courses.
 Charles choisit de délaisser l'école, il voulait se trouver un job et subvenir à ses dépenses
 d'adolescent. Mais il n'avait qu'une idée fixe...s'acheter son tout premier vélo. Sa tante qui ne le
 lachait pas des yeux se rendit à Pointe à Pitre pour faire l'acquisition de cette bicyclette.
 Catastrophe, la tante ramena à Port Louis une bécane de touriste avec un guidon tout plat. En
 Guadeloupe ce genre de machine est appelé "De voyage" Notre champion en herbe était hyper déçu, et tout de suite avec ses amis, il s'était mis à malmener tellement ce vélo qu'il finit par casser très vite.
 Toujours au travail et à l'heure, toujours sous l'emprise de sa tante, il économisait petit à petit
 afin de se rendre à Pointe à Pitre et ramener un beau vélo de course. Charles fit ses débuts
 en 2eme catégorie en 1967 à 19 ans, c'était un peu tard mais peu importe, et il signa sa toute première licence au VCS (Vélo Club Saintannais). Sa tante, n'y croyant pas trop le laissa faire
 en se disant que c'était une envie passagère.
 Charles s'entraine à fond, il est son entraineur, son soigneur alors qu'il n'est qu'un apprenti
 coureur cycliste. Il dose très mal ses efforts, fait de trop longues sorties, mais pense à bien
 se ravitailler et surtout à se reposer. Ne serait-ce pas là une bonne base pour sa future
 carrière de champion cycliste ?
 La première fois qu'il épingle un dossard, c'était à Sainte Anne pour une course de la 2eme
 catégorie, l'arrivée se fait au sprint et il se classe 6eme. Ensuite la malchance s'acharne sur
 lui avec des chutes à répétitions dont la plus grave à lieu à Baie Mahault. On le relève avec
 un traumatisme cranien et est orienté vers le CHU de Pointe à Pitre dans un état comateux.
 Ses parents et sa tante veulent qu'il cesse de faire le couillon sur les routes locales, et c'était
 la période des leçons de morale comme:
                           Le vélo ne nourrit pas son homme.
                           Il y a beaucoup trop de voitures qui circulent.
                           Tu ne seras jamais premier à une course...etc
 Charles rétabli est de retour à Saint François, et petit à petit reprend des forces. Il passe de
 longs moments à admirer sa bécane qui s'empoussière mais sa maman ne veut pas entendre 
 parler de course cycliste. A l'insu de tous, il parvint à reprendre ses entrainements, et ne
 tarde à retrouver ses sensations. Nous sommes en 1972, et le nom -Margueritte- ne figure dans
 aucun classement local, il insiste malgré l'autorité maternelle et les brimades de son paternel
 qui aimerait que son rejeton l'accompagne en mer. En dépit des interdictions de ses parents 
 Charles décida d'etre champion cycliste comme son idole : Babylas Jacobin. Il reprit la
 compétition et fut fier d'endosser ce maillot rouge et blanc du VCS.
 Dans les pelotons, personne ne faisait attention à lui, mais petit à petit il retrouva ses repères.
 Se sachant piètre sprinter, il décida de toujours attaquer pour éviter l'emballage final, et les 
 premières victoires arrivèrent d'abord à Prise d'Eau puis à Goyave. Sa maman et sa 
 tante n'en revenaient pas, et son papa disait à qui voulait l'entendre "C'est mon fils" Toute la
 famille commençait à croire que Charles était capable de hisser le nom Margueritte au sommet
 du cyclisme Guadeloupéen. A Saint François, c'était la fierté de voir l'enfant de la commune
 dans le journal France-Antilles.
 Arriva une grande course cycliste: Les 20 tours de la ville du Moule de 1972, réservée aux 2
 catégories, en général les 2eme caté. ne pèsent pas lourd face aux 1eres. A cinq kilomètres
 de la banderole, un groupe d'une dizaine de coureurs roule à tombeau ouvert, et Charles est 
 le seul représentant de la petite catégorie...Que faire ?
 Il attaqua comme un forcené à 1. 500 mètres du but sachant bien que les sprinters n'allaient
 pas tarder à revenir. Sans se relever, il fonça le nez sur la potence, et cette ligne qui tardait
 à arriver. A 10 mètres du but, une roue avant arriva à son dérailleur mais il ne faiblit pas.
 Charles  était vainqueur devant l'un des plus grand sprinter qu'ait connu la Guadeloupe
 -Christian Alphonse-
 Un jour, dans Saint François, il rencontra une personnalité locale très respectée.
 Ce juge du Tribunal de Pointe à Pitre très mordu de cyclisme l'aborda en lui parlant de 
 compétitions, de braquets et au bout d'une quinzaine de minutes lui dit:
            - J'aime ta rage de pédaler, mais que veux-tu faire demain comme boulot ?
 Notre champion pris au dépourvu ne savait quoi répondre.
            - Suis interessé par un poste de Maitre Nageur !
 Voilà notre champion suivant ce stage en se demandant ce qu'il faisait là. Il se reposait
 la question pourquoi ne pas avoir répondu:
            - J'aimerais bien travailler au Tribunal, à la Poste où à la Mairie.
 Le jour de l'examen, il n'osa pas s'y rendre devant les instructeurs. Charles n'avait
 à l'époque qu'une envie: Remporter le Derby de Saint François 1973, épreuve de plus
 200 kilomètres. Il voulait arriver seul dans sa commune avec les bras levés en V devant le
 public Saint Franciscain. Tout celà n'était que de la théorie car ce Derby fait partie des
 épreuves phares du pays. Le jour J, il arriva à bien canaliser ses efforts et à attendre le
 bon moment. Ce jour, Saint François était fier d'ovationner l'enfant de la commune pour cette
 24eme édition de son Derby.
 1974, c'est le G.P. de l'Assomption à Petit Bourg, autre course à peu près identique que
 Saint François mais avec beaucoup plus de cols. Charles s'échappa dans Vernou avec 5
 autres adversaires, et quelques kilomètres plus loin ce groupe de 6 aborda les contreforts
 de la Basse Terre où le grand plateau ne sert à rien sauf dans les descentes. Margueritte
 déchainé attaqua dans Salée entre deux haies de spectateurs, et rares étaient ceux qui
 croyaient en lui car tous les favoris étaient englués dans le peloton à attendre. Mais quoi ?
 A Basse Terre, notre bonhomme vira avec près de 2 minutes d'avance et rien n'était fait, car
 la banderole de Petit Bourg était environ à 50 kms. Charles parvint à gérer son avance, et
 arriva sur la ligne avec plus d'une minute sur son second.
 Pendant sa carrière, il fut conseillé par Mr Gilbert Crabet et par le couple Guillaume et Margat
 Gustave qui l'on hébergé pendant un certain temps à Sainte Anne. Sa meilleure performance
 au Tour de la Guadeloupe reste une 4eme place en 1975.
 Début 1977, Samson Palie un ex-VCS, l'invita à le rejoindre au club de Rivière Pilote de la
 Martinique. Là, il ne participa qu'à une seule épreuve (2eme) en 6 mois mois de présence.
 Motif : Son président du VCS de l'époque avait tout fait contre lui. Découragé, Charles se
 décida d'aller faire un mois en France, sur place il essaya de continuer son sport favori en
 prenant une licence FSGT. Mais le coeur n'y était plus, et petit à petit le vélo commençait
 à devenir un objet de souvenir.
 Il rencontra sa future femme Simone, elle est originaire de Sainte Anne, la commune où
 Charles a été licencié au VCS pendant 10 ans. Maintenant, ils sont les parents de trois
 enfants, et notre homme est employé à la ville de Paris depuis 1981, il compte tranquillement
 les semestres à faire avant une retraite méritée.
 Chez lui, à Goussainville, Charles aime bien parler de sa carrière dont il en est fier, de Pierre
 André, de ses partenaires de club et surtout de ses adversaires. Son téléphone sonne 
 souvent pour garder contacts avec des anciens du cyclisme de Guadeloupe.
 Pour conclure, on peut considérer que Charles a été un très grand champion cycliste, et
 reste une référence.
 Ses mauvais souvenirs : Son président  du VCS pour son transfert en Martinique, et sa 4eme
 place au tour de la Guadeloupe en 1975.
 Ses bons souvenirs : Son attaque lors des 20 tours de la ville du Moule en 1972, et sa victoire
 lors du G.P. de l'Assomption à Petit Bourg en 1974.
 
                                                  Goussainville ce 18 Février 2013
                                                                            Fafa  
 
 
 
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Au départ d'une épreuve avec son ami José Lebon
dans le fond : Robert Ethou


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Le champion est resté toujours alerte


Charles savoure la victoire au G.P. de l'Assomption à Petit-Bourg en 1974


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