2 ROCHERS FOOTBALL CLUB
 
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Un champion du monde au secours du foot amateur.
 
Normand de naissance, Monégasque de cœur, Gunner de légende, champion du monde pour l’éternité, Emmanuel Petit (1) est un jeune retraité de 45 ans qui continue de sillonner le monde en quête de nouvelles causes à défendre, de défis à relever. Celui du foot amateur en est un (ou une) qui lui tient particulièrement à cœur. Après s’être engagé aux côtés d’Éric Thomas lors des dernières élections à la présidence de la FFF, il ne cesse depuis de défendre la base contre les excès du foot business. En Don Quichote des temps modernes. Loin d’une image de rebelle qu’il réfute et que ceux qu’il combat aiment à la réduire.
 
Emmanuel, quel rapport entretenez-vous aujourd’hui avec le foot amateur ?
Je n’en ai aucun à part le tournoi que j’organise depuis dix ans dans le golfe de Saint Tropez à Blaquières pour les jeunes. Nous n’invitons que des clubs amateurs et on s’ouvre aux clubs étrangers venus d’Afrique, d’Angleterre etc... Nous travaillons aussi sur la Coupe du monde de foot amateur dont nous avons lancé la première édition en 2014 (à Montlouis en Indre et Loire) en parallèle à la Coupe du monde au Brésil. On travaille en ce moment au lancement du premier championnat d’Europe de foot amateur.
 
Etes-vous partenaire de la FFF qui organise déjà, via l’UEFA, la coupe d’Europe des régions ?
Non, absolument pas. Ce que nous faisons, normalement, ce devrait être à la FFF de le faire. Mais comme je suis persona grata à la fédé, en opposant officiel à Noël Le Graêt - je ne m’en cache pas -, ou à la FIFA, un rapprochement n’est pas envisageable.
 
Que reprochez-vous à nos instances ?
D’être anti démocratiques, d’obliger les clubs à être à leur service alors que normalement ça devrait être l’inverse. 60 millions d’euros descendent du foot pro aux amateurs, ce qui est colossal, mais tout est vampirisé par les ligues et les districts et le système impose un matraquage financier permanent envers les clubs qui n’arrêtent pas de payer des amendes, des cotisations etc. Pour les clubs, c’est en permanence la double peine. C’est d’autant plus scandaleux que tout le système, qui profite avant tout à l’élite, n’est possible que grâce à l’investissement des bénévoles. Sans eux, tout s’écroule.
« MÊME EN AMATEUR LES MENTALITÉS ÉVOLUENT, L’ENTOURAGE DES JOUEURS, LES PARENS QUI VOIENT LEUR ENFANT COMME UN BILLET DE LOTO...»

Vous aviez émis l’idée de vous présenter à la présidence de la FFF, le projet est-il avorté ?
Je n’ai pas envie d’être président de la FFF avec un système de vote tel qu’il est, anti démocratique au possible. De toute façon je n’en ai ni les compétences, ni le profil. Je n’ai jamais eu de programme, mais pas davantage que l’équipe en place qui se contente d’avoir une approche mercantile, qui ne se focalise que sur l’aspect financier. Ce serait de toute façon pour moi une bataille perdue d’avance. A la FFF, c’est de l’entre soi permanent.

Et pourquoi ne vous investiriez-vous pas dans un club amateur ?
Je n’en ai pas envie non plus, peut-être aussi parce que je sais que le foot amateur n’évolue pas forcément dans le bon sens. Les mentalités évoluent, l’entourage des joueurs, les parents qui voient leur enfant comme un billet de loto, les agents qui rodent... J’ai d’autres combats à mener qui me ramènent vers ma famille en ce moment.
 
N’avez-vous jamais été sollicité pour vous investir dans un club, pro ou amateur ?
Non, jamais, je n’ai jamais eu de fonction officielle dans un club. Mon seul contact avec le foot pro reste mon rôle de consultant sur France Télévision. De toute façon, je sens bien qu’on ne veut pas de moi. Et je rassure ceux à qui je fais peur, je n’en ai aucune envie non plus.
 
Les footballeurs doivent-ils s'investir davantage autour des grands sujets de société?
Ils le font déjà à travers des fondations, des associations caritatives. C'est une façon de renvoyer l'ascenseur. Cantonner le sportif à sa valeur marchande est trop réducteur. Je suis toujours ravi d'entendre un joueur parler de sujets importants. Je regrette la condescendance d'une partie des médias et du "tout dans les jambes, rien dans la tête". Sur la crise des migrants par exemple, le foot s'est investi, des clubs ont débloqué des fonds, je pense que le monde du sport sait se mobiliser. Mais quand je vois comment certains joueurs se font dézinguer sur les réseaux sociaux, je comprends qu'ils se taisent parfois.
 
Votre image est celle d’un rebelle, à la Cantona. Vous l’assumez ?
Cantona, c’est Cantona, moi, c’est moi ! Je n’ai pas le sentiment d’être un rebelle mais alors pas du tout. J’aspire seulement à vivre dans la liberté, le respect et la fierté, l’honnêteté. Il faut croire que ce ne sont pas des valeurs en vogue dans le foot aujourd’hui. Il n’y a qu’à regarder ce qui est arrivé à Luzenac pour s’en convaincre. Cet exemple est représentatif du rapport biaisé entre les pros et les amateurs. Voilà un club qui a gravi tous les échelons, qui s’est battu sur le terrain honnêtement, qui a gagné le droit d’évoluer en Ligue 2 et à qui on dit, au final : «Non, merci, ce n’est pas pour vous !» En même temps, on accepte des clubs comme Valenciennes ou Lens qui, eux, ne respectent pas les règles de la DNCG. Tout ça couvert par la FFF et la LFP. C’est quoi le message qu’on envoie aux gens, au foot de la base ? Si être scandalisé par ce genre de choses fait de moi un rebelle, alors oui, vous avez raison, je suis un rebelle. Et il n’y en a pas assez dans le foot. La presse ne joue plus son rôle de garde-fou non plus, de contrepouvoir. J’ai été surpris du mutisme de la presse spécialisée dans le dossier Luzenac.
 
Vous concluez votre livre en expliquant qu'il faut sauver le foot. Comment?
La finance est importante, mais ne fait pas tout. Il faut retrouver un certain équilibre. Il faut redonner de l'importance à ce qui chaque année en perd : le cœur, l'identité, la générosité. A trop privilégier l'intérêt financier, on va confiner le football à l'entre soi, dans les mains des plus grands clubs seulement. Si on élimine toute incertitude, il n'y a plus d'intérêt à regarder un match de foot. Il faut rester capable d'amener les ingrédients nécessaires au spectacle : des dramaturgies, des rivalités historiques, des suprématies locales et internationales. On attend tous la même chose du football : de l'émotion.

Ce serait le cas si la France remporte l'Euro 2016 à domicile…
Je pense que la France peut aller au bout. Elle aura la chance de jouer face à son public, ce qui est un atout considérable. A chaque fois que les joueurs français sont sous pression, ils répondent présents, on peut donc gagner l'Euro. Jouer pour son club, gagner la Ligue des champions, c'est bien, mais jouer et gagner des titres avec son pays n'a rien de comparable. Je le vois tous les jours quand on m'arrête dans la rue et qu'on me dit "merci de nous avoir fait rêver". C'est un privilège de jouer pour le maillot bleu, vous devez honorer celui qui vous donne la possibilité de le faire et tenter de rendre fier votre peuple.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières années de footballeur ?
Ceux d’un club qui était alors ma seconde famille pour une passion forte qui m’a toujours animé et que j’ai longtemps partagés avec mon frère. On formait un vrai socle avec le président, les bénévoles, une vraie famille. Je sais que c’est encore le cas dans beaucoup d’endroits, et heureusement, mais la donne a un peu changé.
 
Pourquoi ?
Parce qu’on ne va plus au foot, quand on est gamin, pour les mêmes raisons qu’à mon époque. Il y a moins d’authenticité et de passion désintéressée qu’avant. Aujourd’hui, la course au professionnalisme, à l’argent, qui débute très tôt, trop tôt, peut tout gâcher. Pourtant, je suis persuadé que le foot conserve en lui toutes ses vertus pédagogiques, encore ne faut-il pas les galvauder comme c’est trop souvent le cas, même à des petits niveaux. Le foot peut être une formidable école de la vie, pour la formation des individus. C’est une dimension essentielle dans une société.
 
Arrivez-vous tout de même à vibrer en regardant un match ?
Pour ça, je ne fais pas de différence entre amateurs et pros et je peux prendre autant de plaisir à regarder un match amateur. Mais le foot est devenu un vrai spectacle donc lorsque tous les ingrédients sont là, le plaisir ne peut être qu’au rendez-vous. A partir du moment où on respecte ses valeurs fondamentales. Mais face à ça, j’ai parfois l’impression de lutter contre des moulins à vent.
 
Lorsque vous étiez au sommet de votre carrière, aviez-vous conscience de cette exemplarité importante à véhiculer vers les plus jeunes ?
Non, pas forcément. J’avais juste une ligne de conduite que j’ai essayée de respecter et qui me venait de mon éducation, des éducateurs que j’avais pu croiser, des entraîneurs que j’avais. J’étais un gagneur, un râleur qui n’avait qu’un but : prendre du plaisir et en donner aux autres. J’avais conscience qu’à partir du moment où je revêtais le maillot du club, et encore davantage celui de l’équipe de France, je me devais d’être exemplaire.

La coupe de France est la seule compétition qui permet aux pros et aux amateurs de se côtoyer, de se jauger. Quels souvenirs en gardez-vous ?
J’ai toujours bien aimé cette coupe de France justement parce qu’elle est la seule compétition commune à tous les clubs. Deux mondes qui se rejoignent...

Vous l’avez gagnée une fois (1991), après avoir perdu une finale (1989), avez-vous été «victime» d’un club amateur ?
Non, jamais. Et d’ailleurs peut-être parce que nous faisions partie des équipes qui respectaient énormément les clubs amateurs. On a toujours tout fait pour éviter ces pièges, ces matchs où on a tout à perdre et les autres tout à gagner.
 

(1) «Emmanuel Petit, Franc-tireur» (édition Solar)
 
Interview : extraits du JDD et Foot38
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